Revenir à la science

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André Pratte
La Presse

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), LA référence scientifique en matière de changements climatiques, est plongé dans une controverse qui n'en finit plus de prendre de l'ampleur. Après avoir dû admettre que sa prévision concernant la fonte des glaciers de l'Himalaya ne s'appuyait pas sur des données scientifiques, voici qu'une autre assertion du Groupe est contestée.

Dans le rapport synthèse publié en 2007, le GIEC affirmait: «Dans certains pays (africains), le rendement de l'agriculture pluviale pourrait chuter de 50% d'ici 2020.» Ce phénomène aurait évidemment des conséquences catastrophiques sur ce continent déjà affamé. Or, le coprésident d'un des groupes de travail du GIEC, l'Américain Chris Field, et l'ancien président de l'organisation, l'Anglais Robert Watson, affirment tous deux aujourd'hui n'avoir pas trouvé de littérature scientifique crédible pour appuyer cette prétention.

 

Le GIEC est présidé depuis 2002 par un ingénieur indien, Rajendra Pachauri. Celui-ci est lui-même l'objet de plusieurs controverses. On lui reproche son arrogance (lorsqu'un rapport du gouvernement indien a contesté la thèse de la fonte des glaciers de l'Himalaya, il l'a qualifié de «science vaudou»). On souligne les nombreux liens d'affaires qu'il a tissés avec des entreprises d'énergie et des institutions financières. Il y a quelques jours, le président du GIEC a nourri l'incendie en publiant son premier roman. Le livre raconte la vie d'un ingénieur indien (comme M. Pachauri), dans la soixantaine (comme M. Pachauri), spécialiste des changements climatiques (comme...). Or ce monsieur aime non seulement l'environnement, il aime les femmes. Beaucoup. Le livre raconte dans le détail plusieurs séances de baise.

Rajendra Pachauri explique qu'il a écrit le roman lors de ses nombreux déplacements en avion. Certains critiques estiment qu'il lui aurait mieux valu relire attentivement les rapports du GIEC...

Ces incidents font évidemment les délices des «sceptiques» autant qu'ils embarrassent les militants écologistes. Des voix s'élèvent pour réclamer la démission de M. Pachauri. On craint que la crédibilité du GIEC soit minée au point que la population et les gouvernements ressentent moins l'urgence d'agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cela risque d'arriver, en effet.

L'éventuelle démission de l'actuel président ne suffira toutefois pas à rétablir la confiance presque totale qu'on accordait au GIEC, gagnant du prix Nobel de la paix en 2007. Avant tout, le groupe doit quitter le terrain du militantisme pour revenir sur celui de la science. Or, sur ce terrain-là, le doute et la discussion sont non seulement permis, ils sont encouragés; il n'y a pas de certitude absolue, encore moins de religion.

apratte@lapresse.ca

 




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