M. Harper doit dire «non»

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Ottawa ne doit pas faire le jeu des stratèges péquistes en acceptant de négocier l'abandon de ses compétences au Québec.

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André Pratte
La Presse

Une des pièces maîtresses de la «gouvernance souverainiste» de la nouvelle première ministre, Pauline Marois, sera de multiplier les revendications adressées au gouvernement fédéral. Secteur par secteur, le gouvernement du Parti québécois exigera qu'Ottawa transfère des compétences à Québec, avec les budgets associés évidemment. À ces exigences, le gouvernement Harper doit répondre fermement, poliment: «non».

Les péquistes n'ont pas caché que cette quête de nouveaux pouvoirs vise à faciliter l'atteinte de leur objectif ultime, l'indépendance. Si le fédéral accepte ces exigences, le gouvernement du Canada sera de moins en moins présent en territoire québécois. La séparation se fera petit à petit, subrepticement (un processus déjà en marche depuis des années).

Si le fédéral refuse, les souverainistes y verront la preuve que le système fédéral est bloqué. «Nous ne pouvons pas perdre», a souligné le bientôt ministre Bernard Drainville.

Le gouvernement du Canada n'a aucun intérêt à jouer dans ce jeu-là. D'autant que s'il est le moindrement habile, il pourra démontrer que les Québécois profitent de son action dans des domaines comme l'assurance-emploi et la culture. Dans ce dernier secteur, par exemple, Ottawa verse chaque année aux organismes culturels et aux artistes du Québec une part beaucoup plus importante de ses fonds que la part de la population de la province dans l'ensemble canadien (un gain annuel de 180 millions, selon une étude publiée par L'Idée fédérale).

«En tant que nation, nous voulons prendre nous-mêmes les décisions qui nous concernent», a lancé Mme Marois mardi soir, à l'adresse du Canada anglais. Qui ça, «nous» ? Dans une fédération, il est à l'avantage de la population que les deux ordres de gouvernement jouent un rôle complémentaire. Or, les résultats du 4 septembre démontrent que les Québécois ne souhaitent pas le démantèlement de la fédération canadienne. Ottawa doit donc garder la place qui est la sienne.

Cela ne signifie pas que le gouvernement Harper doit faire la sourde oreille à toutes les préoccupations exprimées par Québec. Si le fédéral doit esquiver les coups des stratèges indépendantistes, il doit aussi accueillir avec ouverture et intelligence les requêtes légitimes de la province. Nous pensons, notamment, à celle visant les données du registre des armes à feu.

Le gouvernement de Pauline Marois comptera dans ses rangs plusieurs communicateurs hors pair. Ils excelleront, n'en doutons pas, à diaboliser le gouvernement fédéral. Les porte-étendard francophones du gouvernement Harper ne sont pas de ce calibre. Ottawa risque fort de perdre la bataille de l'opinion publique québécoise; la donne des souverainistes s'en trouvera renforcée. Le premier ministre canadien doit agir afin de corriger cette faiblesse relative.




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