La néo-gratuité universitaire

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L'abondance de contenus gratuits en ligne a ébranlé les industries de la musique, du livre et des médias. Cette révolution est maintenant aux portes des universités.

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Les universités prestigieuses comme Harvard, Stanford ou le MIT se bousculent pour donner leurs cours gratuitement. Un phénomène qui pourrait avoir un profond impact sur les études supérieures.

Un cours à distance non reconnu, où ce n'est pas le prof, mais les autres étudiants qui répondent à vos questions et corrigent vos travaux, ça vous tente? Des centaines de milliers de personnes, en tout cas, répondent «présent!» La formule, de toute évidence, vient combler un besoin.

Ces «cours en ligne ouverts et massifs» (MOOC en anglais) sont le phénomène de l'heure dans l'enseignement universitaire. Quand des profs d'institutions sélectes donnent leur matière gratuitement, le milieu n'a pas le choix de s'y intéresser.

Un premier établissement québécois, HEC Montréal, vient de se lancer dans l'aventure. Son premier cours, Introduction au marketing, a attiré 4000 personnes. Les deux autres à venir ont déjà recueilli plus de 5500 inscriptions.

«Ça ne coûte pas cher, mais ça ne vaut pas cher...» Tout dépend du point de vue. Crédits, contact avec le prof et vie étudiante ne sont pas inclus. Par contre, si vous n'avez pas les moyens d'aller à l'université, ou si vous vous interrogez sur la pertinence d'un programme, c'est un bon début.

Pour celui qui n'a pas besoin d'un papier, ou qui rêve de mentionner qu'il suit un cours à Harvard, c'est intéressant également. D'autant que la matière, souvent donnée par des profs de très haut niveau, est généralement comparable à ce qui est offert en classe.

Les universités, elles, y gagnent une jolie vitrine. Les HEC y voient un moyen d'élargir l'accès à l'éducation, d'améliorer leurs méthodes d'enseignement à distance et, qui sait, de recruter des étudiants payants.

Aux États-Unis, on parle même d'accorder des crédits pour les cours massifs en ligne. Ce n'est pas fait. Le risque de plagiat et de tricherie constitue un obstacle de taille.

Plusieurs universités moins connues sont cependant très inquiètes. Ces cours vont-ils vider leurs salles de classe? Car enfin, pourquoi aller dans un établissement quelconque quand on peut recevoir la même formation d'une institution prestigieuse? À plusieurs milliers d'étudiants par classe virtuelle, ces facultés n'auraient pas à facturer très cher pour couvrir leurs frais. Les cours de base sans valeur ajoutée et les cours aux adultes, importantes sources de revenus pour les universités, seraient particulièrement vulnérables à cette nouvelle concurrence.

L'abondance de contenus gratuits en ligne a ébranlé les industries de la musique, du livre et des médias. Cette révolution est maintenant aux portes des universités. Comme tous les secteurs d'activité bouleversés par l'internet, l'enseignement supérieur va devoir s'interroger sur sa pertinence, et trouver des façons de se réinventer.

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