Lutte contre la radicalisation : mieux vaut prévenir

Le Canada doit devenir un « leader mondial » en... (Photo Chris Wattie, Reuters)

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Le Canada doit devenir un « leader mondial » en matière de lutte contre la radicalisation, estime le ministre Ralph Goodale. Ci-dessus : la GRC explique les circonstances qui ont permis de déjouer l'attentat  que planifiait Aaron Driver au début du mois.

Photo Chris Wattie, Reuters

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Dans la foulée de l'attentat terroriste déjoué en Ontario il y a deux semaines, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a affirmé que le Canada doit devenir un « leader mondial » en matière de lutte contre la radicalisation.

Pour démontrer son sérieux à ce sujet, il s'est rapidement déplacé vers... Montréal.

Plus précisément dans un local anonyme plutôt fade situé pas très loin de l'UQAM. On y retrouve un petit groupe d'experts qui, avec raison, ont été cités en exemple au cours des derniers mois. Ils semblent avoir trouvé un moyen de dépister plus facilement ceux et celles qui sont en train de se radicaliser. Et ils sont souvent en mesure de leur offrir, de même qu'à leurs proches et aux divers intervenants qui les fréquentent, des moyens de s'en sortir.

Le Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence a été créé il y a un an et demi sous l'impulsion de l'ancien chef de police de Montréal, Marc Parent. Il avait compris que le modèle sécuritaire, qui mise avant tout sur les forces de l'ordre, demeure primordial, mais ne suffit plus. L'objectif était donc de mettre sur pied un organisme indépendant pour travailler « en amont ».

Le centre s'est rapidement démarqué en raison de son originalité. Premièrement parce qu'il n'est pas dirigé par des policiers. Cette indépendance est un précieux atout.

On peut présumer que plusieurs Québécois radicalisés n'auraient pas été détectés si ce centre n'avait pas vu le jour.

Leurs proches - ce sont souvent eux qui sonnent l'alarme - n'auraient pas su qui appeler à l'aide et plusieurs auraient probablement hésité à contacter les forces policières.

Autre atout : le mélange des genres plutôt unique qui le caractérise. Il possède une équipe d'intervention qui peut lutter contre l'endoctrinement, mais aussi des experts qui offrent de la formation et d'autres qui font de la recherche. Ils sont, au total, une vingtaine.

Le ministre Goodale n'a pas été le seul à s'intéresser à ce modèle québécois. On s'en est déjà inspiré en France (à Bordeaux) et en Belgique. Même le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a vanté ses mérites lors de son passage à Montréal en février dernier.

Le centre répond indiscutablement à un besoin. En 18 mois, son personnel a reçu quelque 940 appels, incluant plus de 300 demandes d'assistance.

Parallèlement, la semaine dernière, les chercheurs du centre ont eux aussi prouvé leur utilité en publiant un rapport éclairant sur les « enjeux et perspectives de la radicalisation menant à la violence en milieu scolaire au Québec ». Une étude qui nous permet de prendre la mesure des problèmes auxquels a fait face le Collège de Maisonneuve. Et de l'importance de l'influence négative d'« agents de radicalisation » qui sévissent, impunément, dans notre métropole.

Il n'y a pas de solution miracle pour lutter contre les discours radicaux et leur pouvoir de persuasion. Celui du groupe État islamique, aussi mensonger soit-il, est d'une efficacité redoutable.

Il faut les combattre avec détermination, mais aussi sur plusieurs fronts. C'est pourquoi le centre montréalais de prévention de la radicalisation est devenu non seulement un outil indispensable, mais aussi une référence qui, on le souhaite, continuera de mener à des initiatives similaires au Canada et ailleurs.

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