Les libéraux et la langue

Philippe Couillard... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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Philippe Couillard

Photo André Pichette, archives La Presse

André Pratte
La Presse

Le soir de sa défaite, la première ministre, Pauline Marois, a fait part de son inquiétude quant à l'avenir du français au Québec. «Peu importe les allégeances politiques, a-t-elle déclaré, nous avons le devoir de brandir le flambeau de la langue française.» Mme Marois a raison; le gouvernement de Philippe Couillard devra s'acquitter avec énergie de ses responsabilités à cet égard.

Aux yeux de plusieurs, le retour au pouvoir des libéraux fait courir un risque grave au français. Sans céder à l'alarmisme, les libéraux doivent reconnaître que bien des Québécois sont inquiets devant la place grandissante prise chez nous par la langue anglaise, sous la poussée de la mondialisation. Certes, comme M. Couillard l'a souligné pendant la campagne électorale, il faut encourager les Québécois à devenir bilingues. Mais la défense et la promotion de la langue française ne doivent pas être la préoccupation des seuls indépendantistes.

Afin de rassurer les inquiets et de convaincre les récalcitrants, le premier ministre élu serait bien avisé de confier à un ministre de premier plan la responsabilité de la Charte de la langue française. Il enverrait un signal rassurant en laissant en poste l'actuel président de l'Office québécois de la langue française (OQLF), Robert Vézina, nommé il y a quelques mois par le gouvernement Marois.

La situation difficile des finances publiques laisse présager d'importantes compressions dans les dépenses gouvernementales. Toutefois, il est essentiel que les budgets consacrés à l'application de la loi 101 et à la francisation des immigrants soient épargnés.

Deux jours après le scrutin, la Cour supérieure a donné raison à des multinationales du commerce contre l'OQLF. L'organisme voulait imposer à ces entreprises l'ajout d'un générique en français à la marque de commerce (Best Buy, Curves, Future Shop, etc.) dont elles se servent pour identifier leurs magasins. La voie légale choisie par l'Office était vouée à l'échec, notamment parce qu'il a avalisé cette pratique pendant 30 ans avant de changer son fusil d'épaule.

Il reste que l'omniprésence de grandes marques de langue anglaise indispose beaucoup de Québécois et embrouille le visage français de la province. Pour cette raison, le gouvernement Couillard devrait se pencher sur les avenues s'offrant à lui pour amener ces entreprises à faire preuve de créativité. D'autres chaînes ont depuis longtemps trouvé le moyen de contribuer à la défense du français tout en protégeant l'intégrité de leur marque.

Enfin, une fois rangé l'arsenal législatif et bureaucratique mis au point par le gouvernement sortant (le projet de loi 14), les libéraux doivent donner à l'Office le mandat et les moyens d'assurer la prédominance du français dans les services à la population et dans les milieux de travail. Le ministre responsable insistera pour que cela soit fait avec autant de doigté et d'intelligence que de détermination.

Le PLQ, a écrit Claude Ryan, a pris «l'engagement de veiller à toujours affirmer et défendre le caractère français du Québec». Espérons que le gouvernement Couillard se montrera fidèle à cet engagement.




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