Écraser... le tabac

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« Les nouvelles mesures visent à protéger les non-fumeurs, mais elles ont aussi comme objectif de décourager les fumeurs potentiels », rappelle Alexandre Sirois.

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Les nouvelles mesures prises par Québec pour lutter contre le tabagisme ne font bien sûr pas l'unanimité.

Mais avez-vous remarqué que leur entrée en vigueur provoque nettement moins de remous que lorsqu'on avait renforcé la Loi sur le tabac il y a une dizaine d'années ?

L'interdiction de fumer sur les terrasses commerciales et la hausse salée des amendes pour les contrevenants, par exemple, a été dénoncée, mais souvent du bout des lèvres. Avec beaucoup moins de vigueur que l'interdiction, jadis, de la cigarette dans les restaurants et les bars.

Parce que cette nouvelle révision de la Loi sur le tabac était attendue depuis (trop) longtemps ? Peut-être un peu, oui. Mais aussi parce que, fumeurs ou pas, nous sommes tous, plus que jamais auparavant, conscients des ravages du tabac et des fourberies de l'industrie.

À ce sujet, l'analyse d'impact réglementaire du ministère de la Santé justifie les mesures de façon éloquente. « Le tabagisme constitue la principale cause évitable de maladies et de mortalité. Il entraîne plus de 10 000 décès annuellement au Québec », y lit-on d'entrée de jeu.

On y explique, parallèlement, que le nombre de fumeurs a cessé de diminuer de façon marquée. Le pourcentage des personnes qui fument au Québec se situe actuellement à 19,6 %, soit une personne sur cinq. Il est encore plus élevé que la moyenne canadienne (18,1 %).

Or, n'oublions pas que les nouvelles mesures visent à protéger les non-fumeurs (franchement, qu'attendions-nous pour interdire la cigarette en auto lorsque des jeunes sont à bord ?), mais elles ont aussi comme objectif de décourager les fumeurs potentiels.

Car malgré toutes les restrictions des dernières décennies, trop de jeunes deviennent encore chaque année esclaves de la nicotine. Il y a trois ans, 23 % des jeunes Québécois en cinquième secondaire admettaient avoir fumé une cigarette, un cigare ou un cigarillo au cours des 30 derniers jours. C'est tout près d'un jeune sur quatre. C'est inacceptable.

Ça signifie que les fabricants de tabac, qui s'ingénient à trouver des façons originales de séduire nos jeunes, y parviennent encore trop facilement.

L'heure n'est donc pas à fumer le calumet de la paix avec l'industrie du tabac. Bien au contraire.

C'est pourquoi il faut se réjouir des nouvelles mesures du gouvernement provincial. Et il faut déjà penser aux prochaines batailles à livrer.

Faudra-t-il forcer les fabricants de cigarettes à vendre leurs produits dans des paquets neutres et standardisés comme en Australie ou en France ? Probablement. Par ailleurs, aux États-Unis, la Californie vient de faire grimper à 21 ans l'âge légal pour acheter des cigarettes. Il faudra analyser les résultats de cette initiative.

Il est du devoir de notre gouvernement d'empêcher l'industrie du tabac de continuer à semer la mort avec autant d'aisance.

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