La guerre des boîtes

Au Canada, Postes Canada a toujours eu le... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Au Canada, Postes Canada a toujours eu le droit d'installer des boîtes aux lettres où elle le veut, rappelle notre éditorialiste.

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Il y a deux semaines, Postes Canada a installé des boîtes postales communautaires dans le village terre-neuvien de Bristol's Hope. Huit boîtes cordées au coeur du village. De quoi faire frémir les citoyens et maires du pays qui combattent le projet de la Société canadienne des postes d'installer ces gros contenants partout au pays.

Cependant, à Bristol's Hope, l'arrivée des « BPCOM » a été applaudie. Les 271 habitants n'auront plus à se rendre au bureau de poste du village voisin. Comme quoi, en matière de service postal, tout est relatif.

La croisade lancée par plusieurs villes contre la fin de la livraison du courrier à domicile est rendue devant les tribunaux. Cette semaine, les avocats de la Ville de Hamilton et ceux de la société de la Couronne ont fait valoir leurs arguments devant un juge de la Cour supérieure de l'Ontario. Postes Canada souligne que la loi lui accorde le pouvoir d'« installer ou faire installer dans un lieu public, y compris une voie publique, tout récipient ou dispositif destiné à la levée, à la distribution et à l'entreposage du courrier. » Hamilton prétend que dans l'exercice de ce pouvoir, l'entreprise doit respecter la règlementation municipale. Or, Hamilton exige que chaque emplacement envisagé par Postes Canada pour l'installation d'une BPCOM soit approuvé par ses fonctionnaires.

Au Canada, la Poste a toujours eu le droit d'installer des boîtes aux lettres où elle le veut. La raison est simple : s'il fallait qu'une ville empêche l'installation de boîtes sur une partie ou la totalité de son territoire, la société ne serait pas en mesure de fournir le service que la loi garantit à tous les Canadiens.

Néanmoins, les municipalités ont de nos jours des responsabilités importantes en matière d'aménagement, de circulation, de sécurité et de qualité de vie. Même si elle jouit d'un pouvoir exclusif, Postes Canada doit tenir compte de cette réalité. C'est ici qu'entre en jeu la qualité du processus de consultation mis en place. À voir l'ampleur du mécontentement d'un bout à l'autre du pays, il est évident que Postes Canada ne s'y est pas prise de la bonne manière. Il lui faut réviser ses méthodes.

Les villes récalcitrantes exigent un moratoire sur l'installation des boîtes collectives. Cette idée n'est pas acceptable parce qu'à notre époque, les moratoires équivalent à un arrêt de mort. Or, sur le fond, Postes Canada a raison : la baisse inéluctable du courrier papier lui impose d'ajuster ses modes de distribution.

Un compromis peut être trouvé. C'est dans les quartiers densément peuplés que les inconvénients risquent d'être plus nombreux. Ces quartiers sont aussi les derniers visés par le plan de quatre ans de Postes Canada. Par conséquent, la société pourrait fort bien annoncer formellement que les BPCOM n'y seront pas installées avant deux ans. Cette pause servirait à la tenue d'une nouvelle consultation, une démarche exhaustive se déroulant dans un climat plus serein.

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