Les moyens de nos ambitions

Les importations chinoises au Québec s'élevaient l'an dernier... (PHOTO CHANG W. LEE, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES)

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Les importations chinoises au Québec s'élevaient l'an dernier à 9,7 milliards, explique notre éditorialiste. En revanche, les exportations du Québec en Chine n'ont atteint que 2,8 milliards.

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Ni hao !

Dire bonjour en mandarin fera bientôt partie du quotidien de Jean-François Lépine, nouveau représentant du Québec en Chine.

L'ex-journaliste a fait salle comble, la semaine dernière, dans un grand hôtel montréalais. Il y prononçait une allocution sur les objectifs de la Belle Province dans l'empire du Milieu à l'invitation du Conseil des relations internationales de Montréal.

Quelque 400 personnes l'ont écouté expliquer comment il compte augmenter notre visibilité en Chine, doper nos exportations, accroître la coopération et tenter d'attirer plus d'investisseurs et de touristes chinois.

Au même moment, le premier ministre Philippe Couillard était en mission commerciale au Mexique. Des représentants d'environ 70 entreprises l'accompagnaient. Objectif : « ouvrir des portes » aux entrepreneurs de chez nous, a-t-il expliqué. Il a qualifié la mission de « grand succès ».

Cela démontre que le gouvernement du Québec est conscient qu'une présence à l'étranger est nécessaire, à la fois pour y assurer le rayonnement de la province et offrir aux entreprises d'ici un accompagnement utile et nécessaire.

Or, on a appris récemment que le ministère des Relations internationales a dû se serrer la ceinture. Et pas qu'un peu. Au total, 50 postes d'employés à l'extérieur du Québec ont été supprimés. Il en reste dorénavant 199. Et leurs conditions de travail ont été revues à la baisse.

Le budget total du ministère se situe actuellement autour de 100 millions par année. Le montant peut sembler élevé, mais mis en contexte, on se rend compte que ce n'est pas une fortune. Par exemple, Québec verse pratiquement trois fois plus d'argent en primes chaque année aux infirmières. Si on regarde du côté du secteur privé, 100 millions, c'est la somme qui sera investie pour rénover le Centre Bell.

Sans compter que le budget du ministère des Relations internationales est un placement qui peut rapporter gros.

Le cas de la Chine est éloquent. Les importations chinoises au Québec s'élevaient l'an dernier à 9,7 milliards $. En revanche, les exportations du Québec en Chine n'ont atteint que 2,8 milliards $. Jean-François Lépine a dit vouloir les stimuler. Sa présence - et celle de ses collègues - sur le terrain pourrait changer la donne.

La visibilité du Québec sur la scène internationale a d'autres avantages. Elle fait aussi en sorte qu'on n'ignore pas les décideurs de la province lorsqu'on discute, à l'extérieur de nos frontières, d'enjeux qui nous touchent directement.

En période de restrictions budgétaires, le Ministère continue néanmoins de faire des choix stratégiques. Il ouvrira des représentations notamment dans la province de Shandong (en Chine) et dans la Silicon Valley, deux pôles d'attraction pour les entreprises.

Mais il y a des limites à faire plus avec moins. La saignée ne pourra pas se poursuivre sans impact sur l'efficacité. Continuons de nous donner, à l'étranger, les moyens de nos ambitions.

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