Un symbole puissant

Les pays qui se traînaient les pieds dans... (Photo Greg Baker, Agence France-Presse)

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Les pays qui se traînaient les pieds dans la lutte aux changements climatiques devront prendre acte de l'accord conclu à Pékin.

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Si les élections américaines de mi-mandat ont soufflé un vent d'inquiétude sur ceux qui souhaitent une action internationale ambitieuse pour prévenir les changements climatiques, l'accord intervenu hier entre les États-Unis et la Chine a ravivé l'espoir qu'une entente puisse être conclue d'ici à la conférence de Paris, en décembre 2015.

Ce ne sont pas les objectifs convenus par les présidents Obama et Xi qui ont étonné les spécialistes. C'est plutôt le fait que les deux plus grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES) de la planète, ceux-là mêmes dont les divergences avaient fait échouer la conférence de Copenhague en 2009, dévoilent un an avant Paris leurs objectifs pour la décennie 2020-2030.

Le symbole est puissant. Les pays qui se traînaient les pieds, prenant prétexte du refus de la Chine de plafonner ses émissions totales, viennent de perdre leur alibi. C'est le cas, bien sûr, du Canada. Mais c'est aussi celui de l'Australie, du Japon et de la Russie. La donne vient aussi de changer pour les pays en voie de développement, dont la Chine était jusqu'ici l'alliée dans les pourparlers sur le climat.

Selon l'accord conclu à Pékin, les États-Unis s'engagent, d'ici 2025, à abaisser leurs émissions annuelles de 26% à 28% sous le niveau de 2005. Pour y arriver, les Américains devront doubler le rythme des réductions auquel ils s'étaient engagés en 2009. La Maison-Blanche a insisté sur le fait que cet objectif «peut être atteint en vertu de la législation actuelle». Autrement dit, les Républicains, désormais majoritaires au Sénat, ne seraient pas en mesure de faire dérailler le plan de M. Obama. Cela reste à voir.

À Copenhague, la Chine avait promis de diminuer de 40% à 45% l'intensité de ses émissions de GES par rapport au PIB. Cet objectif relatif lui permettait tout de même d'accroître ses émissions de plus de 2 milliards de tonnes de 2010 à 2020. Le président Xi Jinping s'engage maintenant à plafonner les émissions de GES au plus tard en 2030. Plusieurs experts prévoyaient déjà une stabilisation des émissions chinoises autour de cette année-là. Pour autant, l'objectif n'est pas insignifiant. Un exemple: au cours des 20 prochaines années, la Chine devra se doter de centrales électriques non-émettrices d'une capacité d'au moins 800 milliards de watts; c'est 22 fois la puissance du parc d'Hydro-Québec.

Si l'on en croit un rapport publié hier par l'Agence internationale de l'énergie, des cibles similaires à celles de l'entente de Pékin ne permettront pas de limiter à 2 degrés le réchauffement de la planète. Or, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), au-delà de ce seuil, le dérèglement du climat risque d'avoir des impacts catastrophiques.

Si le GIEC a raison, l'accord conclu par les présidents Obama et Xi est nettement insuffisant. Mais au moins, les deux grandes puissances marchent désormais main dans la main sur la longue route qui mène à Paris.

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