L'agenda ouvert

La chef du Parti québécois, Pauline Marois (à... (Photo Christinne Muschi, Reuters)

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La chef du Parti québécois, Pauline Marois (à gauche sur la photo), entretient une confusion autour de la tenue, ou non, d'un référendum sur la souveraineté au cours d'un éventuel mandat majoritaire.

Photo Christinne Muschi, Reuters

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André Pratte
La Presse

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a refusé de s'engager sur la tenue, ou non, d'un référendum sur la souveraineté au cours d'un éventuel mandat majoritaire. «Je veux garder l'agenda ouvert, a dit la première ministre, jeudi. Nous allons réfléchir ensemble à l'avenir du Québec, il y aura un livre blanc, et s'il y a lieu de tenir un référendum, nous prendrons le temps de l'arrêter, d'entendre le point de vue des citoyens et si nous ne croyons pas pertinent de le faire, nous ne le ferons pas.»

Dans une démocratie moderne, il est inadmissible d'entretenir une telle confusion au sujet d'un enjeu aussi fondamental. Si le Parti québécois estime (estimait?) que les élections doivent être tenues à date fixe afin d'éviter de soumettre le calendrier électoral aux considérations partisanes, comment peut-il juger correct de se donner le pouvoir exclusif de déterminer la date et la question du référendum?

En cette matière, le cas écossais change complètement la donne. En 2012, le gouvernement indépendantiste de l'Écosse a conclu une entente avec Londres sur les grandes lignes de la consultation, prévue pour le 14 septembre prochain. «Le grand avantage de cet accord, a expliqué le premier ministre écossais, Alex Salmond, c'est que les deux gouvernements s'engagent à travailler de façon constructive au lendemain du référendum, peu importe le résultat.»

Londres et Édimbourg ont accepté la question suivante: «L'Écosse devrait-elle être un pays indépendant? Oui. Non.» Pauline Marois peut-elle au moins s'engager à poser une question aussi limpide dans l'éventualité d'un troisième référendum?

La leader péquiste a dit qu'elle tiendra une consultation populaire seulement s'il y a «un certain consensus.» Venant d'un parti qui prétend «rassembler» les Québécois avec la Charte de la laïcité, de tels propos n'ont rien de rassurants.

La première ministre a aussi invité les électeurs qui ne souhaitent pas la tenue d'un référendum à voter quand même pour son parti. Les citoyens devraient plutôt suivre le conseil de Paul Piché: «Si tu ne veux vraiment pas faire du Québec un pays, tu es peut-être mieux de ne pas voter pour le Parti québécois.» (Entrevue à La Presse+, édition du 5 mars).

L'élection du PQ, ce n'est pas seulement le risque d'un référendum. C'est aussi la reprise du débat sur la séparation, avec tout ce que cela implique de douleurs et de tensions. En effet, si le Parti québécois obtient la majorité, il va tout mettre en oeuvre pour mousser son option. Déjà, on l'a vu, madame Marois a annoncé la publication d'un livre blanc. Suivra une vaste consultation à la Bélanger-Campeau. La première ministre se rappelle avec nostalgie ce «moment d'ébullition». À notre avis, contrairement à la première ministre, la plupart des Québécois ne souhaitent pas revivre les déchirements de cette époque.




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