L'échec libéral

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André Pratte
La Presse

Les Québécois se souviennent des engagements pris par le Parti libéral du Québec avant les élections générales de 2003. «La remise sur pied» du système de santé allait être «la priorité numéro 1» d'un gouvernement Charest. Cela se traduirait notamment par:

- un «combat contre l'attente sous toutes ses formes»;

- une diminution des listes d'attente pour les chirurgies;

- «assurer l'accès à un service médical 24 heures par jour, sept jours par semaine»;

 

- une augmentation substantielle du nombre de médecins et d'infirmières;

- «désengorger les urgences».

Les libéraux de M. Charest sont au pouvoir depuis sept ans. Quand les partis de l'opposition les accusent aujourd'hui d'être responsables des problèmes actuels, ils rappellent la mise à la retraite de milliers de médecins et d'infirmières, décidée par le gouvernement de Lucien Bouchard il y a 13 ans. Ils parlent aussi du vieillissement de la population. Pourtant, ils savaient tout cela en 2003. Cela ne les a pas empêchés de promettre mer et monde. C'est sur la base de ces engagements qu'il faut aujourd'hui juger leur bilan.

Sous le règne libéral, les dépenses en santé ont augmenté de plus de 7 milliards. C'est énorme, mais c'est 2 milliards de moins que ce qu'ils avaient promis. Le nombre de médecins (" 1000) et d'infirmières (" 3000) a également augmenté (une tendance amorcée sous le PQ). Le réseau a été réorganisé. Des dizaines de Groupes de médecine de famille (GMF) ont été mis sur pied (une autre mesure lancée par le gouvernement péquiste). Le nombre d'accréditations syndicales a été réduit. Bref, les libéraux ont agi. Le problème, c'est que ces changements n'ont pas produit tous les résultats promis.

Dans les salles d'urgence, malgré les efforts faits, le séjour moyen sur civière n'a pas diminué. On l'a vu au cours des derniers jours, l'engorgement est loin d'être un problème du passé.

Le PLQ s'était engagé à «consolider la première ligne» afin que les patients ne soient plus forcés de se rendre à l'urgence pour des problèmes mineurs. Or, bien que les GMF ouvrent leurs portes le soir et le samedi, ils ne sont pas encore assez nombreux pour avoir un impact significatif sur l'accessibilité des soins de première ligne.

Il y a un secteur où le gouvernement Charest a livré la marchandise: les listes d'attentes pour les chirurgies. Depuis 2003, en effet, l'attente a beaucoup diminué pour les opérations aux cataractes, aux genoux et aux hanches. Malgré les difficultés récentes, il y a eu aussi des progrès pour les chirurgies cardiaques.

Les problèmes du système de santé québécois sont complexes. Depuis au moins trois décennies, tous les gouvernements ont tenté de remettre le système à flot, sans succès. N'empêche, en 2003, Jean Charest avait martelé des engagements clairs et solennels. À l'aulne de ces engagements, force est de conclure que les libéraux ont échoué dans la mission qu'ils s'étaient donnée, celle de remettre sur pied notre système de santé.

 




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