Parler à travers son péage

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La voie empruntée par le gouvernement provincial et les élus de la région, le refus catégorique du péage, peut seulement mener à un cul-de-sac.

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André Pratte
La Presse

Les médias ont fait état cette semaine de deux études sur le péage que le gouvernement fédéral veut installer sur le nouveau pont Champlain. Les nombreux opposants à ce mode de financement en ont profité pour prédire le chaos sur le réseau routier de la Rive-Sud, des milliers d'automobilistes se ruant vers les autres ponts pour éviter l'odieux péage.

Il manque au débat sur cette question un élément essentiel : l'information. On ne sait pas à quel niveau le péage sera fixé ni s'il sera modulé en fonction de l'heure et de la journée. Les deux études dont il est question ces jours-ci ne sont pas suffisamment sophistiquées pour permettre à quiconque de soutenir que la catastrophe appréhendée se produira (ou pas). D'ailleurs, au sujet de la proportion d'automobilistes qui opteraient pour un autre pont, les deux documents arrivent à des ordres de grandeur très différents.

Les prévisions des impacts d'un péage sur la circulation se révèlent souvent erronées. Selon le spécialiste américain Robert Bain, encore de nos jours, les modèles statistiques employés demeurent « rudimentaires et imparfaits ». Une ou deux études générales d'un phénomène aussi complexe ne suffisent pas.

Selon l'analyse du Directeur parlementaire du budget, le péage sur le futur pont Champlain devrait se situer entre 2,60 et 3,90 $ si l'on souhaite amasser assez d'argent pour payer la totalité des coûts de construction et d'entretien du nouvel ouvrage. Cependant, cette estimation ne tient pas compte de l'« importante contribution initiale » qu'Ottawa s'est engagé à verser. Plus cet investissement fédéral sera important, moins le péage sera élevé.

Comme le soulignait hier notre collègue François Cardinal, « on a tellement attendu pour débattre du péage dans la région qu'on est obligé aujourd'hui de réfléchir en catastrophe en raison du coup de force d'Ottawa. » La voie empruntée jusqu'à maintenant par le gouvernement provincial et les élus de la région métropolitaine, le refus catégorique du péage, peut seulement mener à un cul-de-sac.

Tout ce beau monde ferait mieux d'entreprendre une analyse fouillée de l'impact du péage sur le réseau routier des environs et des moyens de minimiser ces répercussions. L'approche retenue par l'État de Washington et la ville de Seattle (pour le remplacement d'une autoroute surélevée par un tunnel à péage) est intéressante. Un comité-conseil a été formé pour étudier en détail différents scénarios. Dans son rapport final publié en mars dernier, le comité recommande un péage modeste (1 $, 1,25 $ en pointe) et une amélioration significative des transports en commun dans le corridor du tunnel en construction.

Avec ses voies en site propre pour les bus et, éventuellement, pour un train léger, le nouveau pont Champlain offre à cet égard des possibilités intéressantes. Québec et les villes concernées devraient mettre leurs énergies là-dessus plutôt que de les gaspiller dans la petite politique.




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