Même la guerre a des règles

Un hôpital de Maarat al-Noomane, dans le nord... (PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Un hôpital de Maarat al-Noomane, dans le nord de la province d'Idlib, en Syrie, a été détruit par des frappes aériennes il y a quelques jours.

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Arrêtez de bombarder les hôpitaux !

Ce slogan a été scandé lors d'une manifestation organisée par Médecins sans frontières (MSF) l'automne dernier en Suisse.

En moins d'un mois, deux hôpitaux gérés par l'organisation humanitaire avaient été bombardés. Un premier en Afghanistan, ciblé par un raid américain. Un second au Yémen, réduit en miettes par la coalition arabe menée par l'Arabie saoudite.

La présidente de MSF, la Québécoise Joanne Liu, avait alors souligné qu'il est essentiel de « garantir un espace médical humanitaire dans le chaos des guerres ».

Visiblement, l'alarme sonnée par MSF (et par bien d'autres, y compris le secrétaire général de l'ONU) a eu l'effet d'un coup d'épée dans l'eau.

Les hôpitaux n'ont pas cessé d'être attaqués dans les zones de guerre. Bien au contraire. Dernier exemple en date : lundi en Syrie. Cinq établissements médicaux et deux écoles ont été touchés, incluant encore une fois un hôpital soutenu par MSF.

Dans ce pays, bombarder les hôpitaux n'est plus l'exception. C'est la règle. Si bien qu'il est impossible de parler de bavures ; dans de nombreux cas, ce sont certainement des gestes délibérés.

Les chiffres ne mentent pas. Entre août 2012 et décembre 2015, 330 structures sanitaires en Syrie ont été détruites, incluant 177 hôpitaux. Lors de ces attaques, 697 membres du personnel de santé ont été tués.

En Syrie, non seulement les attaques contre les établissements de santé ne cessent pas, mais encore elles se multiplient. C'est l'un des multiples cancers qui rongent ce pays, théâtre d'une sale guerre depuis maintenant cinq ans. Leur nombre a bondi l'an dernier de 25 % par rapport à 2014, a signalé l'organisme Physicians for Human Rights.

Tout indique que le régime de Bachar al-Assad et son allié russe (malgré leurs dénégations hypocrites) sont les principaux responsables de ces actes d'une cruauté barbare. Des gestes illégaux qui ont contribué à faire de la crise syrienne la plus grande catastrophe humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Car il faut appeler un chat un chat : bombarder un hôpital est un crime de guerre.

La destruction systématique des hôpitaux à laquelle nous assistons en Syrie se fait en violation du droit international.

« Il ne s'agit pas de conséquences inévitables ou tolérables de la guerre. Ce sont des trahisons inadmissibles du principe de neutralité médicale », ont écrit 54 médecins en septembre 2013 dans la revue médicale The Lancet.

Cette lettre a été publiée il y a environ 30 mois. On a laissé, depuis, la situation se détériorer.

La seule véritable solution est bien sûr la paix. Mais celle-ci n'étant pas possible à court terme, il faut convaincre de toute urgence les grands acteurs du drame syrien de cesser de faire fi des traités qui encadrent les guerres. Car, comme l'a rappelé avec justesse l'organisation de Joanne Liu, « même la guerre a des règles ».

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