Des absences motivées

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Des commentateurs ont reproché au premier ministre, Stephen Harper, de ne pas avoir participé à la «marche républicaine» tenue à Paris dimanche. Le président américain, Barack Obama, a lui aussi été critiqué. Ces réprimandes sont injustes.

Contrairement à l'impression qu'a laissée l'événement, la grande majorité des pays de la planète n'étaient pas représentés, sur la place de la République, par leur chef d'État ou de gouvernement. Selon les listes compilées par divers médias, seulement une quarantaine d'États (sur 193 membres de l'ONU) ont délégué leur plus haut dirigeant. De ce nombre, les trois quarts sont des pays d'Europe se trouvant à une heure ou deux de vol de la capitale française.

Lorsque la tenue de la manifestation a été annoncée, à 48 heures d'avis, il n'était pas évident du tout que plusieurs leaders politiques y participeraient, ou quelle forme prendrait cette participation. Finalement, pour des raisons de sécurité, la marche des dignitaires a duré moins de 30 minutes. Aurait-il été sage pour MM. Obama et Harper de faire sept heures de vol aller-retour pour être de la photo de famille? D'ailleurs, aucun pays d'Amérique n'était représenté au plus haut niveau. Même chose pour l'Asie.

Dans les heures suivant le dénouement de l'attaque terroriste, le président américain et le premier ministre canadien ont appelé François Hollande pour exprimer leur solidarité. M. Obama a convoqué un sommet sur le terrorisme, qui aura lieu le 18 février à Washington. Le gouvernement Harper prépare un projet de loi visant à consolider les mesures anti-terrorisme au Canada. Ces gestes suffisent amplement à confirmer l'engagement des deux pays dans le combat contre les djihadistes.

La présence d'un chef d'État ou de gouvernement à la «marche républicaine» n'était pas nécessairement la démonstration d'une conviction sincère en faveur de la liberté de presse. S'ils étaient tous «Charlie» dimanche, les dirigeants de la Hongrie, du Gabon, du Nigeria, du Bénin, du Mali et de la Jordanie n'en répriment pas moins, à divers degrés, les journalistes locaux osant les critiquer. Reporters sans frontières et des survivants de Charlie Hebdo n'ont pas manqué de souligner le paradoxe.

Les symboles sont importants en politique, bien entendu. Mais les décisions et les actions comptent davantage. La lutte contre le terrorisme, chez nous et ailleurs dans le monde, aurait-elle été renforcée si M. Harper s'était rendu à Paris? Non. Et s'il y a une chose qu'on ne peut pas reprocher au premier ministre, c'est d'être naïf ou nonchalant face à la terreur islamiste.

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