Une réforme délicate

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Les changements à l'assurance-emploi ne forceront pas des pêcheurs de la Gaspésie à devenir vendeurs de hot-dogs.

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La réforme de l'assurance-emploi est entrée en vigueur il y a trois semaines et elle suscite toujours inquiétude et mécontentement. Aux yeux de ceux qui s'y opposent, les changements auront des effets catastrophiques, en particulier dans la vie des travailleurs saisonniers. Pour le gouvernement Harper, la réforme permettra de combler certains des 250 000 emplois vacants au pays et de sortir des Canadiens du cercle vicieux du chômage. Dans les faits, tout dépendra de la façon dont les modifications seront gérées sur le terrain.

Il existe deux visions caricaturales du chômage fréquent. Selon les groupes de défense des chômeurs, les abus du système n'existent pas. Tout le monde se cherche du travail; le problème, c'est que le système capitaliste ne produit pas suffisamment d'emplois de qualité.

Selon les critiques du régime d'assurance-emploi, beaucoup de chômeurs ne se donnent pas la peine de chercher un emploi, se contentant de travailler chaque année le minimum d'heures requis pour avoir droit à des prestations.

La réalité est évidemment plus complexe. Beaucoup de gens veulent travailler et ne trouvent pas d'emploi convenable. D'autres ont fait du recours à l'assurance-emploi un mode de vie. Le défi de tout système d'assurance chômage est de décourager ce recours systématique à l'aide collective sans pousser des chômeurs vers l'assistance sociale ou le cheap labour. La présente réforme est la plus récente tentative du gouvernement fédéral pour atteindre cet équilibre délicat.

Les principes de base se tiennent. Il s'agit de faire en sorte que les travailleurs faisant souvent appel à l'assurance-emploi soient tenus d'accepter un emploi même si celui-ci se trouve jusqu'à une heure de route de leur résidence ou n'est pas tout à fait dans leurs cordes. Rien là qui soit déraisonnable.

Après un mois et demi de prestations, les chômeurs fréquents devront accepter un emploi offrant un salaire équivalent à 70% de leur rémunération précédente. Ce n'est pas pour rien: une personne au travail, même à salaire moindre, a de meilleures chances de décrocher éventuellement un emploi mieux rémunéré que quelqu'un qui est au chômage depuis longtemps. Les nouveaux critères ne forceront pas des pêcheurs de la Gaspésie à déménager en Abitibi ou à devenir vendeurs de hot-dogs.

Cela dit, le règlement laisse beaucoup de discrétion aux fonctionnaires. S'ils l'interprètent humainement et intelligemment, la réforme n'aura pas les effets pervers que l'on craint. S'ils ont pour instruction de prendre leurs décisions d'abord en fonction d'économies à réaliser, des gens souffriront inutilement. C'est à suivre de près.

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