Les otages de la STM

« Le problème, c'est que la journée d'hier nous... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse)

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« Le problème, c'est que la journée d'hier nous rappelle cruellement les incidents de la semaine précédente. Ceux des derniers mois. Et ceux des dernières années. Des ratés souvent liés à la santé déficiente du réseau », souligne Alexandre Sirois.

Photo Martin Chamberland, Archives La Presse

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Des transports collectifs pris de vitesse par l'automobile... La Société de transport de Montréal ( STM) qui met des bâtons dans les roues de ses usagers... Si ça continue, les journalistes manqueront de jeux de mots pour évoquer les ratés du réseau de transports en commun à Montréal !

Ce n'est même pas drôle. C'est navrant. Après cinq pannes en l'espace de trois jours la semaine dernière, le métro a de nouveau connu des ratés hier, alors que la première neige rendait la circulation en surface pénible.

Un arrêt de service de plus de 20 minutes en matinée sur la ligne orange en pleine heure de pointe a fait rager les usagers. Au même moment, on signalait un ralentissement du service sur la ligne verte.

Attendez, ce n'est pas tout !

Dans le secteur Anjou, « une position syndicale » a retardé le départ de nombreux autobus sur plus d'une vingtaine de lignes. Puis, en après-midi, le service a une fois de plus été interrompu sur la ligne orange.

À la décharge des dirigeants de la STM, les malheurs d'hier relevaient, pour la plupart, de circonstances indépendantes hors de leur volonté. On parle ici de l'intransigeance incompréhensible de quelques dizaines de chauffeurs d'autobus. De l'ineptie d'un passager qui a enfumé la station Sauvé en jetant un mégot de cigarette derrière une affiche (hier matin). Et de la présence d'une personne non autorisée sur les rails du métro (hier après-midi).

Le problème, c'est que la journée d'hier nous rappelle cruellement les incidents de la semaine précédente. Ceux des derniers mois. Et ceux des dernières années. Des ratés souvent liés à la santé déficiente du réseau.

Les usagers font malheureusement les frais d'un désintérêt chronique pour les transports collectifs qui dure depuis beaucoup trop longtemps.

Ces usagers se retrouvent, comme on le constate ces jours-ci, pris en otages. Par un réseau souffreteux qui ne figure jamais en tête des listes des priorités des élus.

En point de presse à l'hôtel de ville hier, le porte-parole de Projet Montréal en matière de transports, Craig Sauvé, énumérait tous les projets qui ont pris du retard et qui auraient pu changer la donne. Du nombre d'autobus en circulation qui n'a pas encore atteint les cibles fixées (il en manquerait 260) au retard pris par le service rapide par bus sur le boulevard Pie-IX. La STM fait par ailleurs les frais, bien malgré elle, des retards dans la livraison des voitures Azur pour le métro.

C'est vrai, on investira - enfin ! - 8 milliards dans les 10 prochaines années dans le réseau. Le directeur général de la STM nous promettait même, hier, qu'on annoncera sous peu des « mesures et investissements massifs pour donner un coup de main aux gens qui sont pris dans le trafic ».

Vous nous permettrez de faire preuve de retenue et d'attendre de voir la couleur de ce plan avant de manifester notre enthousiasme...

Notons par ailleurs, au sujet du trafic, que les défaillances du réseau ces derniers jours surviennent à un très mauvais moment. Les chantiers et la congestion seraient susceptibles de pousser plus de Montréalais à opter pour les transports collectifs, tout particulièrement pour le métro. Les ardeurs de ces usagers potentiels viennent très certainement d'être... ralenties.

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