Une réforme mal menée

Autant Diane Finley (notre photo) maîtrise mal ses dossiers,... (Photo La Presse Canadienne)

Agrandir

Autant Diane Finley (notre photo) maîtrise mal ses dossiers, autant Agnès Maltais connaît les siens à fond.

Photo La Presse Canadienne

Partager

S'il y a des similitudes entre la réforme de l'assurance-emploi mise en place par le gouvernement fédéral et les changements à l'aide sociale envisagés par le gouvernement du Québec, les deux gouvernements gèrent ces dossiers de manière radicalement différente.

Alors que la colère gronde contre les nouvelles règles de l'assurance-emploi, la ministre responsable, Diane Finley, se contente de répéter des slogans à la Chambre des communes. Au contraire, son homologue provinciale, Agnès Maltais, est sur toutes les tribunes et répond de manière détaillée à toutes les questions.

Autant Mme Finley maîtrise mal ses dossiers, autant Mme Maltais connaît les siens à fond. Enfin, le gouvernement Harper, comme toujours, fait la sourde oreille à toute suggestion d'ajustement, tandis que le gouvernement Marois est de toute évidence disposé à corriger le tir.

Nous l'avons déjà écrit, les objectifs de la réforme de l'assurance-emploi sont valables. Cependant, nous sommes très inquiets de la façon dont les modifications sont mises en oeuvre. D'autant plus que le gouvernement ne parvient pas à donner de réponses claires aux nombreuses questions soulevées.

Compte tenu de la facilité de se déplacer de nos jours, il est approprié d'encourager les chômeurs à chercher un emploi jusqu'à une heure de leur domicile. Il n'y a rien non plus d'excessif à ce qu'après un certain temps, on exige d'une personne sans emploi d'accepter un travail à 70% de son salaire précédent (ce qui est tout de même préférable à une prestation équivalant à 55% de ce salaire).

Reste à savoir comment ces règles s'appliqueront sur le terrain. Diane Finley affirme que «personne n'est forcé de quitter sa collectivité pour trouver un emploi». Or, des chômeurs ont reçu une lettre indiquant qu'ils devront être «disposés à changer de localité pour s'ajuster aux offres d'emplois.»

Le gouvernement fédéral incite les travailleurs saisonniers à accepter un travail permanent pendant la saison morte, quitte à l'abandonner quelques mois plus tard pour retourner à leur emploi estival. N'encourage-t-on pas ainsi ces gens à cacher leurs intentions aux employeurs potentiels? Curieuse politique...

Ottawa a raison, le régime d'assurance-emploi doit offrir une aide temporaire aux chercheurs d'emploi et non être considéré comme «un supplément du revenu». Les travailleurs souhaitent-ils que leurs cotisations permettent à des ouvriers de la construction, à des artisans du cinéma et des enseignants d'avoir recours année après année à l'assurance-emploi? Nous ne le croyons pas.

Des ajustements sont donc nécessaires. Mais ceux-ci doivent être bien conçus, bien expliqués et bien gérés. Ce n'est pas le cas ici.

De plus, compte tenu de l'inquiétude suscitée par la réforme, le moment est particulièrement mal choisi pour lancer de nouvelles initiatives de lutte à la fraude.

La surveillance de certains prestataires n'a rien de neuf. Ne soyons pas naïfs, des mesures de ce genre sont nécessaires pour combattre les abus. Par contre, l'imposition d'objectifs chiffrés de récupération de prestations versées en trop provoquera des effets pervers. Et les visites au domicile de certains chômeurs, choisis au hasard, sont abusives.

Si le gouvernement Harper souhaite que sa réforme soit mieux acceptée dans les régions touchées, il doit changer d'attitude. Mieux l'expliquer, certes, mais aussi la revoir pour s'assurer qu'elle réponde aux objectifs visés sans pénaliser des personnes vulnérables.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box
la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer