Un principe sacré?

S'il faut accroître la contribution des parents, quelle... (Photo Charles Laberge)

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S'il faut accroître la contribution des parents, quelle est la façon la plus équitable de le faire ? Augmenter le tarif de 2 $ par jour, comme le proposait le PQ ? Ou hausser les contributions des familles qui ont des revenus plus élevés ?

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Des milliers de personnes ont manifesté dimanche pour protester contre l'idée, envisagée par le gouvernement Couillard, de moduler le tarif des services de garde en fonction du revenu familial. « Quand on va à l'hôpital, on ne paie pas les services en fonction de ses revenus, a expliqué Louis Sénécal, de l'Association québécoise des CPE. L'universalité demeure logique et équitable. »

L'universalité est le fondement de plusieurs programmes mis en place au Canada depuis les années 1960. C'est le cas, notamment, des systèmes publics d'éducation et de santé, offerts gratuitement à tous afin que personne n'en soit exclu faute de moyens financiers. Le programme québécois des garderies subventionnées est-il de même nature, de sorte que l'universalité doive y être préservée à tout prix ? La question mérite au moins d'être posée.

Selon les défenseurs de l'universalité, il n'y a pas lieu d'ajuster les tarifs des services de garde en fonction du revenu familial puisque l'impôt est déjà progressif. Pourtant, que faire si Québec a besoin de sommes supplémentaires pour financer les garderies ? Le gouvernement peut difficilement augmenter l'impôt sur le revenu des particuliers, déjà très lourd.

S'il faut accroître la contribution des parents, quelle est la façon la plus équitable de le faire ? Augmenter le tarif de 2 $ par jour, comme le proposait le PQ ? Ou hausser les contributions des familles qui ont des revenus plus élevés ? Aux yeux de nombreux Québécois, la première avenue est de loin la meilleure. Pourtant, celle-ci frapperait bien plus durement les parents pauvres que les familles aisées.

Les partisans de l'universalité s'opposent même à des hausses qui toucheraient particulièrement les familles à revenus très élevés. Ils craignent qu'une telle mesure n'ouvre une brèche. Une fois établi le principe des tarifs variables, le gouvernement n'en profitera-t-il pas pour augmenter régulièrement les prix payés par la classe moyenne ? Si l'universalité est abandonnée pour les services de garde, ne sera-t-on pas tenté de faire de même pour la santé et l'éducation ?

Cette dernière comparaison est boiteuse. Tous les Québécois auront recours un jour ou l'autre aux services des réseaux d'éducation et de santé. Seule une minorité des contribuables - quelque 210 000 familles-profiteront des places de garde à contribution réduite. Ces places seront en bonne partie payées par les parents qui n'envoient pas ou n'ont pas envoyé leurs enfants dans une garderie subventionnée, par les membres de couples sans enfant et par les personnes vivant seules ; cela fait plus de 3 millions de contribuables.

Le principe de l'universalité est profondément ancré dans nos mentalités. Avant de le remettre en question, le gouvernement aurait dû exposer clairement les différentes options, expliquer pourquoi il envisageait un changement aussi fondamental et consulter la population. En laissant courir les rumeurs, les libéraux ont au contraire créé le climat le moins propice qui soit à un débat rationnel.

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