La poste change... partout

La Royal Mail britannique a été privatisée en... (Photo Phil Noble, archives Reuters)

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La Royal Mail britannique a été privatisée en 2013, l'État n'étant pas en mesure de lui fournir les capitaux requis pour sa transformation.

Photo Phil Noble, archives Reuters

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André Pratte
La Presse

Le 3 mars dernier, le gouvernement a annoncé une réforme majeure de la livraison du courrier. «Les gens envoient un milliard de lettres de moins qu'en 2008, ce qui fait perdre 300 millions par année», a expliqué le ministre responsable.

Cela ne se passait pas chez nous, mais en Australie. En vertu des changements mis de l'avant par Australia Post, il faudra désormais deux journées de plus (jusqu'à un maximum de six jours) pour qu'une lettre parvienne à destination. S'il souhaite un service plus rapide, l'expéditeur devra payer des frais supplémentaires.

On le voit, il n'y a pas qu'au Canada que les services postaux changent. Dans tous les pays développés, le nombre de lettres, de factures et de relevés expédiés par la poste est en chute libre. L'augmentation du nombre de colis, propulsée par le commerce en ligne, ne compense qu'une partie des revenus perdus. Les entreprises postales doivent rationaliser leurs activités et explorer de nouveaux créneaux.

En France, La Poste cherche à générer des revenus en confiant de nouvelles tâches à ses 75 000 facteurs. Des expériences pilotes sont en cours. Dans certaines localités, les facteurs visitent régulièrement des personnes âgées ou vulnérables. Ailleurs, ils livrent des médicaments ou font la lecture des compteurs d'énergie. La Poste a même conclu une entente avec Nespresso: pour en permettre le recyclage, les facteurs ramassent les capsules de café usagées dans les bureaux de 2300 entreprises de Paris.

Chaque société postale met en place des mesures adaptées à son marché. La poste française, qui est présente dans le secteur bancaire depuis des décennies, a élargi l'éventail de ses produits financiers. Au Canada, quoi qu'en pensent les syndicats et le NPD, cette voie est impraticable.

La Royal Mail britannique a été privatisée en 2013, l'État n'étant pas en mesure de lui fournir les capitaux requis pour sa transformation. En Allemagne, en Belgique et en Autriche, les services postaux ont également été cédés au secteur privé, en tout ou en partie.

Curieusement, au paradis de l'entreprise, le US Postal Service est incapable de modifier ses façons de faire tellement la résistance politique et syndicale est forte. Résultat: la poste américaine est lourdement endettée et peine à moderniser ses activités. Quelques semaines avant de prendre sa retraite, le Postmaster General, Patrick Donahoe, a dénoncé «la myopie des groupes d'intérêt qui veulent absolument préserver le statu quo ».

La transformation du service postal au Canada s'inscrit donc dans une tendance lourde à laquelle aucun pays développé n'échappe. On peut être d'accord ou non avec l'abandon de la livraison du courrier à domicile, mais il faut à tout le moins admettre que Postes Canada devait agir afin d'éviter le gouffre financier.

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