Le Yémen? La Libye?

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Le Canada sera le seul pays occidental à se joindre aux États-Unis pour bombarder l'EI en Syrie.

Photo Chris Wattie, Reuters

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André Pratte
La Presse

Stephen Harper a confirmé hier l'intention de son gouvernement de prolonger d'un an la mission des Forces armées canadiennes contre l'État islamique (EI) en Irak. De plus, la mission de l'Aviation royale canadienne sera étendue à la Syrie. Ainsi, le Canada sera le premier pays occidental à se joindre aux États-Unis pour bombarder l'EI en territoire syrien.

Thomas Mulcair et Justin Trudeau ont mis le doigt sur la faille dans l'argumentaire gouvernemental: la mission canadienne n'a pas d'objectif bien défini. «Le gouvernement fait preuve d'un sommet d'irresponsabilité en décidant d'entrer en guerre sans avoir annoncé un commencement et une fin clairs», a accusé le chef de l'opposition officielle.

Selon ce qu'a expliqué le premier ministre à la Chambre des communes, le gouvernement veut «affaiblir les capacités du soi-disant État islamique». Difficile d'être plus vague. Comment Ottawa déterminera-t-il que la mission est accomplie? Quand l'EI sera-t-il suffisamment «affaibli» ? L'histoire récente de la région indique que l'intervention militaire occidentale aura des effets inattendus et indésirables. Si l'État islamique est vaincu, d'autres groupes, tout aussi hostiles à notre mode de vie, combleront le vide.

Des mois de raids aériens ont stoppé la progression de l'EI en Irak. Cependant, l'organisation est de plus en plus présente au Yémen et en Libye, deux pays où une multitude de groupes armés se disputent le pouvoir. S'il veut «affaiblir les capacités» des djihadistes, le Canada ne devra-t-il pas étendre sa mission à ces deux pays? Le risque de s'embourber saute aux yeux. Libre aux Américains de jouer aux apprentis sorciers encore une fois; le Canada n'est pas tenu de suivre ses alliés dans l'abîme.

«L'État islamique a clairement indiqué qu'il ciblait nommément le Canada et les Canadiens», a rappelé M. Harper. C'est exact, mais de cette menace ne découle pas la nécessité de combattre le groupe en Irak et en Syrie. L'EI n'a pas montré qu'il était en mesure d'attaquer le Canada directement. Il peut seulement agir par procuration, en convainquant des citoyens canadiens de se tourner contre leur pays.

Pour empêcher de tels attentats, le renseignement est une arme bien plus efficace que les F-18. C'est pourquoi nous sommes favorables à l'élargissement des pouvoirs du Service canadien du renseignement de sécurité prévu dans le projet de loi C-51, tout en pressant le gouvernement d'y apporter des modifications substantielles afin d'éviter les abus.

À cet égard, la position libérale est plus logique que celle du NPD qui, lui, s'oppose à la fois à la mission militaire et à C-51. Comment M. Mulcair suggère-t-il de protéger les Canadiens contre des attentats commandés ou inspirés par l'État islamique? Hier, le chef néo-démocrate a parlé d'aide humanitaire, de diplomatie et de prévention de la radicalisation. Il faut être bien naïf pour penser que de telles mesures, aussi souhaitables soient-elles, suffiront à contrer les extrémistes.

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