Un discours historique

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Le premier ministre Philippe Couillard a affirmé devant l'Assemblée législative de l'Ontario que le caractère spécifique du Québec devra faire l'objet d'un « acte de reconnaissance à la fois fort et enthousiaste ».

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Les médias québécois ont accordé plus de place au pseudo-sprint final de la course à la direction du Parti québécois qu'au discours du premier ministre, Philippe Couillard, devant l'Assemblée législative de l'Ontario. Parmi ceux qui ont commenté l'événement, certains ont exprimé des doutes sur le caractère « historique » de ce discours. D'autres ont critiqué le contenu de l'allocution. Ces doutes, ces reproches sont étroits et injustes.

Ces commentaires désobligeants découlent en partie du complexe de supériorité dont souffre le milieu politico-médiatique québécois à l'égard des autres provinces. Notre Assemblée n'est-elle pas « nationale », tandis que les autres parlements ne sont que « provinciaux » ? Pourtant, le parlementarisme ontarien est aussi ancien que le nôtre (1791). Les députés de l'Ontario représentent une population de 13,7 millions de personnes, une région d'un dynamisme et d'une diversité formidables. Alors, quand le premier ministre du Québec devient l'une des rares personnalités hors Ontario invitées à prendre la parole devant les élus de la province, l'occasion est bel et bien historique.

N'en déplaise à ceux qui conçoivent les rapports Québec-Canada comme une série d'affrontements stériles, ces relations ont surtout donné lieu à des alliances fructueuses, en particulier entre les Québécois et les Ontariens. On oublie trop souvent que l'affirmation de l'autonomie des provinces a commencé lors de la première réunion des premiers ministres provinciaux, à Québec, en 1887, à l'initiative d'Oliver Mowat (Ontario) et d'Honoré Mercier (Québec). Dans les années 60, le premier ministre ontarien, John Robarts, fut un allié précieux pour Jean Lesage dans ses efforts pour faire modifier la Constitution canadienne. De même pour David Peterson avec Robert Bourassa.

Sur le plan économique, le Québec et l'Ontario sont des alliés naturels. D'abord en raison de l'intensité de leurs relations commerciales. De plus, les deux provinces ont une structure industrielle similaire et dépendent toutes deux du marché américain. En matière d'énergie, les deux provinces peuvent s'épauler mieux qu'elles ne l'ont fait dans le passé.

Bref, Québec et Toronto ont tout intérêt à collaborer. L'invitation faite à M. Couillard de s'adresser à l'Assemblée législative de l'Ontario exprime la volonté des élus de cette province de consolider l'axe Québec-Ontario. C'est un geste que les Québécois devraient apprécier à sa juste mesure au lieu de faire la fine bouche.

Le premier ministre a livré à Queen's Park un discours dont la population québécoise a toutes les raisons d'être fière. Il y a affirmé avec force l'importance capitale du caractère français du Québec et celle de la francophonie pour le pays. Et il a rappelé qu'un jour ou l'autre, le caractère spécifique du Québec, désormais reconnu par la Cour suprême, devra faire l'objet d'« un acte de reconnaissance à la fois fort et enthousiaste ».

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