Un premier pas

La présidente de la Fed, Janet Yellen.... (PHOTO PAUL J. RICHARDS, AFP)

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La présidente de la Fed, Janet Yellen.

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André Pratte
La Presse

En annonçant hier la fin de son programme d'achats massifs de bons du Trésor et de titres hypothécaires, la Réserve fédérale américaine a franchi le premier pas vers la normalisation de sa politique monétaire. La route sera longue.

Ce programme d'« assouplissement quantitatif », qui en était à sa troisième phase depuis la crise financière de 2008, a injecté des centaines de milliards dans l'économie des États-Unis. Surtout, en achetant tous ces titres, la Fed a fait baisser les taux d'intérêt dans l'espoir d'encourager l'investissement.

Dès la première phase lancée à l'automne de 2008, le QE (de l'anglais quantitative easing) a été controversé. Après tout, il s'agissait d'« imprimer » de l'argent afin de stimuler l'économie, une violation flagrante des règles suivies jusque-là par les banques centrales. Aujourd'hui, la plupart des économistes estiment que les trois phases du programme ont contribué à la relance chez nos voisins du Sud. L'économie canadienne en a elle aussi profité.

La décision annoncée hier par la banque centrale américaine est en soi une bonne nouvelle. Elle montre que, selon les gouverneurs, la conjoncture économique aux États-Unis continue de s'améliorer. Le communiqué souligne entre autres les « gains solides » enregistrés dans le domaine de l'emploi.

Les marchés boursiers ont réagi sobrement à la nouvelle, un calme qui tranche avec la chute brutale qu'avait provoquée le premier signe d'une diminution des achats l'an dernier. Depuis, la Fed a longuement préparé le terrain et l'atterrissage s'est fait en douceur. Mais le plus dur reste à faire.

Les taux d'intérêt à long terme restent anormalement bas, aux États-Unis, au Canada et ailleurs dans le monde. Cela a des effets positifs pour les emprunteurs (notamment les gouvernements), mais fait mal aux régimes de retraite et aux personnes dont l'épargne est investie dans des placements garantis plutôt qu'à la bourse. La Fed entreprendra, probablement au cours de la prochaine année, de rehausser le coût des emprunts. Dans une conjoncture internationale inquiétante - stagnation en Europe, baisse de régime en Chine et dans d'autres pays émergents - l'économie américaine sera-t-elle suffisamment forte pour encaisser cette hausse?

Autre défi pour la Réserve fédérale : en achetant tous ses titres, elle a accumulé dans ses coffres 4500 milliards d'actifs, 5 fois plus que ce qu'elle détenait avant la crise. Un jour où l'autre, elle devra récupérer son argent. Là encore, la manoeuvre sera délicate. En lançant le QE en 2008, la Fed est entrée en terrain inconnu. En amorçant cette semaine le lent retour à une politique monétaire conventionnelle, elle continue à naviguer à vue sur une mer inexplorée.

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