L'ami de M. Poutine

Le président de la Russie, Vladimir, et un... (Photo Associated Press)

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Le président de la Russie, Vladimir, et un bébé léopard du Centre pour la reproduction et la réhabilitation des léopards de Perse, construit dans la région de Sotchi.

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André Pratte
La Presse

«J'ai appris de Père qu'il existait un animal encore plus dangereux que l'Homme, qu'on trouve sur tous les continents, dans tous les habitats: le redoutable Animalus anthropomorphicus, l'animal tel que vu par les yeux humains.»
- L'Histoire de Pi (Yann Martel)

Les images ont été diffusées à travers le monde: le président russe, Vladimir Poutine, flattant un bébé léopard né au Centre pour la reproduction et la réhabilitation des léopards de Perse. Le Centre a été bâti dans la région de Sotchi à l'occasion des Jeux olympiques.

Rien de tel pour améliorer l'image d'un politicien que le montrer caressant un bel animal. «Nous nous sommes bien entendus», a déclaré le président. Les journalistes qui sont entrés dans l'enclos ont eu moins de chance: le léopardeau a mordu l'un d'eux et en a griffé un autre. Eh! oui, aussi irrésistibles soient-ils, les léopards sont des animaux, pas des toutous.

Grâce à cette séance de photos bien planifiée, M. Poutine a pu vanter le bilan vert des Jeux de Sotchi: «La restauration de cette espèce perdue fait partie de l'héritage des Jeux. L'état de l'environnement s'est beaucoup amélioré ici grâce aux Olympiques.» Pourtant, les habitants de Sotchi et les écologistes dénoncent depuis des mois les dégâts de toutes sortes causés par la construction des infrastructures des JO.

Les animaux - réels ou inventés - sont très prisés par les créateurs publicitaires. Et ça marche! L'une des publicités les plus populaires du dernier Super Bowl raconte l'amitié indéfectible (et très improbable) entre un jeune chien et un cheval.

Les défenseurs des animaux savent eux aussi exploiter le faible de l'être humain pour les belles bêtes; une photo de tigre émeut plus que celle d'un boa, même si celui-ci est également menacé d'extinction. Pas question, cependant, de nous montrer le tigre tuant un chevreuil.

Au jardin zoologique de San Diego, une animatrice répète aux visiteurs qui se pressent devant l'enclos des pandas: «Ce sont des ours, pas des animaux en peluche».

Notre penchant anthropomorphique est encore plus fort à l'égard des animaux de compagnie. Cesar Millan, «l'homme qui parle aux chiens», rappelle constamment: «Quand nous interagissons avec un chien, il est essentiel de penser à lui d'abord comme un animal, ensuite comme une espèce (chien), ensuite comme une race, et enfin, le moins important, un individu.» Beaucoup de chiens développent des problèmes de comportement parce que leurs maîtres négligent de satisfaire leurs besoins animaux, par exemple marcher et explorer leur environnement.

Si on gardait davantage à l'esprit la nature animale de ces bêtes, nous serions moins nombreux à acheter un chiot ou un chaton parce qu'«il est tellement cute!» De ce fait, il y aurait moins de chiens et de chats abandonnés.

Malheureusement, l'utilisation d'animaux idéalisés par la propagande politique et, surtout, commerciale contribue à cette «disneyisation» des animaux. C'est souvent pour leur plus grand malheur.




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