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Quel héritage laisse le Dr Morgentaler ?

Le Dr Henry Morgentaler, lors d'une conférence de... (Photo Blaise Edwards, La Presse canadienne)

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Le Dr Henry Morgentaler, lors d'une conférence de presse, en janvier 1988.

Photo Blaise Edwards, La Presse canadienne

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Le Dr Henry Morgentaler aura-t-il contribué à faire avancer la cause des femmes ?

Médecin endocrinologue (Jana Havrankova) - image 2.0

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Jana Havrankova

Jana Havrankova

Médecin endocrinologue

MISSION INACHEVÉE

Sans aucun doute, les actions courageuses du Dr Mongentaler ont permis à de nombreuses femmes d'accéder à un avortement sécuritaire et digne. Terminés les aiguilles à tricoter, les avortements insalubres, des hémorragies et des perforations de l'utérus, des infections pelviennes! Toutefois, depuis que l'avortement ne constitue plus un crime, il semble banalisé. En 2011, environ 26 000 avortements ont été pratiqués au Québec, 30 avortements pour 100 naissances vivantes. Bien entendu, il vaut mieux avorter que vivre une grossesse non désirée et élever un enfant que l'on n'a pas voulu. Cependant, il vaudrait mieux prévenir ces grossesses non souhaitées. S'il est difficile de prévoir l'étourderie d'un soir, la méconnaissance de moyens contraceptifs, de leur efficacité et de leur utilisation ou la difficulté à se les procurer peuvent être corrigées. Ainsi, il conviendrait de remettre les cours sur la sexualité au secondaire. Il faudrait rendre les contraceptifs facilement disponibles à tout le monde: 50 % des avortements sont pratiqués chez les femmes âgées de 20 à 29 ans. Il serait aussi opportun d'encourager l'adoption, plutôt que l'avortement. (À ce sujet, voir - ou revoir - le brillant film Juno.) Soyons reconnaissants au Dr Morgentaler pour son oeuvre humaniste, mais prenons la relève pour diminuer la fréquence des interruptions de grossesse.

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Stéphane Lévesque

Stéphane Lévesque

Enseignant en français au secondaire à L'Assomption

DÉFENSEUR DES DROITS DES FEMMES

Il est certain que le Dr Morgentaler aura marqué son époque par son acharnement et sa détermination à permettre aux femmes d'avoir du contrôle sur leur vie. Grâce à lui, au Canada, on a officialisé le fait que la planification des naissances est, d'abord et avant tout, entre les mains des femmes. Ce n'est pas rien. Son héritage est colossal. Les groupes féministes ont raison de le considérer comme un précurseur et un grand défenseur des droits des femmes. Toutefois, en ce qui me concerne, je considère que son plus grand legs dépasse la lutte des femmes pour avoir droit à l'avortement. Il a adopté une cause et il a mené un combat. Il s'est battu devant les tribunaux, il a fait face à des manifestations et à des attentats, il a été incarcéré et il a assumé. C'était le prix à payer et il l'a payé parce que c'était ce que ça prenait pour faire accepter le concept qu'il cherchait à défendre. Nelson Mandela l'a fait pour mettre fin à l'apartheid en Afrique du Sud. Le Dalaï-Lama s'est exilé pour défendre les droits du peuple tibétain. Ils ont accepté des privations voire des contraintes importantes pour faire valoir leur point de vue. Je crois que Morgentaler fait partie de ce groupe très sélect de personnes qui ont mis leurs idées avant leurs propres intérêts et, à ce titre, il mérite sa place dans l'histoire.

Francine Laplante

Femme d'affaires

LE COURAGE DE SES CONVICTIONS

La première phrase qui me vient à l'esprit lorsque le nom du Dr Morgentaler est mentionné, c'est: avoir le courage de ses convictions! Henry Morgentaler était un homme qui a défendu ardemment ce en quoi il croyait, qui était prêt à sacrifier sa liberté pour ses valeurs et qui est même allé jusqu'à mettre sa propre vie en danger pour sauver celle des femmes vulnérables! On ne peut que louanger son parcours et avoir la plus grande admiration pour le chemin qu'il a fait parcourir à nos mentalités. Je sais qu'il peut paraître paradoxal de dire que sa défense du droit à l'avortement a contribué de façon significative à l'avancement des femmes dans notre société, comme s'il fallait opposer le droit du foetus à celui de la femme de disposer de son corps. Sans avoir peur de monter au front en ralliant à sa cause des dizaines et des dizaines de médecins, seulement ici au Québec, il a su défendre et véhiculer que le choix déchirant qu'est l'avortement ne revient qu'à une seule et unique personne: la femme. Pour moi, il est une source d'inspiration qui vient encore plus renforcer ma conviction personnelle qu'il est primordial d'aller au bout de ses rêves et de défendre ce que l'on croit profondément juste et équitable. Merci à ce grand homme d'avoir incité les femmes à se faire respecter dans ce qu'elles sont, des humains autonomes et libres de leurs choix!

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Yolande Cohen

Yolande Cohen

Historienne à l'UQAM

POURSUIVONS SON OEUVRE

Grand humaniste et défenseur de la cause des femmes, le Dr Morgentaler est une figure phare du féminisme québécois contemporain. C'est d'abord comme médecin qu'il a réalisé l'importance d'aider les femmes qui le désiraient à exercer leur libre choix. Ce n'est pas tant l'hypocrisie environnante que le tabou que représentait l'avortement dans un pays majoritairement catholique qu'il a osé lever. En pratiquant des avortements «illégaux», il a permis à des milliers de femmes de mettre fin à des grossesses non désirées. Cette pratique, qu'il affichait ouvertement au nom de la liberté des femmes de contrôler leur corps, fut toutefois peu soutenue par les féminismes officiels, qui préféraient mettre l'accent sur la contraception et l'éducation des femmes. Tant il est vrai qu'au Québec, on reste bien frileux sur un sujet qui suscite encore des divisions profondes. 

Il nous reste à nous, féministes, de poursuivre son oeuvre et de continuer à défendre le droit inaliénable pour toutes les femmes qui le désirent, ou qui n'ont pas d'autre choix (comme dans les cas de viol), de recourir à l'avortement. Je reste convaincue néanmoins que l'éducation à la sexualité et à la contraception sont les meilleurs moyens de parvenir à diminuer le nombre de grossesses non désirées. Mais n'est-ce pas là rêver d'un monde idéal ?

Jean Gouin... - image 6.0

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Jean Gouin

Jean Gouin

Directeur général de la Fédération des médecins résidents du Québec

IL A CHANGÉ LA DONNE

Pratiquer des avortements dans les années 60, alors que le clergé était présent dans toutes les strates de notre société, incluant notre système d'éducation, demandait une bonne dose de courage. S'afficher publiquement pour faire valoir ses idées relevait davantage de la démence. À cette époque, l'Église, qui régnait en roi et maître, n'hésitait aucunement à brandir le spectre de l'excommunication, si le médecin ne se rangeait pas de son côté. Henry Morgentaler était touché par la souffrance, tant psychologique que physique, de ces femmes qui, pour des raisons qui les concernent, demandaient de se faire avorter. En étalant sa pratique au grand jour, le Dr Morgentaler savait ce qui l'attendait. Ce faisant, il faisait prendre conscience à la société que la femme a des droits et que les décisions personnelles qu'elle prend ne sont pas du ressort de cette société, pourvu que la loi ne soit pas enfreinte. Il est clair que M. Morgentaler a fait avancer la cause des femmes. Mais il est aussi évident que les femmes qui ont subi un avortement à cette époque, ont aussi fait avancer leur cause. La société a évolué depuis, et pourtant le débat entre les pro-vie et les pro-choix fait rage plus que jamais.

Jean Baillargeon

Expert-conseil en communication stratégique et en gestion d'enjeux

UN HUMANISTE VISIONNAIRE

Le Dr Morgentaler a été un humaniste visionnaire qui a eu le courage d'affronter l'hypocrisie de la morale religieuse de l'époque, où les lois interdisaient les avortements. Le témoignage de son avocat Claude-Armand Sheppard à Radio-Canada est assez édifiant à cet égard. Le premier avortement pratiqué par le médecin le fut à la demande d'un prêtre catholique pour le compte d'une jeune fille mineure violée par son père. D'origine modeste, cette jeune fille était l'exception à l'époque, puisque selon Me Sheppard, seule les femmes de milieux bourgeois avaient accès à des avortements dans des conditions hygiéniques et humaines décentes. Depuis cette époque, les femmes québécoises ont mené la bataille au Canada et ont su convaincre les tribunaux de décriminaliser la pratique de l'avortement. Est-ce une victoire strictement féministe sur l'obscurantisme religieux? Je dirais plutôt qu'il s'agit là d'un tournant dans l'histoire du Québec et sa quête d'affirmation d'un humanisme égalitaire entre les droits des hommes et des femmes. Le courage du Dr Morgentaler a permis aux femmes du Québec de se réapproprier leur corps au-delà du dictat d'une certaine morale religieuse autoritaire, en plein déclin en terme de crédibilité et d'humanisme élémentaire.

Jean Bottari... - image 8.0

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Jean Bottari

Jean Bottari

Préposé aux bénéficiaires

PROCÉDURES SÉCURITAIRES

Pour certains, le Dr Morgentaler est un meurtrier. Pour d'autres, dont je suis, Henry Morgentaler est un homme et un médecin qui, par ses convictions et ses procédures d'avortement innovatrices, a sauvé la vie de nombreuses femmes. Avant la bataille juridique et sociétale menée par le Dr Morgentaler afin que toutes les femmes puissent avoir accès à un avortement  sécuritaire, de nombreuses étaient mutilées par des médecins pratiquant les avortements dans la clandestinité. Certaines y ont même trouvé la mort.  Henry Morgentaler aura donc contribué à l'émancipation de la femme québécoise et à la mise en place et à la reconnaissance d'une procédure médicale d'avortement plus respectueuse, plus humaine et plus sécuritaire.

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Commentaires (31)
    • C'est avec grande tristesse que j'ai appris la mort du Dr Henri Morgentaler, un homme que j'ai toujours profondément admiré. Dr Morgentaler a mené un combat acharné toute sa vie pour que les femmes obtiennent le droit d'avorter sans craindre pour leur vie, leur octroyant par le fait même la propriété de leur corps et de leur vie. Il a mené ce combat de façon tout à fait désintéressée n'en ayant jamais retiré aucun bénéfice personnel, bien au contraire. Il s'est attiré les foudres du clergé et des groupes pro-vie qui l'ont vilipendé avec acharnement, attentant même à sa vie! Dr Morgentaler était un homme courageux, altruiste, humble et de la plus grande humanité qui soit. Pour moi, il demeure l'un des hommes, si ce n'est l'homme le plus admirable qui soit.

    • C'est avec grande tristesse que j'ai appris la mort du Dr Henri Morgentaler, un homme que j'ai toujours profondément admiré. Dr Morgentaler a mené un combat acharné toute sa vie pour que les femmes obtiennent le droit d'avorter sans craindre pour leur vie, leur octroyant par le fait même la propriété de leur corps et de leur vie. Il a mené ce combat de façon tout à fait désintéressée n'en ayant jamais retiré aucun bénéfice personnel, bien au contraire. Il s'est attiré les foudres du clergé et des groupes pro-vie qui l'ont vilipendé avec acharnement, attentant même à sa vie! Dr Morgentaler était un homme courageux, altruiste, humble et de la plus grande humanité qui soit. Pour moi, il demeure l'un des hommes, si ce n'est l'homme le plus admirable qui soit.

    • Je ne tiens pas la route, parait-il, en insinuant que 30 millions $ (minimum) pouvaient stimuler « l'humanisme » des individus, surtout ceux pour qui la fin justifie les moyens, alors parlez-en à tous ceux qui ont paradé devant la commission Charbonneau; demandez à l'ancien maire de Laval qui s'est quand même « sacrifié » pour sa ville pendant 20 ans, si sa fin justifiait les moyens!

    • @captrjd :
      Mon commentaire sur dieu a sa place malheureusement, certains l'ayant invoqué. Pour le reste je suis de votre avis, je vois mal quel est votre problème avec mon commentaire. J'avais peut-être lu vite et passé par dessus le vôtre mais c'est tout.

    • Il serait mieux revaloriser l'amour de la famille que l'amour du sexe.
      L'enfant est souvent un empechement a une liberté sexuelle abusive.

    • Je suis souverainiste, je ne m'en cache pas. Pourtant, je ne peux voter pour un parti qui prône une politique de non respect de la vie de ses citoyens, soit par une politique favorable à l'avortement soit par une politique favorable à l'euthanasie. Ce sont là deux positions défendues par le parti Québécois. Ce ne peut être pour nous le pays rêvé. Je me refuse d'être complice d'un tel projet. Je préfère reposer sur mon lit de mort, sans patrie. Cette possibilité m'est moins une horreur que de voir 'mon' parti s'attaquer à la vie de ses citoyens. Un pays n'a de valeur que si tous les hommes, quelque soit leurs conditions, sont respectés par tous. Sinon, je préfère vivre avec mon rêve, un rêve qui s'avère sans issu, plutôt que de voir ce rêve se prolonger dans un cauchemar pour nos concitoyens. A.B.

    • bliyaal:...Tant qu'une divinité n'aura pas été prouvée, il serait mieux de la laisser de côté dans ce débat...
      .... après avoir lu tous les commentaires je n'ai vu personne mentionner qu'avant la légalisation de l'avortement, les femmes le faisaient quand même mais avec des moyens beaucoup plus dangereux pour elles-mêmes.....
      Primo, je ne vois pas ce que votre intervention sur la divinité apporte à ce débat. Celui-ci n'a rien à voir avec les preuves d'une divinité. Ai-je besoin que l'on me prouve que le foetus est l'embryon d'un être humain?
      De plus, je vous enjoin de relire mon intervention du 30 mai. Je crois sincèrement que Morgantaler a permis l'éclatement des abortions illégaux, une pratique d'autant plus dangereuse que non régulée. Mais ses motivations étaient beaucoup plus basé sur la protection clinique de la patiente que de raisons féministes.
      La question repose plutôt sur la primauté des droits individuels, et la protection légale du foetus. Mais quand devrait-on considérer le foetus ainsi que ses droits? Lorsqu'il respire? lorqu'il a un battement de coeur? Lorsqu'il se nourri? Lorsqu'il bouge? Lorsqu'il parle? lorsqu'il sort de l'utérus? De plus, est-ce que le droit de la génitrice est plus important que celui du foetus? Pourquoi? etc. Les médecins prennent souvent la tutelle de patients non-adulte lorsque ceux-ci refusent d'obtempérer à des traitements prescrits. Pourquoi cet acharnement thérapeutique dans un cas mais pas dans l'autre? Quand est-il temps pour le gouvernement de prendre action?

    • Tant qu'une divinité n'aura pas été prouvée, il serait mieux de la laisser de côté dans ce débat.
      Ensuite après avoir lu tous les commentaires je n'ai vu personne mentionner qu'avant la légalisation de l'avortement, les femmes le faisaient quand même mais avec des moyens beaucoup plus dangereux pour elles-mêmes.
      Le fait est que personne ne pourra empêcher qu'il y en ait. En légalisant la pratique, ironiquement, on sauve des vies.

    • Tant qu'une divinité n'aura pas été prouvée, il serait mieux de la laisser de côté dans ce débat.
      Ensuite après avoir lu tous les commentaires je n'ai vu personne mentionner qu'avant la légalisation de l'avortement, les femmes le faisaient quand même mais avec des moyens beaucoup plus dangereux pour elles-mêmes.
      Le fait est que personne ne pourra empêcher qu'il y en ait. En légalisant la pratique, ironiquement, on sauve des vies.

    • Tant qu'une divinité n'aura pas été prouvée, il serait mieux de la laisser de côté dans ce débat.
      Ensuite après avoir lu tous les commentaires je n'ai vu personne mentionner qu'avant la légalisation de l'avortement, les femmes le faisaient quand même mais avec des moyens beaucoup plus dangereux pour elles-mêmes.
      Le fait est que personne ne pourra empêcher qu'il y en ait. En légalisant la pratique, ironiquement, on sauve des vies.

    • je suis peut-être le plus radicale du groupe pour moi quelqu'un qui prone l'avortement comme si on peut aller faire l'épicerie moi j'appelle ca quelqu'un qui est le plus grand assassin de son temps Dieu permet que des femmes ait des enfants tandis que d'autres qui ne peut y avoir droit en veut c'est un être abjecte c'est tous ce que je peux dire aujourd'hui je peux comprendre pourquoi la société a diminué a un rythme effrenné des personnages comme celui ci n'aurais jamais dû apparaître ca ben d'lair aujourd'hui que l'avortement est maintenant un moyen de contraception je trouve ca ben de valeur qu'on valorise les gens qui ont tué pleins de gens en devenir mais c'est mon opinion .

    • Votre explication par l'argent ne tient pas la route de tout son itinéraire puisque à un moment il aurait pu décider de rester au Québec ou il n'était plus poursuivi et ou il aurait fait autant d'argent parce que les clientes devaient être en nombre suffisant pour occuper sa semaine de travail, mais il a décidé de recommencer à risquer les poursuites judiciaires ou même l'assassinat dans les autres provinces.
      En plus, connaissez-vous quelqu'un qui agit seulement pour lui-même pendant des décennies, c'est impossible. C'était la cause de sa vie. Si l'argent avait tellement compté il se serait épargné des frais d'avocats en pratiquement une médecine plus tranquille. Non moi je n'aime pas les médecins mais là, vous allez trop loin.

    • Une fin qui justifie les moyens et qui rapporte gros$$
      Ce qui me surprend en premier c'est la fortune qu'il a fait à faire ces avortements en série : 100,000 fois 200 à 300$ la pièce, c'est de quoi stimuler « l'humaniste » qui dort en soi...et en plus, la fin justifiait les moyens, quitte à défier les lois; voilà une morale des plus démocratiques, d'autant plus que les politiciens, intellectuels et gens des médias qui ont vanté son courage à défier la loi condamnaient il n'y a pas si longtemps les étudiants qui défiaient eux-aussi les lois pour se faire entendre dans leurs revendications.

    • @cgm48 "Que savez-vous des motivations de celles (et de ceux, car souvent, ces décisions se prennent en couple) qui ont recours à l'interruption volontaire de grossesse?"
      Est-il nécessaire de connaître la motivation de quiconque, sur tout geste posé, pour avoir une opinion sur le sujet? Je crois aussi que la bêtise des uns ne justifie pas la bêtise des autres. Personnellement, je suis très favorable à la contraception. Celle-ci est à l'opposé de l'avortement que L'ÉDUCATION SEXUELLE devrait prémunir. Quelle éducation sexuelle donne t-on à nos jeunes? J'ai déjà eu connaissance d'un cours d'éducation sexuelle où le jeune était plus informé des anomalies dans la pratique de la sexualité (tels que la bestialité... etc) que de la procréation et de la contraception. Combien de parents ne connaissent pas la différence entre porno et éducation sexuelle?
      Ce sujet de réflexion n'est pas offert par kit tout inclus: kit a) les niaiseries avec la croyance que NUL NE POSSÈDE LA VIE ou kit b) le bon jugement, la parfaite connaissance et le sens des responsabilité pour ceux qui croient que quand c'est embarrassant de porter un foetus, on s'en débarrasse.
      Pour ce qui est de votre PROFONDE conclusion: "... que tous envoient paître leurs bergers, ces pseudos-guides spirituels auto proclamés, ... " je dirais que tous, au lieu d'être à la solde d'une mode, ( c'est loin du mouton ) éveillent leur propre conscience et leur sens des responsabilités afin de prendre des décisions qui seront en parfait accord avec leur dignité.

    • @L.Moga
      « La justification de l'avortement est qu'un foetus n'est pas un humain tant qu'il est dans l'utérus et qu'il compromet la mère pour X raisons. »
      Que savez-vous des motivations de celles (et de ceux, car souvent, ces décisions se prennent en couple) qui ont recours à l'interruption volontaire de grossesse?
      Parfois le mieux est l'ennemi du bien. Pousser un principe à l'extrême d'une façon dogmatique entraîne souvent des conséquences néfastes.
      Condamner l'usage du condom selon le principe que toute relation sexuelle doit avoir un but de procréation entraîne la naissance de bébés séropositifs dans plusieurs pays.
      Ailleurs, on excommunie des médecins qui tentent d'aider des mineures victimes d'incestes et on accorde avec miséricorde le pardon à leurs abuseurs.
      Vivement que tous envoient paître leurs bergers, ces pseudos-guides spirituels autoproclamés, et agissent selon leur propre conscience et leur gros bon sens. Le monde ne s'en portera que mieux.
      Charles-Gilles Massé

    • On se scandalise maintenant qu'il y ait plus d'embryons de sexe féminin que d'embryons de sexe masculin qui se font avorter, mais c'est une conséquence logique du raisonnement selon lequel un enfant qui coûte trop cher ne mérite pas de vivre.

    • "L'avortement est devenu une pratique banale. Un droit absolu des femmes, fin de la discussion. Les droits du foetus ? Ils n'existent pas."
      Peut-être en effet est-ce que collectivement on s'est trompé quand on a pris ce chemin. Sur quel base on pourrait en juger ? Sur la base d'une comparaison entre le bonheur national brut de l'époque et celui de maintenant sur ces questions de couples et d'enfants.
      Ce serait utile pour commencer de définir un peu le bonheur. disons que le bonheur c'est la conscience qu'un individu a d'être uni avec quelque chose d'incommensurablement bien (peut-être quelqu'un a-t-il déjà dit ça, je ne me souviens plus...)
      Déjà si votre conjointe ne sait pas si elle doit garder un enfant ou se faire avorter, c'est mal parti en terme de bonheur pour vous (n'importe qui du sexe masculin...), elle a peu de morale parce qu'on a dit que la morale était la capacité de faire un choix. Ne pas avoir de morale n'étant pas un bien incommensurable donc... vous êtes malheureux.
      Bon il doit me manquer 2 ou 3 embranchements parce que le chemin a l'air trop simple et trop accusateur. Mais entk, avant de devoir se mettre, comme les femmes anciennement des costumes avec des plumes au chapeau ou ailleurs pour rehausser notre valeur, il faut bien rejeter le blâme de notre déchéance masculine sur quelqu'un d'autre, alors les choix passés qu'ont fait les femmes concernant leur corps sont tout désignés pour ça. J'en suis déjà à mon troisième morceau de robot.
      Dans mon petit délire ici je ne vise évidemment personne en particulier, ni les femmes en général même si ça a l'air de ça, je m'interroge d'une façon spontanée sur le sujet proposé.
      J'étais un grand admirateur de l'émission "Papa a raison" et ça me paraissait à l'époque un bien enviable que cette famille heureuse. Les hasards de la vie n'ont pas fait que j'ai réalisé ça et je crois que même cet idéal est devenu ringard dans la société actuelle ou le mariage c'est aussi entre deux hommes ou deux femmes.

    • L'avortement est devenu une pratique banale. Un droit absolu des femmes, fin de la discussion. Les droits du f?tus ? Ils n'existent pas. Pourtant ce qui grandit dans le corps de la femme n'est pas une masse cancéreuse ou un kyste dangereux. Être enceinte n'est pas une maladie. Un avortement c'est tuer un enfant en train de grandir. Je ne vois là aucun progrès mais un retour à l'antiquité romaine où le père de familles avait droit de vie et de mort sur sa progéniture. C'est maintenant la mère qui a ce droit.

    • @cgm48 "Jamais je n'aurais imaginé que l'on puisse mettre sur le même pied Morgentaler et ceux qui ont exterminé sa famille dans les camps de concentration."
      Pourtant, il n'y a que les circonstances, la justification ou le lieu d'existence qui changent. La justification de l'avortement est qu'un foetus n'est pas un humain tant qu'il est dans l'utérus et qu'il compromet la mère pour X raisons. Ceux qui ont réalisé l' élimination de 100 000 êtres et plus n'ont certains pas pensé détruire des êtres humains comme eux pour passer aux actes. Ils ont pensé sauver leur culture, leur ethnie, leur peau, leur religion, leur liberté... en se débarrassant de qui y faisait potentiellement ou réellement obstacle. Sauf que ce raisonnement n'est pas accepté par certains qui interprètent l'histoire autres que les acteurs concernés... sinon , qui jugerait négativement ces événements après coup? Toute vie a une valeur intrinsèque et nous ne la possédons pas. Mais cette pensée personnelle n'est pas une condamnation, je pense autrement que vous: j'ai un préjugé favorable à la VIE.

    • "..comme s'il fallait opposer le droit du foetus à celui de la femme de disposer de son corps."
      Je voudrais revenir un peu sur ce qui m'avait surpris en lisant les textes plus haut. En m'aidant de la définition du mot "morale", j'apprends qu'il y a deux sortes de morale en fait, une morale objectiviste et une relativiste. C'est ça que j'essayais de démêler pour moi même dans mon premier texte. Mais rendu là, une morale relativiste n'aide pas du tout à faire des choix éclairés je trouve. C'est comme si cette morale relative aux conditions extérieures disait aux hommes: "comme tu es un homme, la seule chose qui importe c'est de semer tes gènes dans le plus de femmes possibles pour te reproduire" et aux femmes "Mais qu'est-ce que tu fais, tu n'as pas trouver aujourd'hui un superbe représentant de mâle pour te féconder !?"
      Reste donc cette morale objective, dont tout le monde a peur et rejette intensément pour soi mais applique et tartine largement aux autres si facilement et rapidement.
      D'après la logique et pour revenir à la phrase citée, bien sûr que le droit du foetus est opposé au droit de la femme de disposer de son corps et comme ce sont les femmes qui se débattent avec la question et les jugements depuis toujours, je ne vois pas de raisons objectives de m'en faire avec la morale objective, car elle ne me condamnera jamais pour m'être fait avorté ! Et un morceau de robot pour moi... Quoique avec les nouvelles lois sur l'homosexualité en France, les mères porteuses et tout, et l'avancement de la science on ne peut jurer de rien.
      Peut-être qu'un gay pourra un jour tomber enceint de son petit ami !? Pourquoi pas ? Déjà avec ma bedaine j'ai l'air enceint mais je ne suis même pas gay et je mourrai avant que la science se rende là. Donc un deuxième morceau de robot pour moi.
      Le monde se complexifie sérieusement et la morale aussi on dirait.
      "J'ai souvent pensé que la moralité consiste essentiellement en le courage de faire un choix."
      Léon Blum - 1872-1950

    • @cybbrotr
      Merci d'illustrer les incroyables capacités de l'esprit humain. Jamais je n'aurais imaginé que l'on puisse mettre sur le même pied Morgentaler et ceux qui ont exterminé sa famille dans les camps de concentration.
      Et nous sommes en 2013. Cela nous donne une meilleure idée des défis relevés par Morgantaler dans les années 70 et nous permet d'apprécier encore davantage l'héroïsme de son ?uvre.
      Charles-Gilles Massé

    • Dépouiller certains êtres humains de leur dignité d'être humain, les considérer comme des sous-hommes, a toujours été le modus operandi des tortionnaires pour se justifier dans leurs actes barbares. Ainsi a procédé Hitler envers les Juifs, les esclavagistes envers les noirs, et Morgentaler envers les enfants dans le ventre de leurs mères.
      Une société civilisée se devrais de protéger les plus faibles, les ''sans-voix''...
      Notre société hypocrite renie aux bébés leurs droits les plus fondamentaux en leur enlevant leur droits à la vie.
      Non seulement on tolère ce génocide, mais on en encense l'instigateur.
      Puisse Dieu nous pardonner ce crime contre l'humanité.

    • @cgm48 "D'abord, n'est-il pas téméraire d'attribuer à l'incapacité pour l'autre de ?saisir', nos divergences de point de vue?"
      L'avortement dans le présent contexte était en relation avec le Dr Morgentaler où la spontanéité du phénomène n'avait rien à faire.

    • @L.Moga
      D'abord, n'est-il pas téméraire d'attribuer à l'incapacité pour l'autre de ?saisir', nos divergences de point de vue?
      Je vous souligne que beaucoup d'avortement se produisent naturellement. C'est ce qu'on appelle des ?fausses-couches'. Lorsque la nature ?décide' qu'il n'est pas sage de laisser un embryon devenir un être humain.
      Lorsque l'avortement est décidé par une femme porteuse d'un embryon ou d'un f?tus, il doit s'agir d'un choix déchirant et non d'une décision prise ?librement' ou banalement.
      Je ne partage aucunement vos craintes de la banalisation de la Vie. L'instinct de survie de l'individu et de l'espèce est beaucoup plus fort que ça. Plusieurs subissent des traitements de fertilité ou remuent mers et mondes pour adopter des enfants du bout du monde.
      Il faut faire confiance à la Vie.
      Charles-Gilles Massé

    • @cgm48 "La plupart des animaux ont cette sagesse. Lorsque les circonstances ne sont pas favorables, ils ne se reproduisent pas."
      Entre avorter et "ne pas se reproduire lorsque les circonstances ne sont pas favorables", il y a toute une différence que vous ne semblez pas saisir: avorter, c'est disposer librement d'une vie qui n'est pas la sienne. Pour ma part, je crains qu'un jour "TOUTE VIE" devienne une BANALITÉ que les circonstances non favorables justifieraient d'abréger.

    • D'un côté, on ne peut qu'honorer le Dr Morgentaler pour avoir eu le courage de ses convictions. En s'attaquant à des lois vétustes, il a su assurer que l'avortement devienne une pratique sécuritaire, basée avant tout sur des standards cliniques, au lieu de standards moraux. Mais de là à en faire un héros de la lutte de l'égalité entre les sexes, il ne faut pas charrier, et surtout il n'y a rien à pavoiser.

      Morgentaler un visionnaire? Non. La sécurité des patients est un devoir des praticiens.Et il y a encore énormément de travail au niveau éducation et sociétal à faire. Je me joins à l'opinion du Dr Havrankova là-dessus.
      Un Héros? Non plus. Si avoir le courage de ses convictions fait d'un individu un héros; il y a un paquet de terroristes qui pourrait porter ce titre......Mais on fabrique ses héros afin de passer des messages, et quelques fois afin d'obnubiler les consciences.....
      Un médecin humaniste, dédié à ses convictions, à la sécurité des patients et à l'action sociale? Oui. C'est par ailleurs ceci qui devrait être honoré. Pas un soit disant combat féministe.
      Une image galvaudée et mal-appropriée par les groupes de pressions? Malheureusement, oui, et des deux côtés. Malheureusement, on utilise trop souvent ces images pour détourner l'attention des vrai questions.
      Je crois que son implication, avant tout d'intérêt clinique, a été galvaudé à des fins politiques. C'était, et cela sera toujours, un non-sens que de rendre l'accès à l'avortement si difficile que les femmes décideraient d'utiliser des pratiquants illégaux.
      Cela ne veut pas dire que la société doit à tout jamais fermer les livres sur les droits des foetus. Cela est un débat qui va beaucoup plus loin que le droit à l'égalité ou encore le droit à des interventions chirurgicales sécuritaires, et ce n'est pas en béatifiant le Dr Morgentaler que nous répondrons à celui-ci.

      R Deschambault

    • À mon avis, le Dr Morgentaler est un héros. Cet homme a eu le courage d'affronter ses détracteurs, de défier les lois du temps au risque de finir ses jours en prison pour faire ce que lui, en son âme et conscience, croyait juste au lieu de se soumettre à la volonté des gens qui, parce que plus nombreux, croient avoir le droit d'imposer leur morale à tous.
      Ce n'est pas de gaieté de c?ur qu'il mettait fin à toutes ses grossesses non désirées. Ce n'est probablement pas, non plus, parce qu'il croyait que les femmes avaient le droit de ?disposer librement de leur corps'. C'est plutôt parce qu'il était persuadé que chaque être humain a le droit le plus absolu de naître d'une mère qui le désire et qui se sent prête à l'accueillir et à lui prodiguer tout l'Amour nécessaire à son développement harmonieux.
      La plupart des animaux ont cette sagesse. Lorsque les circonstances ne sont pas favorables, ils ne se reproduisent pas. Dans bien des sociétés d'humains coupés de leurs sentiments, souvent sous l'influence de leaders religieux insensés on décide qu'il faille rendre à terme toutes les grossesses, même si les conditions ne sont pas propices, même si ces grossesses ont été engendrées dans des conditions abominables comme des viols.
      On invoque outrancièrement le ?droits du f?tus' à naître. Mais pour qui se prend-t-on pour parler ainsi universellement au nom du f?tus? Si les f?tus pouvaient comprendre et s'exprimer, est-il permis de penser que la plupart aimeraient mieux passer leur tour et attendre que de meilleures circonstances accompagnent leur début dans la vie?
      Et à défaut de faire parler les f?tus, pourrait s'entendre pour laisser chaque individu répondre à cette lourde et troublante question en fonction de ses convictions intimes et personnelles au lieu de tenter d'imposer sa morale aux autres?
      Je crois que telle était la mission du Dr Morgentaler il a eu le courage d'agir et a ainsi fait évoluer la Société.
      Charles-Gilles Massé

    • !00 000 êtres dont Morgentaler a suspendu la vie depuis 1968. J'ai écouté le témoignage d'une rescapée de l'avortement que le médecin n'a pas eu le courage d'achever, car c'est ainsi que l'on procède quand les solutions salines n'ont pas été efficaces et que le foetus manifeste des signes de vie après avoir été délogé de l'utérus. Il n'y a pas de quoi pavoiser comme humain!

    • suite à mon commentaire: il me semble que le droit à la vie est un droit garanti par la Charte canadienne des droits et libertés (art.7). Je pense qu'il est grand temps de penser aussi aux droits du f?tus, à moins de considérer ce petit de l'Homme comme quantité ou sujet négligeable. Nous vivons vraiment dans une société où la contradiction et la confusion règnent. C'est ainsi!
      Michel Lebel

    • Les droits des femmes: oui! Mais les droit des f?tus? À ce que je sache, tous les humains ont d'abord été des f?tus. Il faudrait penser à les protéger, non! Au Canada, ils n'ont aucune protection, peu importe le stade de leur développement. Il mesemble

    • "On ne peut que louanger son parcours et avoir la plus grande admiration pour le chemin qu'il a fait parcourir à nos mentalités.Je sais qu'il peut paraître paradoxal de dire que sa défense du droit à l'avortement a contribué de façon significative à l'avancement des femmes dans notre société, comme s'il fallait opposer le droit du foetus à celui de la femme de disposer de son corps."
      Francine Laplante

      Oui je trouve aussi qu'il y a quelque chose de paradoxale dans cette avancée des femmes. Il subsiste une morale qui est nécessairement par essence quelque chose d'absolu et d'objectif.
      On ne peut pas avoir de morale si on a pas une certaine hiérarchie de ce qui est bien et de qui est mal. On va lire par exemple ici et là que "certaines femmes" se servent de l'avortement comme moyen de contraception, voulant dire que c'est plutôt mal de faire ça. On ne se débarrasse jamais totalement de la morale donc, c'est innée semble-t-il.
      Pourtant on a l'intuition que Morgentaler a cherché à appliquer, non pas son bien à lui, mais ce qu'il considérait comme le bien de tous, une morale vraie, parce qu'on ne peut pas expliquer autrement son histoire et son acharnement pour ce combat.
      En résumé, Morgentaler semble hautement moral dans son action mais le résultat de son action pose encore question sur ce plan de la morale,,, c'est mêlant. Toutefois la morale c'est fait pour les êtres humains et personne ne parle de retirer ce "droit" aux femmes de disposer de leur corps.

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