Clinton doit guérir, vite

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Il est certain que les médias et le public auraient été beaucoup plus indulgents avec Hillary Clinton s'ils avaient su qu'elle souffrait d'une pneumonie, estime notre éditorialiste. La candidate et son équipe ont plutôt tenté de dissimuler sa maladie.

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« Les antibiotiques peuvent guérir une pneumonie. Mais comment guérir un penchant malsain pour la discrétion qui provoque, de façon répétée, des problèmes inutiles ? »

Ces propos n'ont pas été tenus par un républicain qui souhaite l'échec d'Hillary Clinton. Il s'agit plutôt d'un tweet de David Axelrod, un des architectes des victoires de Barack Obama.

Cet ancien conseiller politique défend généralement la candidate avec passion contre Donald Trump. Mais il s'inquiète, avec raison, du manque de transparence de la politicienne démocrate.

Pourquoi diable Hillary Clinton a-t-elle gardé le silence sur sa pneumonie, diagnostiquée vendredi dernier ?

Son entourage a été forcé de cracher le morceau dimanche matin quand elle a failli s'effondrer à New York.

Vrai, les médias et le public américains font de la santé de leurs candidats à la Maison-Blanche une quasi-obsession. Mais le fait est que leurs préoccupations sont, cette année, particulièrement légitimes.

Un seul candidat a été élu à la présidence alors qu'il était aussi âgé qu'Hillary Clinton (elle aura 69 ans en octobre). C'était le républicain Ronald Reagan, en 1980. Il avait 69 ans.

L'intérêt des Américains pour la santé d'Hillary Clinton est d'autant plus compréhensible qu'elle a subi une commotion cérébrale et fait une thrombose en 2012 alors qu'elle était secrétaire d'État - on lui avait d'ailleurs offert un casque de football à son retour au travail !

La candidate avait pourtant jusqu'ici fait preuve de plus de transparence que Donald Trump en la matière. À l'été 2015, elle a publié un bilan de santé de deux pages, incluant notamment des détails sur sa pression sanguine et ses médicaments.

Son rival, âgé de 70 ans, s'est contenté de diffuser quelques mois plus tard quatre paragraphes rédigés par son gastro-entérologue sur un ton fort peu professionnel. Ce médecin affirmait sérieusement que si Donald Trump remporte l'élection, il sera « l'individu le plus sain jamais élu à la présidence ».

Tentons de réécrire l'histoire : imaginons Hillary admettre qu'elle était traitée pour une pneumonie dès vendredi. Peut-être aurait-elle annulé certains des nombreux événements auxquels elle devait participer ? Peut-être, donc, n'aurait-elle pas eu de malaise dimanche ?

Pure spéculation, bien sûr. Mais il est certain que, sachant qu'elle souffrait d'une pneumonie, les médias et le public auraient été beaucoup plus indulgents avec elle. Et si ça se trouve, cela l'aurait humanisée, ce dont elle a grandement besoin.

Au lieu de ça, la confiance des Américains à son égard a encore une fois été ébranlée de façon inutile.

C'est loin d'être la première fois qu'elle ne dit pas toute la vérité et rien que la vérité. L'affaire rappelle d'ailleurs la récente controverse autour de sa décision d'utiliser uniquement une adresse privée pour ses courriels au département d'État. Une décision prise afin de soustraire ceux-ci aux yeux du public. Ce choix contestable est, encore aujourd'hui, une épine dans le pied de la candidate parce qu'elle a trop longtemps refusé de faire preuve de transparence à ce sujet.

Cette fâcheuse tendance ne se guérira pas, il est vrai, avec des antibiotiques. Hillary Clinton doit néanmoins, à tout prix, trouver un remède pour s'en débarrasser.

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