Le ciel s'assombrit

Même si les tragédies aériennes sont rares, les... (Photo JUNI KRISWANTO, Agence France-Presse)

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Même si les tragédies aériennes sont rares, les accidents survenus en 2014 révèlent que de nouveaux risques sont apparus.

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« Les secondes s'écoulent. Elles s'écoulent vraiment comme du sang. Le vol dure-t-il encore ? Chaque seconde emporte une chance. »

- Antoine de Saint-Exupéry, Vol de nuit

Il a fallu deux jours avant qu'on ne repère les premiers débris de l'appareil Airbus A320 d'AirAsia, qui a sombré dimanche matin dans la mer de Java, en Indonésie. Cette tragédie, qui a fait 162 victimes, porte à près de 700 le nombre de personnes tuées dans des accidents d'avions commerciaux cette année. Ce lourd bilan fait de 2014 l'année la plus meurtrière depuis 2010.

Néanmoins, le nombre de victimes n'est pas exceptionnel : selon la Flight Safety Foundation, il se situe dans la moyenne des 10 dernières années. Dans les décennies précédentes, on déplorait régulièrement plus de 1000 morts par an.

Les risques de mourir dans un accident d'avion restent donc minimes : moins de 0,5 par million si vous voyagez à bord d'un appareil de l'une des 250 compagnies membres de l'International Air Transport Association (IATA).

L'année 2014 a été marquante pour l'aviation civile en raison du caractère inédit de deux accidents, tous deux impliquant - par un terrible hasard - la Malaysia Airlines. Dans le premier incident, toute trace du vol MH370 a été perdue le 8 mars. Les recherches se poursuivent toujours.

Il faut dire que les incertitudes sur le lieu du crash sont considérables. La zone de recherche prioritaire fait 60 000 kilomètres carrés (deux fois la Belgique). Il a fallu cartographier les fonds marins - jusqu'ici très mal connus - avant d'envoyer des sonars à des profondeurs pouvant atteindre 6 000 mètres.

L'IATA considère une disparition d'appareil comme un accident, mais en réalité, on ne sait pas ce qui a pu se passer pour que le Boeing 777 change de direction et cesse d'émettre tout signal permettant de déterminer sa position avec précision. Une chute de pression ? Un attentat ? Il faudra trouver des moyens pour qu'un avion civil ne puisse ainsi voler pendant des heures sans laisser de traces.

Les données de l'IATA et de la Flight Safety Foundation ne tiennent pas compte des 298 personnes ayant perdu la vie en juillet lorsqu'un autre Boeing 777 de la Malaysia Airlines s'est désintégré au-dessus de l'Ukraine. En effet, on ne peut pas parler d'un « accident » puisque l'appareil a été la cible d'un missile tiré du sol par des séparatistes prorusses. Reste que, accident ou pas, l'industrie doit tirer des leçons de ce qui s'est passé.

Les tragédies des vols MH370 et MH17 révèlent que même si les catastrophes aériennes sont rares, de nouveaux risques sont apparus. Les compagnies aériennes ne peuvent donc pas se satisfaire de leur performance actuelle, surtout que le trafic est appelé à doubler d'ici 20 ans. Comme le soulignait récemment le responsable de la sécurité à l'IATA, « si nous n'abaissons pas notre taux d'accident, il est logique de penser que nous perdrons deux fois plus d'appareils qu'aujourd'hui. » Il faudra donc faire mieux, beaucoup mieux.

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