357c ou St-Hubert?

On ne devrait pas imposer une vie de... (Archives La Presse)

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On ne devrait pas imposer une vie de moine à nos gouvernants. Sur la photo, le Club 357c.

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La suite des travaux de la commission Charbonneau dira s'il était pertinent de consacrer plusieurs heures à l'énumération de rencontres ayant eu lieu dans un club privé du Vieux-Montréal. Quoi qu'il en soit, malgré les précautions prises par la commission, la stratégie risque d'entacher la réputation du 357c et celle de personnes qui, jusqu'à preuve du contraire, n'ont absolument rien à se reprocher.

De plus, cette façon de faire propagera le mythe selon lequel est louche toute rencontre privée entre des élus et/ou des fonctionnaires et des gens de l'extérieur du gouvernement. Or, dans ce milieu comme dans d'autres, il y a plein d'échanges qui ne peuvent avoir lieu qu'en privé. Une discussion entre la première ministre et des gens d'affaires sur la situation économique ne sera pas fructueuse si on la tient sur la scène de la Salle Wilfrid-Pelletier. Toute négociation sur des sujets délicats, nécessitant des compromis de part et d'autre, ne portera pas ses fruits si elle doit avoir lieu en public. C'est pourquoi l'idée du nouveau maire de Montréal d'ouvrir à la population les réunions du comité exécutif n'est que poudre aux yeux: les vraies discussions auront tout simplement lieu ailleurs. Il va sans dire que les échanges entre des dirigeants du secteur public et les représentants d'entreprises privées doivent satisfaire les exigences de la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme.

Les médias parlent souvent de rencontres «secrètes», ce qui ajoute une touche de mystère et de complot. Pourtant, un gouvernant ne devrait pas avoir à dévoiler ses moindres faits et gestes. Ce n'est pas parce que les journalistes ne sont pas avisés qu'une réunion est «secrète». Tout ce qui est privé n'est pas secret.

Les repas au club 357c ont aussi titillé par ce que l'endroit est réputé «sélect». Le ministre Jean-François Lisée a suggéré que les élus se tiennent plutôt «au St-Hubert». D'autres pensent que les ministres devraient recevoir leurs interlocuteurs à leur bureau plutôt qu'au restaurant. Tout cela relève d'une variété de puritanisme malheureusement répandue au Québec.

Mêler affaires et repas est tout simplement la meilleure façon d'employer le peu de temps à la disposition de personnes à l'agenda surchargé. Si le 357c est trop «sélect», quel lieu serait acceptable pour les zélés de la vertu? Le Latini, trop cher? L'Express? Le Bâton Rouge? Exigera-t-on de savoir ce que nos représentants ont mangé? Un verre de vin est-il permis? Aligoté ou Sancerre? Un élu devrait-il toujours payer sa part d'un repas au restaurant? Croit-on vraiment qu'un bon repas suffit pour acheter nos politiciens?

Bien sûr, il faut exiger de ceux qui nous gouvernent un comportement exemplaire. Cela ne devrait pas nous mener à présumer de leur malhonnêteté, à exiger que chacun de leur geste soit fait en présence des caméras et à leur imposer une vie de moine.

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