La fin de RIM?

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Il faut se faire à l'idée: RIM, fabricant du BlackBerry, n'arrivera peut-être pas à se sortir la tête de l'eau seule ni indemne.

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Ariane Krol
La Presse

Après avoir longtemps été l'orgueil de la haute technologie canadienne, la société Research In Motion (RIM) n'est plus qu'une source de déception et d'inquiétude. On voit mal comment le fabricant du BlackBerry pourra s'en sortir seul.

Le titre a perdu plus du cinquième de sa valeur hier, terrassé par les nouvelles désastreuses annoncées après la fermeture des marchés la veille.

Seul point positif, la société a augmenté ses liquidités. Dans une techno dont les ventes s'essoufflent, toutefois, c'est un carburant qui se consume très vite. Pour le faire durer, RIM supprimera 5000 emplois. L'économie, par contre, aura un prix. Une entreprise fondée sur l'innovation ne peut pas mettre à pied près du tiers de son personnel sans perturber ses activités. Au moment où les équipes auraient besoin de concentrer toutes leurs énergies sur le BlackBerry 10, c'est une source de distraction bien mal venue.

L'annonce d'une première perte trimestrielle pire que ce qui était escompté a créé un choc, mais le nouveau report du BB10 est bien plus grave. On l'attendait pour hier (en début d'année), on nous le promet maintenant pour le premier trimestre de 2013. Un an de retard pour un développement sur lequel reposent tous les espoirs de l'entreprise, c'est dramatique.

D'autant qu'on ne parle pas d'une mise à jour du système ni seulement d'un appareil, mais d'une toute nouvelle plateforme avec laquelle RIM ambitionne de révolutionner le marché. Le génie, à supposer qu'il soit au rendez-vous, aura du mal à se tailler une place après la rentrée, le iPhone 5 et les Fêtes. Ce qui fait dire à plusieurs que le BB10 ne verra jamais le jour. Espérons qu'ils se trompent. Mais à moins de s'enfouir la tête dans le sable, c'est un scénario impossible à écarter.

Voir ce géant se noyer ainsi sur nos yeux est d'une immense tristesse. Sa disparition, après celle de Nortel, laisserait un vide impossible à combler dans l'industrie canadienne des télécoms. Il faut néanmoins se faire à l'idée: RIM n'arrivera peut-être pas à se sortir la tête de l'eau seule ni indemne.

Sera-t-elle forcée de conclure un partenariat avec un investisseur comme Microsoft? De se vendre, en tout ou en partie? Le nouveau chef de la direction, Thorsten Heins, garde un silence obstiné, mais la pression monte. Le ministre des Finances Jim Flaherty a refusé de s'en mêler jusqu'ici. Sage décision. Dans l'état actuel des choses, RIM a besoin d'avoir les coudées franches.

Nous souhaitons vivement que l'entreprise réussisse à se tirer elle-même d'affaire. Comme la plupart des observateurs, cependant, nous trouvons de plus en plus difficile d'y croire. Une intervention extérieure sera peut-être la seule façon d'éviter la faillite. Cela signifierait toutefois la fin de RIM telle qu'on la connaît.

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