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Le sociofinancement par l'internet marche à fond aux États-Unis. Le Québec ne doit pas manquer le bateau.

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Le sociofinancement par l'internet, qui permet de recueillir de petites sommes auprès d'un grand nombre d'individus pour lancer un projet, marche à fond aux États-Unis. Le Québec ne doit pas manquer le bateau.

La formule la plus utilisée en Amérique du Nord consiste à offrir aux donateurs un accès privilégié aux biens ou services qui verront le jour grâce à leur contribution - gadget, livre, CD, première d'un film, etc. Le site américain le plus connu, Kickstarter, a déjà permis de financer plus de 33 000 projets. Dans les deux tiers des cas, les sommes récoltées oscillaient entre 1000 et 10 000$.

Il existe une autre formule, par laquelle les promoteurs offrent plutôt une participation dans leur entreprise. Le contributeur n'est plus seulement un mécène ou un client privilégié, il devient un véritable investisseur.

Ce modèle est particulièrement intéressant pour les entreprises technologiques qui n'ont pas encore l'envergure suffisante pour convaincre des anges financiers ou des fonds de capital de risque. C'est ce qu'offre notamment Crowdcube, une plateforme réservée aux promoteurs et investisseurs du Royaume-Uni.

Plusieurs ici, dont la Canadian Advanced Technology Alliance, voudraient que cette forme de financement participatif soit disponible au Canada. Les règles provinciales sur les valeurs mobilières ne le permettent pas. Au Québec, celui qui sollicite des fonds en promettant des actions ou un retour sur l'investissement doit faire approuver un prospectus détaillé par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Une démarche longue et coûteuse, trop pour la plupart des entreprises en démarrage. Il faudrait pouvoir créer une exception pour le financement participatif.

C'est ce que les États-Unis ont fait grâce à une loi (connu sous l'acronyme JOBS) adoptée en avril dernier. Ça bouge aussi au Canada. Les commissions de valeurs mobilières de la Colombie-Britannique et du Nouveau-Brunswick ont toutes deux organisé des conférences sur le sujet au cours des dernières semaines. Et le gouvernement ontarien vient d'annoncer qu'il regardera comment ses règles peuvent être changées. L'AMF, de son côté, se limite à étudier la question.

La prudence s'impose, c'est vrai. Il faut s'assurer qu'on ne déroule pas le tapis rouge aux fraudeurs et que les épargnants comprennent les risques des projets. C'est d'ailleurs ce qui retarde l'adoption des règlements sur le financement participatif aux États-Unis.

L'AMF n'a pas eu de demande politique, nous dit-on. Peut-être est-ce ce qui manque? Le Québec accorde des crédits d'impôt pour développer le secteur financier traditionnel. Pourquoi n'adapterait-il pas sa réglementation pour favoriser l'émergence de ce nouveau type de financement? Le premier portail qui offrira ce service au pays raflera une part importante du marché canadien. Le Québec devrait s'y intéresser sans tarder.

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