Grise mine

De nombreux doutes planent sur cette impossibilité de... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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De nombreux doutes planent sur cette impossibilité de recruter localement et sur les conditions d'embauche réelles de ces travailleurs étrangers.

Photo: Martin Chamberland, La Presse

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La décision de faire venir quelque 200 travailleurs chinois pour démarrer l'exploitation d'une mine en Colombie-Britannique suscite de vives préoccupations. À juste titre. Si ces embauches ne contreviennent à aucune règle, il faudra s'interroger sur nos pratiques en matière de formation de la main-d'oeuvre.

Deux syndicats ont demandé hier à la Cour fédérale de leur accorder une injonction contre HD Mining, afin de bloquer l'embauche de main-d'oeuvre chinoise à sa mine de charbon souterraine de Tumbler Ridge, dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Le problème va bien au-delà des histoires de juridiction syndicale.

HD Mining, dont l'actionnaire majoritaire est contrôlé par une société chinoise, a été autorisée à recruter 201 travailleurs temporaires en Chine. Les syndicats contestent la validité des visas accordés par Ottawa.

L'entreprise affirme avoir rempli et même dépassé les exigences fédérales. Le procédé qu'elle utilisera, l'exploitation par longue taille, est une première au Canada, dit-elle. Elle soutient que ses recherches exhaustives ne lui ont pas permis de trouver la main-d'oeuvre nécessaire ici, et que ses employés chinois seront payés selon les normes canadiennes.

Cependant, de nombreux doutes planent sur cette impossibilité de recruter localement et sur les conditions d'embauche réelles de ces travailleurs étrangers. Il est heureux que la Cour fédérale ait accepté d'entendre la cause et demandé au ministère des Ressources humaines et à l'entreprise de fournir les documents justifiant ces embauches.

«Si Ottawa s'est trompé, croyez-moi, ça va se régler rapidement», assure l'avocat Jean-Philippe Brunet, de Norton Rose, qui a une longue pratique du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Il faudra voir ce qu'en dit la Cour. La ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences, Diane Finley, souffle le chaud et le froid. Tout en désapprouvant le recours au tribunal, elle n'est pas convaincue «que des efforts suffisants ont été déployés pour recruter ou former les Canadiens qui auraient pu vouloir ces emplois». Le Programme fait l'objet d'un examen, a-t-elle indiqué.

De fait, même si la Cour confirmait que tout est en règle, la question ne serait pas vidée. Pourquoi n'a-t-on pas enseigné ce procédé à des mineurs canadiens en chômage au lieu de recruter en Chine? Ces travailleurs temporaires dénonceront-ils leur employeur s'ils sont moins bien traités que des mineurs canadiens? Dans combien de temps le plan de formation de HD Mining permettra-t-il de recruter ici?

Il faut tirer les choses au clair, car le problème risque de reproduire. On ne peut pas demander à des entreprises d'attendre indéfiniment que des Canadiens soient prêts à travailler pour elles. Mais si des travailleurs locaux peuvent être formés dans des délais raisonnables, il faut tout mettre en oeuvre pour le faire.

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