Le gentilhomme et la brute

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Donald Trump est en quelque sorte à Goliath ce que Justin Trudeau est à David, explique Alexandre Sirois.

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Donald Trump a terrassé plus d'une quinzaine de républicains au cours de la dernière année. Il a aussi vaincu la candidate démocrate à la Maison-Blanche que plusieurs estimaient invincible. Il y est parvenu en étant dur, impitoyable, intolérant.

Le président désigné de la première puissance mondiale est en quelque sorte à Goliath ce que Justin Trudeau est à David.

Car le premier ministre canadien a pour sa part fait campagne, nous l'avions souligné, en prônant le dialogue et la recherche du consensus. Ajoutez à cela ses airs de jeune premier (il a 26 ans de moins que Donald Trump) et le fait que le Canada est un nain politique et économique devant son voisin américain : la comparaison prend alors tout son sens.

Justin Trudeau, comme David face à Goliath, ne doit pas se laisser intimider par Donald Trump. Il doit trouver des moyens novateurs d'en faire son allié et ne surtout pas tenter d'imiter le candidat américain.

Les premiers gestes posés ont été les bons. D'abord, le premier ministre canadien a été d'une prudence remarquable pendant toute la course à la Maison-Blanche.

Même s'il n'a visiblement pas d'atomes crochus avec le milliardaire républicain.

Ensuite, depuis le scrutin, il a été mesuré et courtois. Comme l'ensemble des élus, d'ailleurs. Il s'est même empressé d'inviter Donald Trump au Canada. Si Ottawa est la première capitale étrangère visitée par le président désigné, ce sera certainement bon signe.

Par ailleurs, il a fait savoir qu'il est prêt à renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Le geste en a étonné plusieurs. Il était pourtant habile, puisqu'il montrait la bonne foi d'Ottawa et court-circuitait ceux qui auraient pu avoir l'idée de diaboliser le Canada dans ce dossier.

C'est un bon départ. Mais ce n'est qu'un début.

Donald Trump est imprévisible, mais il ne faut surtout pas attendre de voir quelles seront ses priorités. Il faut échafauder un certain nombre de scénarios et parer à toute éventualité.

Espérer que tout se passera bien, mais se préparer au pire.

Parallèlement aux efforts déployés par Justin Trudeau, ses ministres doivent l'imiter et se rapprocher de leurs futurs homologues américains. L'idée d'établir des rencontres sur une base régulière, lancée par l'ancien premier ministre Joe Clark dans nos pages, est judicieuse.

Il faut aussi profiter des liens qui existent déjà entre nos élus et divers membres du Congrès américain. Et en créer de nouveaux. N'oublions pas que dans certains dossiers - y compris celui du bois d'oeuvre - les membres de cette institution peuvent avoir plus de poids et d'influence que le président et son équipe gouvernementale.

Enfin, comme le soulignait cette semaine Roland Paris - ancien conseiller de Justin Trudeau - lors de son passage à Montréal, le premier ministre doit pouvoir compter sur la mobilisation de divers partenaires, à l'extérieur du gouvernement, qui possèdent de bons contacts en sol américain. Des membres du milieu des affaires, par exemple.

Maintenir une relation inébranlable et productive avec notre plus grand allié au cours des prochaines années sera probablement un grand défi, mais il n'est pas insurmontable. Le relever est indispensable.

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