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Le scénario pourrait avoir des conséquences dramatiques.... (Photo du Sgt Jean-Francois Néron, fournie par l'armée canadienne)

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Le scénario pourrait avoir des conséquences dramatiques.

Photo du Sgt Jean-Francois Néron, fournie par l'armée canadienne

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La décision de l'armée canadienne de facturer son aide aux communautés sinistrées risque de priver des citoyens de secours indispensables.

La Défense nationale a pris cette décision en juillet dernier, a-t-on appris cette semaine. L'idée est tellement extravagante qu'on dirait une mauvaise blague de revue de fin d'année. Ou, à tout le moins, un vieux truc de fonctionnaires visés par des compressions: proposer des coupes inadmissibles aux yeux du public afin de le rallier à sa cause.

Ottawa, pourtant, persiste et signe. Le scénario doit être pris au sérieux, car il pourrait avoir des conséquences dramatiques.

Rappelez-vous les inondations du Richelieu au printemps 2011. Que se serait-il passé si les communautés affectées avaient dû se demander si elles avaient les moyens de faire appel à l'armée? Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, peut bien dire qu'il n'hésitera pas à réclamer son assistance au besoin, il ne sera peut-être plus là quand ça se produira.

Le problème, de toute façon, concerne tout le pays. Allons-nous accepter que des Manitobains soient abandonnés face aux crues de la rivière Rouge, ou que des résidants de la côte ouest soient assiégés par des feux de forêt parce que leurs élus hésitent à demander des renforts militaires?

L'ouragan Katrina nous a montré ce qui arrive quand les pouvoirs publics se tiraillent, rappelle Timothy Haney, sociologue des catastrophes naturelles à l'Université Mount Royal de Calgary. Les querelles de juridiction qui ont retardé l'arrivée des secours ont aggravé le sort des sinistrés.

Lorsqu'un coup dur se produit, c'est le temps d'agir, pas de discutailler. C'est l'idée des plans d'urgence adoptés dans la foulée du verglas: savoir quoi faire pour intervenir efficacement. Allons-nous saboter ces efforts en rajoutant, lorsque la situation devient hors de contrôle, une étape d'analyse financière pour déterminer si on a de quoi se payer des soldats?

La décision de refiler la note se prendra au cas par cas après les événements, a indiqué le secrétaire parlementaire du ministre de la Défense à la radio de la CBC. La situation économique de la communauté à la suite de la catastrophe sera considérée, précise Chris Alexander.

Et nous devrions être rassurés? L'incertitude quant au montant de la facture finale, qui risque de retarder ou d'empêcher un sauvetage, demeure entière. Ça n'a aucun sens.

L'armée canadienne est bien contente d'utiliser des images de son travail lors du déluge du Saguenay dans ses pubs de recrutement. Si les municipalités qui l'appellent en renfort doivent augmenter les taxes après son passage pour éponger la note, elle pourra dire adieu à son capital de sympathie.

La Défense nationale a beau dire que son rôle principal n'est pas d'aider les citoyens sinistrés, c'est sans doute le seul qui fait l'unanimité au sein de la population. Elle devra trouver d'autres façons d'économiser.

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