La tempête indienne

Dans le froid et la neige, on assiste... (PHOTO LA PRESSE CANADIENNE)

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Dans le froid et la neige, on assiste peut-être à la naissance d'un «printemps indien» au Canada. Sur la photo, la réserve d'Attawapiskat, en Ontario.

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Plusieurs groupes autochtones participent ces jours-ci à des manifestations dénonçant les politiques du gouvernement fédéral et les conditions de vie dans les communautés des Premières Nations, inuites et métisses. Le mouvement, baptisé Idle No More! (Finie l'apathie!), semble devoir prendre de l'ampleur. Dans le froid et la neige, on assiste peut-être à la naissance d'un «printemps indien» au Canada.

La suite des choses sera sans doute déterminée par la tournure des événements sur la petite île Victoria, située à quelques pas des édifices du parlement, à Ottawa. C'est là que Theresa Spence, la chef de la réserve d'Attawapiskat, communauté isolée du nord de l'Ontario, a entrepris il y a deux semaines une grève de la faim. Mme Spence exige la tenue d'une rencontre entre le premier ministre, Stephen Harper, les premiers ministres des provinces et les leaders autochtones.

Pour l'instant, rien n'indique que M. Harper est disposé à organiser un tel événement. Si l'état de santé de Mme Spence venait à se détériorer, elle deviendrait une martyre aux yeux d'un grand nombre d'autochtones. Les conséquences d'un tel développement sont impossibles à prévoir.

Dans ses relations avec les Indiens, les Inuits et les Métis, le gouvernement conservateur a soufflé le chaud et le froid. Il y a un peu moins d'un an, M. Harper a passé une journée en compagnie des représentants autochtones, rencontre que plusieurs voyaient comme un premier pas prometteur. Malheureusement, le momentum produit par ce sommet s'est essoufflé.

L'adoption cet automne de mesures législatives relatives à la protection de l'environnement et à la gestion des territoires autochtones a suscité déception et colère. De plus, les peuples autochtones sont divisés et le leadership modéré de Shawn Atleo, chef national de l'Assemblée des premières nations, semble en voie d'être débordé. Ottawa doit réagir.

La réticence du premier ministre à céder aux pressions de la chef Spence est compréhensible; le précédent pourrait être lourd de conséquences. Il existe une issue moins compromettante.

Au sommet de janvier 2012, M. Harper n'avait pas fermé la porte à la tenue d'une conférence telle que celle réclamée par Mme Spence. En outre, dans l'accord conclu à ce moment-là, il avait été convenu de publier un rapport d'étape un an plus tard. Le premier ministre devrait annoncer que ce rapport d'étape sera déposé et discuté à l'occasion d'un sommet de suivi qui aurait lieu d'ici au printemps. Pas plus tôt, parce que cette rencontre doit être soigneusement planifiée de façon à produire des résultats plus concrets que la précédente.

Une telle annonce devrait satisfaire la chef Spence et lui permettre de mettre un terme à sa grève de la faim. Mais les problèmes de fond seront évidemment très, très loin d'être réglés.

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