Si Mao voyait ça...

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Donald Trump a accueilli son homologue chinois Xi Jinping dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, en avril dernier.

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«La politique étrangère de Trump a trouvé un thème : la doctrine du retrait.»

Comment contredire l'ancien diplomate américain Richard Haass, qui a fait récemment ce triste constat? Cet expert a mis le doigt sur un bobo qui, faute d'être soigné, risque fort de s'infecter.

Tenez, la semaine dernière, en moins de 48 heures, la Maison-Blanche a annoncé son retrait de l'UNESCO (l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) et affaibli l'accord sur le nucléaire iranien, menaçant de le faire voler en éclats.

Ce n'était pas une surprise. Donald Trump, d'un naturel imprévisible, manifeste une certaine cohérence lorsqu'il s'agit du multilatéralisme. Il y semble presque allergique!

Au cours des dernières décennies, d'autres présidents ont manifesté un certain scepticisme pour le multilatéralisme et les institutions internationales. Sous Ronald Reagan, par exemple, les États-Unis avaient aussi quitté - temporairement - l'UNESCO, a-t-on souligné. George W. Bush avait pour sa part voulu faire cavalier seul en début de mandat... jusqu'à ce que le fiasco irakien refroidisse ses ardeurs.

En revanche, ces deux présidents républicains, contrairement à Donald Trump, n'ont jamais mis en doute l'idée que leur pays avait d'importantes responsabilités sur la scène internationale. Et ils insistaient pour faire la promotion de la démocratie et de la liberté.

Donald Trump, lui, ne veut pas assumer ces responsabilités. Son mépris pour les institutions (ONU, OTAN, etc.) et pour les traités internationaux est évident. Tout comme son penchant pour le protectionnisme, qui met actuellement en péril l'Accord de libre-échange nord-américain.

L'incohérence de son raisonnement est pourtant évidente. Ce n'est pas en s'isolant et en traitant ses alliés comme des rivaux que le président va «rendre à l'Amérique sa grandeur». Il est plutôt en train de ternir le blason de son pays.

Pendant ce temps, la Chine, elle, en profite pour redorer le sien. Depuis quelques années, le pays le plus peuplé du monde tente d'accroître son influence dans le monde. Il gonfle, lentement mais sûrement, ses muscles.

Le géant américain lui faisait jadis de l'ombre. Beaucoup d'ombre. Mais c'est soudainement moins vrai.

On a pu s'en rendre compte une première fois en janvier lors du Forum économique mondial à Davos. Le président chinois Xi Jinping avait prononcé un discours remarqué, se portant à la défense de la mondialisation. Il avait aussi vanté les mérites de l'accord de Paris sur le climat... duquel les États-Unis allaient se retirer.

Hier, Xi Jinping a aussi tenu un discours d'ouverture sur le monde, dans le cadre du congrès quinquennal du Parti communiste. Lors de cette grand-messe, il a obtenu un deuxième mandat de cinq ans pour diriger le pays.

Lui donner le bon Dieu sans confession serait une erreur. Il s'agit d'un leader autoritaire qui dirige son pays avec une main de fer. Un chef d'État pour qui la démocratie est l'équivalent d'un dangereux virus. Et s'il dénonce le protectionnisme, dans les faits, la pratique est monnaie courante en Chine.

Mais le fait est que Xi Jinping a su profiter du repli américain.

Certains soutiennent même qu'il est dorénavant l'homme le plus puissant du monde. C'est le cas du très sérieux hebdomadaire The Economist, qui en a fait sa une cette semaine.

Oui, aujourd'hui, ça crève les yeux : c'est à la Chine que Donald Trump est en train de «rendre sa grandeur». Si Mao voyait ça...




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