Se refaire une beauté

Justin Trudeau a récemment dit convoiter un siège... (PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Justin Trudeau a récemment dit convoiter un siège au Conseil de sécurité de l'ONU. Ci-dessus, le premier ministre en compagnie du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon lors d'une visite de ce dernier à Ottawa en février.

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Il y a une demi-douzaine d'années, le Canada a reçu l'une des plus retentissantes gifles de son histoire récente en matière de relations internationales. On lui a refusé un siège au Conseil de sécurité de l'ONU.

Afin de montrer jusqu'à quel point « le Canada est de retour dans le monde », comme on l'affirme depuis l'automne dernier à Ottawa, Justin Trudeau a récemment dit convoiter un de ces sièges. Il tentera sa chance en 2020.

L'objectif est ambitieux. Pour y parvenir, le Canada devra se refaire une beauté sur la scène internationale. Les dégâts ont été tels, au cours de la dernière décennie, que le pays était aussi attirant, dans le monde (et tout particulièrement à l'ONU) qu'un épouvantail planté au milieu d'un champ.

Comment changer la donne ? Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a offert quelques détails à ce sujet lors d'un discours majeur prononcé récemment à Ottawa. Il a affirmé que le « principe directeur » du gouvernement libéral en politique étrangère sera « la conviction responsable ».

En termes clairs, il s'agit d'une rupture avec le gouvernement de Stephen Harper, pour qui il fallait « rester fidèle à ses convictions quoi qu'il arrive ». Stéphane Dion nous prévient : il saura mettre de l'eau dans son vin. Ses convictions vont inclure « le sens des responsabilités ». En somme, il va réfléchir aux conséquences de ses actes avant d'agir.

Cela signifie, par exemple, une politique d'engagement plus pragmatique. On va tisser des liens avec nos alliés, mais aussi avec des régimes qui nous plaisent moins. Tant mieux.

Parmi les exemples concrets cités par le ministre, notons le désir de renouer avec la Russie. Bouder Moscou a pénalisé le Canada, a-t-il déploré, avec raison. Ottawa, a-t-il signalé, a notamment perdu de l'influence dans les dossiers relatifs à l'Arctique et n'avait aucune légitimité pour s'impliquer dans les tractations liées aux crises en Syrie et en Ukraine.

Le ministre a aussi promis de mettre l'accent sur les opérations de maintien de la paix. C'est une autre bonne nouvelle. L'ONU a besoin, dans ce domaine, d'unités spécialisées que le Canada peut et doit offrir.

Il est aussi crucial de saluer la transparence dont fait preuve le gouvernement de Justin Trudeau au sujet de sa politique étrangère (notons aussi, dans le même ordre d'idées, qu'il vient d'entamer une consultation publique sur l'avenir des Forces armées). C'est, en soi, une petite révolution. Et il faut que cela se poursuive au fil des ans.

Jamais le gouvernement précédent n'avait offert de projet cohérent à ce sujet. Il refusait même d'en débattre.

Stéphane Dion insiste aussi pour dire que la conviction responsable signifiera à l'avenir plus de rigueur et de transparence pour ce qui est de la vente d'équipement militaire à l'étranger. Dans la foulée du contrat de 15 milliards conclu avec l'Arabie saoudite, cela s'imposait.

On présume, d'ailleurs, que le gouvernement libéral se pince le nez en donnant son aval à cette entente, dans le but de sauver des milliers d'emplois. Car vendre de l'équipement militaire à un pays qui terrorise ses citoyens et qui fait la promotion d'un islam radical n'a rien de responsable.

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