Le toupet de Bernie

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« Les sondages indiquent que Bernie Sanders a de bonnes chances de remporter, après-demain, les caucus de l'Iowa », écrit Alexandre Sirois. Sur la photo, le candidat lors d'un passage à Cedar Falls, en Iowa, dimanche dernier.

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On a beaucoup (trop) parlé de Donald Trump au cours des derniers mois. De ses déclarations incendiaires ou vulgaires, de ses pitreries et de son... toupet.

L'homme d'affaires a volé la vedette à tous les autres prétendants à la Maison-Blanche. Résultat : on a trop peu parlé de la course au leadership du Parti démocrate. Et on n'a pas assez souligné à quel point Bernie Sanders a, lui, du toupet.

Il fallait du culot pour décider d'affronter la toute-puissante Hillary Clinton. D'autant plus qu'elle était déterminée à ne pas commettre les erreurs faites en 2008 contre Barack Obama.

Cet iconoclaste de 74 ans, sénateur d'un État de 600 000 habitants (le Vermont, notre voisin), a été d'ailleurs un de seuls démocrates à la défier. Il n'y a actuellement qu'un seul autre candidat à l'investiture du parti : Martin O'Malley, ancien gouverneur du Maryland.

L'audace de Bernie Sanders a porté ses fruits. Les sondages indiquent qu'il a de bonnes chances de remporter, lundi, les caucus de l'Iowa, première étape de la course.

Cet engouement à son égard n'est pas une hérésie. Sanders promet une société plus juste et plus égalitaire, ce qui répond aux souhaits de nombreux électeurs. Et pas que démocrates.

Un sondage effectué par le New York Times l'an dernier a révélé que deux Américains sur trois (66 %) estiment que l'argent devrait être mieux redistribué. Et 57 % pensent que le gouvernement doit faire plus pour réduire l'écart entre les riches et les pauvres.

Bernie Sanders mène par ailleurs une campagne inspirante. « On fait campagne en poésie et on gouverne en prose », avait dit l'ancien gouverneur de l'État de New York, Mario Cuomo. Le sénateur du Vermont l'a compris.

Hillary Clinton, elle, a du mal avec la poésie. Même Barack Obama l'a reconnu cette semaine. Il s'est porté à la défense de son ancienne diplomate en chef et a affirmé que son expérience l'a rendue plus prudente. Moins prompte aux envolées lyriques.

Elle est aussi plus pragmatique que Bernie Sanders, qui promet une « révolution politique ». Celui qui se décrit comme un socialiste démocrate veut, par exemple, tenter de réformer à nouveau le système de santé américain pour le rendre universel.

Ceci étant dit, la popularité des idées progressistes du politicien du Vermont (et de celles de Barack Obama) a forcé Hillary Clinton à se mettre plus que jamais à l'écoute des Américains qui s'estiment laissés pour compte.

Même si Bernie Sanders était, au final, battu par sa rivale (les sondages nationaux le donnent perdant), il n'aura pas été qu'un simple figurant, comme plusieurs l'avaient prédit. Son influence sur les enjeux qui seront priorisés par le Parti démocrate d'ici novembre prochain aura été déterminante.

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