Syrie : le cimetière de l'humanité

« Un cimetière... On n'utilise pas encore ce mot... (PHOTO George OURFALIAN, Agence France-Presse)

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« Un cimetière... On n'utilise pas encore ce mot pour parler d'Alep-Est [...]. Mais ça importe peu, en fait, car le pays en entier s'est transformé en un gigantesque cimetière », se désole Alexandre Sirois. Ci-dessus : des familles syriennes ont fui massivement Alep-Est, cette semaine.

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Certains semblent penser que tout ce qu'il reste à faire, dans le dossier syrien, c'est de se mettre à genoux.

C'est un peu ce que vient de faire le grand patron des opérations humanitaires de l'ONU. Pas tant pour prier (quoique cela n'aurait même pas surpris tant la situation est désespérée) que pour implorer le régime de Bachar al-Assad et ses alliés de cesser de se comporter en barbares.

« Nous supplions » les belligérants « de faire tout leur possible pour protéger les civils et pour permettre l'accès à la partie assiégée d'Alep-Est avant qu'elle ne devienne un gigantesque cimetière », a dit cette semaine de responsable de l'ONU, Stephen O'Brien.

Un cimetière... On n'utilise pas encore ce mot pour parler d'Alep-Est, la partie de la deuxième ville syrienne en importance où se terrent les rebelles. Mais ça importe peu, en fait, car le pays en entier s'est transformé en un gigantesque cimetière.

Depuis les premières manifestations réprimées par le régime en mars 2011 - dans le cadre de ce qu'on qualifiait alors de printemps arabe -, on peine à compter les morts. Il y en aurait eu au moins 300 000 dans ce pays, qui est à peine plus grand que l'État de la Floride.

Le grand responsable de ce massacre, c'est Bachar al-Assad, qui règne sur la Syrie depuis la mort de son père en l'an 2000. Selon certaines estimations, 90 % des victimes ont été tuées par ce tyran et ses brutaux alliés.

Pourtant, Bachar al-Assad dort probablement mieux, ces jours-ci, que jamais auparavant depuis le début du conflit. Premièrement parce qu'il est en train, grâce à la Russie et à l'Iran, de reprendre du terrain face aux rebelles. Deuxièmement parce que Donald Trump a été élu le 8 novembre dernier plutôt qu'Hillary Clinton.

Le dictateur syrien a d'ailleurs dit, récemment, que le président désigné sera son « allié stratégique ». C'est que Donald Trump, en campagne, a laissé entendre qu'il se rangera du côté de Vladimir Poutine et de Bachar al-Assad.

Pourtant, s'il faut continuer à lutter avec fermeté contre le groupe État islamique, il faut aussi se rappeler que tous ceux qui s'en prennent au régime syrien ne sont pas des terroristes. Et ne pas oublier que l'armée syrienne et ses alliés commettent des « crimes contre l'humanité », comme l'a affirmé l'administration de Barack Obama.

Participer à cette boucherie serait, de la part des Américains, ignoble.

Sans compter que cette stratégie, à long terme, risque plutôt de favoriser la création de nouveaux ennemis du régime et la prolongation de la guerre civile.

Espérons que Donald Trump ne se laissera pas manipuler par le duo Poutine-Assad. Souhaitons au contraire qu'il voudra et pourra convaincre ce tandem meurtrier que c'est par la diplomatie, le dialogue et la négociation qu'une sortie de crise sera possible.

Ce n'est pas en bombardant leur pays main dans la main avec Bachar al-Assad que le prochain président américain fera prendre aux Syriens le long et difficile chemin vers la paix.




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