Les trains d'abord

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Un train à haute vitesse entre Toronto (notre photo) et Montréal contribuerait au rapprochement économique et politique entrepris par les gouvernements du Québec et de l'Ontario.

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André Pratte
La Presse

Au cours des derniers jours, le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a évoqué à plusieurs reprises ce qui sera l'un de ses principaux engagements lors de la prochaine campagne électorale : des investissements accrus dans les infrastructures urbaines.

« Le Parti libéral va s'engager à lancer un programme massif d'infrastructures d'un bout à l'autre du pays », a déclaré M. Trudeau à l'émission Tout le monde en parle, diffusée dimanche soir.

Au cours des deux dernières décennies, les gouvernements Chrétien et Harper ont investi des dizaines de milliards dans des projets d'infrastructures dont l'objectif premier était de relancer une économie en panne. Pour cette raison, les fonds allaient aux projets pouvant être mis en chantier rapidement. On a notamment financé des centres sportifs, des centres de congrès, et autres installations dont la contribution à long terme à la prospérité du pays sont fort modestes.

Ce n'est pas ce genre de programmes dont le Canada a besoin aujourd'hui. Si notre économie ne roule pas à plein régime, le taux de chômage est à un niveau relativement bas. Les taux d'intérêt sont plus abordables que jamais. Le moment est propice à un plan d'investissement à long terme dans un secteur crucial pour l'économie et pour l'environnement, de même que pour la qualité de vie de la grande majorité des Canadiens : les transports collectifs.

Quatre-vingt pour cent (80 %) des Canadiens vivent aujourd'hui dans des villes, dont le tiers à Montréal et à Toronto. La congestion est un grave problème dans toutes les grandes villes. Une bonne partie des émissions de gaz à effet de serre au pays proviennent du transport routier. Pour ces raisons, Ottawa doit cesser d'éparpiller ses ressources et appuyer en priorité des projets de transports collectifs que les provinces et les villes n'ont pas les moyens de payer. On pense au prolongement du métro à Toronto et à Montréal, aux trains légers et tramways à l'étude ou en chantier dans plusieurs villes, à la liaison ferroviaire entre le centre-ville de Montréal et l'aéroport... Trudeau.

Le gouvernement fédéral devrait aussi entreprendre la réalisation du projet de train à haute vitesse entre Montréal et Toronto. Entre autres avantages, ce projet contribuerait au rapprochement économique et politique entrepris par les gouvernements du Québec et de l'Ontario. Certes, l'investissement serait imposant (en 2011, on parlait de quelque 10 milliards). C'est justement pour cette raison que le gouvernement du Canada doit le prendre en charge, étant le seul en mesure d'emprunter de telles sommes sans que cela ait d'impact significatif sur sa dette.

Il faut du courage pour proposer une telle stratégie ; les bénéfices politiques ne seront pas immédiats. Une vision à long terme, conciliant le développement économique, la protection de l'environnement et la qualité de vie des Canadiens : voilà qui permettrait au chef libéral de combler le manque de substance qu'on lui reproche.

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