La bête noire de Montréal

« Montréal s'était fixé comme objectif d'aider financièrement 4000... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

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« Montréal s'était fixé comme objectif d'aider financièrement 4000 familles à trouver un nid sur son territoire entre 2014 et 2017. Or, seulement 1412 familles se sont prévalues de l'aide jusqu'à maintenant », déplore notre éditorialiste.

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Cela fait des années que Montréal cherche des moyens de retenir ses familles. Malheureusement, les politiques mises en place au fil des ans échouent à endiguer l'exode vers la banlieue. On ne peut accuser les élus municipaux de rester les bras croisés. Mais ils doivent passer à la vitesse supérieure dans ce dossier crucial pour la vitalité économique et sociale de la ville.

Une nouvelle tuile vient de tomber sur les efforts de la Ville pour retenir ses familles. Son programme d'aide à l'acquisition d'une propriété rate la cible. Montréal s'était fixé comme objectif d'aider financièrement 4000 familles à trouver un nid sur son territoire entre 2014 et 2017. Or, seulement 1412 familles se sont prévalues de l'aide jusqu'à maintenant.

Le retard est tel que la Ville reconnaît déjà que ce programme n'atteindra pas ses objectifs. Le responsable de l'habitation au comité exécutif, Russell Copeman, nous a d'ailleurs révélé que la Ville allait revoir ses mesures d'aide à l'acquisition d'une propriété.

«  Nous savons que nos programmes sont trop complexes. Nous devons les simplifier et les bonifier et c'est ce que nous allons faire », a dévoilé M. Copeman. La réforme sera élaborée cet automne.

Ce réajustement est bienvenu. La Ville avait établi des critères pour cibler les logements qui se qualifient à l'aide financière.

Pris séparément, ces critères relèvent d'une certaine logique. Mais mis ensemble, ils forment une mosaïque dans laquelle on se perd.

Même si ses programmes d'accès à la propriété ne décollent pas, la Ville fait bien de continuer à les bonifier. Le logement est un facteur qui pèse lourd dans le choix des familles de s'établir quelque part.

L'autre est l'école, qui devrait être au centre des efforts. En fait, la Ville a identifié les bonnes cibles, mais il y a parfois un gouffre entre les politiques écrites et la réalité. Dans sa politique familiale de 2008, par exemple, la Ville évoquait le besoin des familles de posséder une cour ou une terrasse. On cherche en vain ces espaces dans le nouveau quartier Griffintown - tout comme on y cherche une école.

Pendant qu'on laisse passer ces occasions de créer des milieux de vie propices aux familles, la Ville encaisse, bon an, mal an, une perte nette d'environ 4500 enfants de 14 ans et moins au profit des banlieues. Ces familles qui désertent, majoritairement de la classe moyenne, paient leurs taxes et font leur magasinage ailleurs, et insufflent leur dynamisme hors de la Ville.

Le bilan serait peut-être encore pire sans les efforts de la Ville. Mais ceux-ci ne sont pas suffisants. Montréal doit travailler sur ses lacunes - le manque de logements assez grands et abordables, la réputation et l'état de ses écoles. Elle doit aussi mieux vendre ses avantages comme ses parcs, son métro, ses commerces. La Ville ne peut continuer à se vider lentement de ses familles. Il en va de sa vitalité.

«Les élus doivent passer en vitesse supérieure dans ce dossier crucial pour la vitalité économique et sociale de la Ville.»


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