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Qu'il s'agisse  de la collusion ou ... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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Qu'il s'agisse de la collusion ou des augmentations du vendredi, leur impact sur le prix à la pompe est relativement marginal.

Archives La Tribune, Jessica Garneau

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Le CAA-Québec a publié hier son bilan annuel de l'évolution du prix de l'essence. L'organisation y dénonce la hausse du prix (5%) durant l'année 2012, en plus de «nombreuses hausses injustifiées avant les week-ends et à l'approche des congés.»

Cette analyse a confirmé l'impression, généralisée chez les automobilistes, selon laquelle ils se font flouer par les multinationales du pétrole. Or, aussi répandue soit-elle, cette impression n'est pas fondée.

Bien sûr, il y a des abus dans cette industrie comme ailleurs. Une enquête du Bureau de la concurrence du Canada a démontré que dans certaines régions du Québec, des détaillants s'entendaient pour augmenter en même temps le prix du carburant. Plusieurs détaillants ont avoué leur faute et ont été condamnés à des amendes ou à des peines d'emprisonnement.

Toutefois, qu'il s'agisse de ces cas de collusion ou des augmentations du vendredi, leur impact sur le prix à la pompe est relativement marginal. Sur un prix de vente de 1,35$ le litre, le coût du brut (72 cents) et les taxes (49 cents) comptent pour 90%. «Quand les automobilistes profitent du week-end pour s'évader et visiter des parents et amis, l'industrie s'assure de tirer le maximum de profit pour chaque litre d'essence vendu en imposant des hausses sans motif», déplore la porte-parole du CAA, Sophie Gagnon. Ehoui, les vendeurs de carburant cherchent à maximiser leurs profits. Quel commerçant agit autrement? Encore faut-il savoir que les hausses en question sont la plupart du temps modestes (3 à 5 cents le litre). Huit vendredis sur 52...

Au final, le prix à la pompe suit fidèlement celui du prix du brut, comme l'ont montré toutes les études faites sur le sujet au fil des ans. Hier, l'Energy Information Administration a publié une analyse selon laquelle les dépenses des ménages américains pour l'essence représentent 4% du revenu moyen. C'est plus qu'il y a dix ans... mais moins qu'il y a 30 ans.

Notre obsession collective pour les soubresauts du prix de l'essence nous distrait de l'essentiel: l'essence coûte cher parce que la planète est gravement dépendante de l'or noir. Le seul moyen d'en réduire le coût, c'est d'affaiblir cette dépendance. Une tâche beaucoup plus difficile que ce que prétendent certains militants.

Cette obsession nous permet aussi d'esquiver notre propre responsabilité. On peut réduire sa facture d'essence en choisissant un modèle de voiture moins énergivore, en utilisant plus souvent les transports collectifs et en adoptant des habitudes de conduite plus raisonnables. Pourtant, selon le consultant Desrosiers, les ventes d'automobiles de luxe et sport ont augmenté de 10% en 2012 au Canada. C'est la preuve que malgré le prix relativement élevé de l'essence, nous restons accros à l'auto.

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