Délivrez-les d'Obama ?

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« Le président des États-Unis, Barack Obama, prononcera ce soir son dernier discours sur l'état de l'Union », rappelle notre éditorialiste.

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« Délivrez-nous d'Obama ! »

C'est en quelque sorte ce que hurlent les républicains depuis l'arrivée au pouvoir du président démocrate, en janvier 2009. Des cris qui redoublent d'intensité alors que la course à la Maison-Blanche bat son plein.

Leur discours donne l'impression que Barack Obama a mené les États-Unis au bord du précipice. « Il est probablement le pire président de l'histoire de notre pays », a d'ailleurs estimé Donald Trump.

Paradoxalement, de l'autre côté de l'échiquier politique, plusieurs progressistes disent être restés sur leur faim. Ils soutiennent qu'Obama, sur le sol américain, en a fait trop peu.

Ces démocrates déçus devraient écouter les prétendants républicains à la Maison-Blanche qui promettent, s'ils sont élus, d'annuler plusieurs décisions prises par le président. Ils se rendraient alors compte de tout le chemin parcouru depuis la présidence de George W. Bush.

Ils pourront, ce soir, en prendre la mesure. Le président prononcera son dernier discours sur l'état de l'Union. Il compte rappeler les « progrès remarquables » accomplis sous sa gouverne.

Il parlera certainement de son plus grand regret : il n'a pas pu convaincre le Congrès de légiférer pour assurer un meilleur contrôle des armes à feu.

Mais il aura néanmoins l'embarras du choix quand viendra le moment de dresser son bilan.

On se souvient de ses gestes les plus mémorables. « Oussama ben Laden est mort et General Motors est vivant », avait jadis lancé son vice-président, Joe Biden.

Au-delà de cette formule simpliste, Obama a bel et bien multiplié les initiatives pour relancer une économie en déroute (14 millions d'emplois ont été créés depuis février 2010), tout en tentant de rendre son pays plus égalitaire. Que ce soit en réformant le système de santé, en faisant grimper les impôts des plus riches ou en permettant aux homosexuels de s'afficher ouvertement dans l'armée.

Il a aussi fait prendre à son pays un virage vert, entre autres en forçant les centrales thermiques de réduire de 32 % leurs émissions de gaz à effet de serre.

Ce qu'on sait moins, c'est qu'Obama a aussi mis en oeuvre « plusieurs révolutions tranquilles ». L'expression a été utilisée par le journaliste américain Michael Grunwald, qui estime que de nombreux gestes significatifs n'ont pas eu l'impact médiatique mérité. Selon lui, il y a un écart troublant entre la perception de ce qu'Obama laisse en héritage et la réalité.

Qui se souvient de la réforme majeure du programme fédéral des prêts étudiants ? Qui a entendu parler de la façon dont le président a stimulé le secteur des énergies renouvelables ou de l'impact durable - tant sur l'environnement que sur l'économie - de son obsession pour l'efficacité énergétique ? Qui connaît toutes les retombées positives de la réforme du système de santé (le taux d'Américains sans assurance, par exemple, est passé de 18,2 % à10,5 % en cinq ans) ?

Le bilan d'Obama impressionne d'autant plus quand on réalise qu'il aura fait face pendant six ans (sur huit) à un Congrès dont les deux chambres étaient contrôlées par les républicains. Des rivaux qui ont tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues et qui rêvent aujourd'hui de tailler en pièces son héritage.

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