Obama préfère l'Arabie

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Le président américain Barack Obama s'est empressé cette semaine de rencontrer le nouveau roi d'Arabie saoudite pour lui rendre hommage, écrit notre éditorialiste.

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André Pratte
La Presse

En matière d'énergie et d'environnement, Barack Obama n'est pas facile à suivre. Si l'on en croit ses plus récentes déclarations sur le sujet, le président songe à bloquer la construction de l'oléoduc Keystone XL sous prétexte que le pipeline entraînerait une hausse de la production des sables bitumineux canadiens et, par conséquent, une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

Selon les spécialistes de la politique américaine, dire non à Keystone XL permettrait à M. Obama d'appliquer à sa présidence un éclatant vernis écologique. Paradoxalement, les faits et gestes du président depuis dix jours nous le montrent très favorable à l'exploitation des ressources pétrolières... en autant que celles-ci ne soient pas canadiennes.

Dans son message sur l'état de l'Union, la semaine dernière, M. Obama s'est vanté du fait que les États-Unis sont devenus « le producteur mondial numéro un de pétrole et de gaz ». Pourquoi est-il bon pour la planète que les États-Unis produisent plus de pétrole que jamais, mais mauvais que le Canada, lui, augmente sa production ?

On dira que le pétrole issu des sables bitumineux est « sale », que sa production émet beaucoup plus de gaz à effet de serre que les autres types de pétrole. Or, l'analyse la plus récente de la question, publiée l'été dernier par la firme de consultants IHS, montre que 45 % des pétroles bruts raffinés aux États-Unis émettent autant de GES que le pétrole bitumineux albertain. C'est le cas du pétrole venant de l'Alaska, de même que du lourd produit en Californie et au Venezuela.

Mardi dernier, l'administration Obama a annoncé qu'elle comptait vendre 14 nouveaux permis d'exploration extracôtière dans le golfe du Mexique, le long de la côte Est et au nord de l'Alaska. « Le développement sûr et responsable de nos ressources énergétiques est un élément clé des efforts du président pour stimuler la création d'emplois et réduire notre dépendance à l'égard du pétrole étranger », a déclaré la secrétaire de l'Intérieur, Sally Jewell.

Devant le Congrès, le président a fait remarquer que les États-Unis se sont libérés « de la poigne du pétrole étranger ». M. Obama s'est bien gardé de dire que depuis son arrivée à la Maison-Blanche, les Américains ont augmenté de 230 millions de barils par année leurs achats de pétrole canadien. Celui-ci a remplacé l'or noir venant du Moyen-Orient, du Venezuela et du Mexique. Quel fournisseur M. Obama préfère-t-il ?

Pour ajouter l'insulte à l'injure, le 44e président s'est empressé cette semaine d'aller rendre hommage au nouveau roi d'Arabie saoudite. L'Arabie saoudite, paradis des droits de la personne, comme chacun sait, et qui produit trois fois plus de pétrole que le Canada. L'Arabie, dont les émissions de GES par habitant sont parmi les plus élevées au monde, juste derrière celles... des États-Unis.

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