Gratuité:  attention au rouleau compresseur

Il ne faut surtout pas mettre les écoles... (Photo Thinkstock)

Agrandir

Il ne faut surtout pas mettre les écoles dans une camisole de force sous prétexte qu'il faut « uniformiser » tous azimuts, écrit notre éditorialiste.

Photo Thinkstock

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

C'est vrai qu'un ménage s'imposait.

De nombreux excès ont été signalés ces dernières années quant aux frais facturés aux parents par les écoles primaires et secondaires.

Or, comme l'a dit récemment le ministre Sébastien Proulx, « ça n'est pas un bar ouvert ». Et si ça l'est malheureusement dans certains cas, ça ne devrait pas l'être.

En revanche, tout ne peut pas être gratuit.

Il ne faut surtout pas mettre les écoles dans une camisole de force sous prétexte qu'il faut « uniformiser » tous azimuts. Ce mot peut, lorsqu'il est synonyme de rouleau compresseur, mettre en péril l'autonomie des écoles et réduire en miettes les idées innovantes qu'on y met de l'avant. Coupera-t-on par exemple les ailes aux professeurs les plus audacieux, qui réclament des frais pour certaines sorties pédagogiques enrichissantes que les écoles n'auraient pas les moyens de payer ?

La Loi sur l'instruction publique spécifie d'ailleurs noir sur blanc que tout n'est pas gratuit.

Oui, l'élève « a droit à la gratuité des manuels scolaires et du matériel didactique requis pour l'enseignement des programmes d'études ». Mais « ce droit à la gratuité ne s'étend pas aux documents dans lesquels l'élève écrit, dessine ou découpe ».

En somme, les « crayons, papiers et autres objets de même nature ne sont pas considérés comme du matériel didactique » et n'ont pas à être offerts par l'école.

Cette loi laisse place à l'interprétation. C'est une bonne chose. Parce qu'uniformiser à partir de Québec serait tout sauf une bonne idée. Le problème, c'est que plus personne ne s'entend sur la façon dont il est souhaitable de l'interpréter, cette loi.

C'est ce qui est à la source de ce recours collectif insensé autorisé l'an dernier contre 68 commissions scolaires du Québec pour des frais jugés illégaux (absurde, parce que même si les parents gagnaient, l'État québécois irait de toute façon chercher dans leurs poches l'argent qui servirait à les dédommager, en plus de leur soutirer les sommes qui couvriront les frais d'avocats !).

Derrière cette initiative : l'idée que tout doit être gratuit. Même la flûte à bec semble avoir été mise au banc des accusés. Euh... Vraiment ? Posons la question : combien de becs se seront refermés sur la flûte de l'école avant qu'elle se retrouve dans la bouche de votre enfant ? Même la Fédération des comités de parents du Québec estime que certains instruments, pour des raisons d'hygiène, « peuvent faire l'objet de frais ».

Répétons-le : oui, il y a des abus.

Que ce soit la facturation du transport scolaire ou de l'inscription au service de garde. Il y a aussi des variations trop importantes signalées entre des écoles pour certains services (la surveillance, par exemple) ou activités.

Il faut y remédier, malgré le recours collectif. Donner des pistes qui vont permettre de baliser l'interprétation de la loi. Mais n'oublions pas que tout n'est pas gratuit. Et que c'est parfaitement normal.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer