Rançons : Au nom de la raison

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Robert Hall (à droite), un Canadien capturé aux Philippines par un groupe terroriste, a été exécuté cette semaine. À gauche sur la photo, Kjartan Sekkingstad, un Norvégien lui aussi fait prisonnier.

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Il y a quelques années, Ottawa a fait le bonheur d'Al-Qaïda. Le gouvernement canadien a « renforcé » l'organisation terroriste en Afrique.

On l'a appris lors de la diffusion publique de messages privés de diplomates américains : ils reprochaient à Ottawa et à certains pays européens d'avoir payé des rançons à des terroristes pour obteni la libération d'otages.

Dans le cas d'Ottawa, les otages étaient les diplomates canadiens Robert Fowler et Louis Guay, enlevés au Niger en 2008 et libérés huit mois plus tard.

Le premier ministre d'alors, Stephen Harper, soutenait que le Canada n'offrait jamais d'argent aux terroristes. C'était une demi-vérité. Car dans cette affaire, plusieurs millions ont été versés. Certains ont affirmé que ce sont la Suisse et l'Allemagne, qui avaient eux aussi des otages aux mains d'Al-Qaïda, qui ont payé une rançon afin d'obtenir la libération de l'ensemble des prisonniers. Vraisemblablement avec l'assentiment d'Ottawa.

Au cours des derniers mois, Justin Trudeau a été plus intransigeant. Il a refusé de payer les millions réclamés par les terroristes qui ont enlevé deux Canadiens en septembre dernier aux Philippines.

L'un de ces Canadiens, Robert Hall, a été décapité cette semaine. L'autre, John Ridsdel, avait été assassiné en avril.

« Le Canada ne peut absolument pas se permettre de verser des rançons à des terroristes et faire ainsi du drapeau canadien et des plus de 3 millions de Canadiens à l'étranger qui le portent avec fierté des cibles », a déclaré cette semaine le premier ministre.

Refuser de céder au chantage des terroristes a certainement été un choix déchirant. Mais aussi insupportable qu'il puisse sembler, c'était le bon. Un choix dicté par la raison.

Parce que les pays qui paient des rançons transforment effectivement leurs citoyens en cibles. Une enquête du New York Times publiée en 2014 a démontré qu'en cinq ans, 17 Français ont été kidnappés par Al-Qaïda, comparativement à 3 Américains et 2 Britanniques. La France est reconnue pour rémunérer grassement les preneurs d'otages, alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne ne paient pas de rançons.

Par ailleurs, l'argent offert aux groupes terroristes leur permet de prospérer, de recruter de nouveaux membres et, cruelle ironie, d'enlever encore plus d'étrangers. Les sommes en jeu sont astronomiques. On parle généralement de millions de dollars versés par otage.

Cela dit, même les États occidentaux les plus fermes ont consenti à un compromis bancal, mais nécessaire : si les familles des otages veulent payer une rançon, on ne les en empêchera pas. Sur le plan humain, le contraire serait difficilement justifiable.

Mais il est clair que les États ont tout à perdre à verser des millions aux terroristes. Il est bon, comme Justin Trudeau l'a fait lors du dernier sommet du G7, de le rappeler à nos alliés et de tenter de parvenir à un consensus à cet effet.

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