Une indignation injustifiée

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Dans le projet Muskrat Falls, il n'y a ni concurrence déloyale ni empiètement dans les compétences des provinces.

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Avant même que l'annonce officielle n'en soit faite, le gouvernement du Québec convoquait la presse pour dénoncer l'appui offert par Ottawa au projet hydroélectrique Muskrat Falls, conçu par Terre-Neuve-et-Labrador. «Concurrence déloyale», «décision unilatérale», «empiètement» dans les compétences du Québec, ont tonné les ministres Alexandre Cloutier et Martine Ouellet. Libéraux et caquistes ont renchéri.

Rien ne justifie pareille indignation.

Le projet de Muskrat Falls prévoit la construction d'une nouvelle centrale sur la rivière Churchill, au Labrador, centrale qui sera reliée à l'île de Terre-Neuve puis à la Nouvelle-Écosse par deux lignes de transmission sous-marines. L'électricité de la centrale est destinée aux marchés de ces deux provinces. Pendant quelques années, des surplus seront disponibles pour exportation aux États-Unis.

Il n'y a pas d'empiètement dans les compétences provinciales. Le gouvernement fédéral ne s'est pas imposé dans le dossier, c'est Terre-Neuve qui lui a demandé son appui. Le projet a été entièrement défini par les deux provinces concernées.

Il n'y a pas non plus de «concurrence déloyale». Certes, Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse auraient pu faire affaire avec Hydro-Québec. Cependant, au fil des ans, les négociations entre les deux provinces et le Québec ont toujours échoué, pour une raison ou pour une autre. Par ce projet, les Terre-Neuviens veulent se libérer de l'emprise québécoise et assurer leur indépendance énergétique; le gouvernement Marois est bien mal placé pour le leur reprocher. Pour ce qui est du marché américain, le prix de l'énergie produite à Muskrat Falls sera trop élevé pour qu'elle fasse concurrence à l'électricité québécoise.

«Notre argent va être utilisé pour subventionner l'électricité de Terre-Neuve contre l'électricité du Québec», accuse Mme Ouellet. Le gouvernement canadien n'investit pas «notre argent», il offre une garantie de prêt. Sauf le très improbable scénario d'une faillite des producteurs d'électricité de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse, aucun sou de l'argent des contribuables canadiens ne sera versé.

«Les Québécois ont toujours payé eux-mêmes pour leur propre électricité», dit M. Cloutier. Bien sûr. Mais c'est par choix, pas parce que le fédéral a refusé d'aider le Québec. D'ailleurs, le ministre affirme qu'il ne saurait être question de demander une compensation à Ottawa «parce que jamais on ne va accepter que le fédéral vienne empiéter dans nos champs de compétence».

Retirons un moment nos ornières québécoises. Le projet de Muskrat Falls comporte, pour le Canada et pour les deux provinces atlantiques, des avantages importants. Il permettra notamment de fermer des centrales au mazout et au charbon et ainsi, de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il aura des retombées économiques substantielles dans ces régions relativement pauvres.

Le projet souffre aussi de faiblesses, en particulier un risque élevé de dépassement de coûts. Mais c'est aux citoyens de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse de s'en inquiéter, pas aux Québécois qui eux, n'en subiront aucun inconvénient.

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