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Aide médicale à mourir: d'accord avec les recommandations?

Un rapport cautionnant l'aide médicale pour mourir est... (Photo: Shaun Best, archives Reuters)

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Un rapport cautionnant l'aide médicale pour mourir est attendu au cours des prochaines semaines par le gouvernement.

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La Presse

Les patients consentants pourront recourir à l'aide médicale à mourir en demandant l'interruption des soins lorsqu'ils sont en fin de vie, quand la mort est imminente, qu'ils sont atteints d'une maladie incurable et en proie à des souffrances psychologiques et physiques insurmontables. Êtes-vous d'accord avec les recommandations du comité sur la mise en oeuvre du rapport Mourir dans la dignité, qui a aussi fermé la porte au suicide assisté?

Francine Laplante

Femme d'affaires

UN CHOIX PERSONNEL

Accorder à une personne en fin de vie le droit de recourir à une aide médicale pour mourir n'est en fait que la reconnaissance et le respect des droits de l'homme dans le sens le plus noble du terme. Qui sommes-nous, en tant que société, pour évaluer l'ampleur des souffrances morales et physiques de quelqu'un d'autre? Qui sommes-nous pour juger si une douleur est devenue insupportable? Chaque être humain est différent, chacun a son propre niveau de tolérance. Je persiste à croire que l'on ne peut juger adéquatement d'une situation aussi délicate tant et aussi longtemps que nous n'y sommes pas nous-mêmes confrontés. En fait, il faut être un peu naïf pour penser qu'une telle pratique n'est pas déjà monnaie courante. Quiconque a connu l'agonie d'un proche a probablement au moins entendu dire qu'un cocktail lui permettrait de partir doucement et sereinement... La différence, c'est que maintenant, les vrais mots seront utilisés et ne seront plus tabous ni illégaux. Je pense que le travail et les recommandations du comité viennent d'abord et avant tout reconnaître l'importance des soins palliatifs, tout autant que l'urgence de parler franchement du vécu souvent cruel, de la mort comme d'une réalité, de notre propre mort même, avec autant de transparence et de sérénité que lorsque nous parlons de la vie! J'aimerais que le débat se poursuive et qu'il aille encore plus loin, jusqu'à ce que nous soyons en mesure de respecter le choix personnel de tous les individus.

Nestor Turcotte

Retraité de l'enseignement collégial

LES MAUVAIS MOTS

Le «suicide assisté» n'est pas un suicide. Ce qu'on appelle faussement un suicide est en réalité un homicide. Quelqu'un tue quelqu'un en lui disant qu'il l'aide à se tuer. C'est ridicule de dire qu'on l'assiste. On se tue soi-même ou on est tué par un autre. Dans le premier cas, il s'agit d'un suicide; dans le deuxième cas, il s'agit d'un homicide. A-t-on le droit de tuer quelqu'un en lui disant qu'on l'aide à mettre fin à ses jours?

«Mourir dans la dignité» est une autre expression ambiguë. Est-ce à dire que ceux qui acceptent de mourir d'une façon naturelle, sans l'aide de quoi que ce soit ou de qui que ce soit, ne meurent pas dans la dignité? La mort est une réalité naturelle. Elle vient en son temps, lorsque le corps se désagrège rapidement. La plupart des gens meurent sur cette planète de façon naturelle et ils meurent dignement puisque c'est la condition humaine de mourir, après un certain nombre d'années passées sur cette terre. Le pape Pie XII avait pourtant déclaré qu'il est licite de supprimer la douleur au moyen de narcotiques, même si cela a pour effet d'amoindrir la conscience et d'abréger la vie. Dans ce cas, la mort n'est pas voulue ou recherchée. On veut simplement atténuer la douleur de manière efficace en recourant aux analgésiques dont la médecine permet de disposer. En morale, on appelle cela un acte indirect. On pose un geste (ici, donner des calmants) dont le but direct est d'atténuer la souffrance, en sachant bien (indirectement) que cela va accélérer la fin de vie terrestre. Cette position est logique et met fin au débat !

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Paul-Daniel Muller

Paul Daniel Muller 

Économiste

À LA DISCRÉTION DU MALADE

La valeur fondamentale qui me guide ici, c'est la souveraineté de l'individu sur sa propre vie.  De cette valeur découle le droit de refuser ou d'interrompre des soins, pas quand des médecins le jugent justifié, mais bien quand le malade n'en peut plus, à sa seule discrétion. Pour la même raison, je souhaite que le suicide assisté soit légalisé. Bien sûr, la volonté de l'individu doit être clairement exprimée et authentifiée. Par ailleurs,  les malades et les mourants ne sont pas une sorte de clientèle captive du système de santé et des prestataires de soins. Les soins palliatifs et de fin de vie, c'est très bien, mais leur existence et leur valeur ne doit pas venir restreindre le droit des individus de choisir d'abréger leur souffrance. J'aperçois, derrière le discours humaniste bien-pensant de certains représentants du milieu des soins palliatifs et de fin de vie qui s'opposent au suicide assisté, un aspect intéressé qui me révolte.

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Louis Bernard

Louis Bernard 

Consultant et ancien haut fonctionnaire au gouvernement du Québec

POURQUOI DÉFENDRE L'AIDE AU SUICIDE SI LE SUICIDE EST PERMIS ?

La mort est un phénomène naturel et inéluctable. Elle est souvent précédée d'une période de dégénérescence et de maladie qui provoque des souffrances physiques et psychologiques extrêmement pénibles. D'où la question de déterminer si cette période peut être abrégée. Elle peut l'être par la personne concernée agissant seule, sans l'aide de personne: dans notre droit, le suicide n'est pas prohibé. Peut-elle l'être avec l'aide d'autrui? C'est la question qui se pose aujourd'hui. Pourquoi pas? Pourvu que cette aide soit encadrée de façon à s'assurer que le désir de mourir est volontaire et libre, et qu'il est justifié par la mort prochaine, cette intervention ne fait que hâter le cours normal des choses. Si on en croit les travaux de la commission parlementaire qui a étudié cette question l'an dernier, il semble bien que notre société soit prête à accepter cette façon de faire. Elle le sera probablement encore davantage si le projet de loi qui sera présenté est étudié en prenant tout le temps nécessaire pour en discuter le pour et le contre. Le véritable débat viendra, cependant, lorsqu'il faudra discuter du cas où la personne concernée, bien que souffrante et en phase terminale, n'est plus en état d'exprimer une volonté libre et éclairée. Mais c'est un autre débat.

Gaëtan Lafrance

Professeur honoraire à l'INRS-EMT

UNE QUESTION DE BIENSÉANCE

Disserter sur l'imminence de sa fin, c'est que la fin n'approche pas encore (Daniel Pennac). Comme on ne deviendra un expert que le jour où on ne pourra plus en parler, je peux donc en discourir avec vous tous. Quand mon corps et moi vivrons la fin de notre bail en colocataires indifférents (encore Pennac), quand ni l'un ni l'autre ne voudra plus de l'autre, il sera temps de prendre une décision. Quand le propriétaire de la maison juge que plus aucune rénovation n'est possible, il est temps de la démolir. Avant de fausser compagnie à notre corps, aussi bien le faire dans les règles de la bienséance. Opinion du moment bien sûr. Bref, le rapport Mourir dans la dignité me semble une avancée considérable dans notre réflexion sur le sujet. Mais il faudra aller plus loin, si ce n'est que pour les rares personnes qui décident de mourir avec toute leur tête.

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Raymond Gravel

Raymond Gravel 

Prêtre dans le diocèse de Joliette.

VIVRE ET MOURIR DANS LA DIGNITÉ

Avant de mourir dans la dignité, il faut aussi vivre dans la dignité. C'est pourquoi je crois sincèrement que ce rapport est nuancé. Tout en permettant de manière restreinte le droit de mourir aux malades en fin de vie dont les souffrances sont intolérables, ce rapport met l'accent sur l'amélioration des soins palliatifs au Québec. Tout le monde sait que lorsque les gens ont accès aux soins palliatifs, ils ne demandent pas à mourir. Au fond, les personnes malades ne veulent pas nécessairement mourir, mais elles ne veulent pas souffrir. La question que la Commission s'est posée est la suivante : les soins palliatifs peuvent-ils apporter une réponse à toutes les fins de vie difficiles? Comme croyant, comme chrétien, je veux travailler à la promotion de la vie parce que la vie ne m'appartient pas. Elle est un don, un cadeau qu'il me faut protéger et respecter. Par ailleurs, je sais également que certaines personnes dont la souffrance est intolérable et inacceptable, malgré tous les soins appropriés, demandent d'en finir avec leur vie devenue insupportable. À ce moment-là, j'aime me souvenir de ce que disait Doris Lussier dans une lettre à La Presse du 30 octobre 1993 : « Comme saint François d'Assise, la mort, je l'appelle : ma petite soeur. Je l'ai apprivoisée; j'ai même appris à l'aimer. Car je sais qu'un jour, c'est elle qui va me délivrer, quand mon mal de vivre sera plus grand que ma capacité de l'endurer ». Peut-on l'apprivoiser jusqu'à la provoquer? La réponse nous appartient!

Stéphane Lévesque

Enseignant en français au secondaire à L'Assomption

PLUS EMPATHIQUES ENVERS NOS ANIMAUX

Quand on s'attarde à toutes les conditions qui doivent être réunies pour que quelqu'un puisse se prévaloir de ce « nouveau droit », je trouve que la fenêtre est vraiment mince. 1) Il faut être en fin de vie. 2) La mort doit être imminente. 3) Il faut être atteint d'une maladie incurable. 4) Il faut (énormément) souffrir psychologiquement. 5) Il faut (énormément) souffrir physiquement. Si jamais quelqu'un parvient à réunir toutes ces conditions, il n'aura le droit que de demander l'arrêt des soins. On ne l'aidera pas à abréger ses souffrances (qui devront être prouvées intolérables et insurmontables, ce qui n'est pas chose faite...).  Je trouve que nous sommes plus empathiques envers nos animaux qu'envers nos semblables. Quand notre golden retriever a les hanches en bouillie, par compassion, on l'amène chez le vétérinaire pour la dernière fois. Il souffre et, puisqu'on l'aime, on lui doit de bien l'accompagner dans la mort, histoire de lui éviter une vie misérable. Même pour ceux qui restent, c'est cruel. À moins de satisfaire clairement - les avocats s'en assureront - aux cinq conditions, les proches survivant devront s'imbiber de ces images de souffrance et ce sera le souvenir qui les habitera, bien malgré eux.

Jean Bottari  

Préposé aux bénéficiaires

CADRE LÉGAL NÉCESSAIRE

Mon employeur, l'hôpital Marie-Clarac, est en train de construire une centre de soins palliatifs qui comptera 18 lits pour les patients en fin de vie. Il y a d'ailleurs un besoin criant de ces lits. Il en manque 700 uniquement dans la grande région de Montréal. Notre réseau de santé est conçu pour atténuer les souffrances et le professionnel de la santé n'est pas, pour l'instant, autorisé à aider son patient à mettre fin à ses jours, peu importe son niveau de douleur morale et physique. En ce qui me concerne, et c'est le cas pour la grande majorité des personnes que je côtoie qui oeuvrent en santé, la possibilité de choisir soi-même me semble humaine et plus qu'adéquate. Je suis en accord avec Me Jean-Pierre Ménard, président du comité mis sur pied par le gouvernement, qui dit : «On pense qu'au niveau de la loi, on devrait privilégier le plus possible le droit des citoyens d'assurer la dignité de leur fin de vie.» Il s'agit maintenant d'encadrer le tout légalement de façon à ce qu'il ne puisse y avoir d'abus, tel qu'une personne suicidaire qui aurait recours au réseau de la santé pour l'aider à abréger ses jours.

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Jean Baillargeon

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Jean Baillargeon

Expert-conseil en communication stratégique et en gestion d'enjeux

UN CORPS MALADE EST UN ÊTRE HUMAIN QUI SOUFFRE

Je suis tout à fait d'accord avec les recommandations portant sur la mise en oeuvre du rapport Mourir dans la dignité. Un corps malade est avant tout un être humain qui souffre. Le comité Ménard a proposé une démarche évolutive en suggérant de circonscrire nommément certaines maladies incurables accompagnées d'une procédure de contrôle rigoureuse. Ayant eu un frère atteint de la sclérose latérale amyotrophique, communément appelée la maladie de Lou Gehrig, je peux témoigner que celui-ci ne désirait pas mettre fin à ses jours parce qu'il était bien entouré de ses amis, de ses ex-collègues de travail et de sa famille. Il a d'ailleurs écrit quatre livres de poèmes pendant ses quatre années où sa maladie incurable l'emmurait vivant. Jacques, mon frère, était un humaniste respectueux du corps humain atteint par la maladie, étant éducateur spécialisé en déficience profonde. Il était par ailleurs favorable au suicide assisté et approuvait à l'époque la démarche de Sue Rodriguez, cette Canadienne qui a déclenché ce mouvement, qui était atteinte de la même maladie que lui et qui réclamait le droit de mourir dans la dignité. Prochain débat moral sur le même sujet: pourquoi l'État traite-t-il les corps non réclamés comme de vulgaires sacs de déchets sans égards à l'être humain et au citoyen?

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Commentaires (22)
    • Bonjour.
      J'ai beau être athée et avoir même une dent contre l'Église, je considère le texte de M. l'abbé Gravel fort descripteur de la réalité. Il n'impose rien, observe et laisse choisir...
      Beau mélange d'humanité et de foi.
      J'imagine mes dernières heures que nous aurions convenu d'abréger. Ma soeur m'a supplié, du regard. Elle mérite bien cette faveur... j'acquiesse. Alors elle va me chercher l'abbé Gravel. Je l'entends mais ne l'écoute pas. Bien sûr que ma soeur pleure de bonheur. Elle est certaine que...
      L'abbé m'oint le front. La tendre malice de son sourire n'a d'égal que celle du mien...

    • Voyez vous-mêmes dans ce journal du CSSS d'Ahuntsic et Montréal-Nord Volume 6, numéro 6 de décembre 2011 à la page 5. http://www.csssamn.ca/fileadmin/csss_amn/Publications/Le_Cercle/Pdf/Vol6/Cercle_decembre_2011.pdf ou http://www.csssamn.ca/publications/journal-le-cercle/ la Dre Johanne Garceau invite même les parents à aller discuter avec elle des options qui s'offrent pour mettre fin à la vie. Soit pour orienter les patients ou les proches dans leur décision.
      Les niveaux d'intensité de soins sont au nombre de quatre en général. Et la veille du décès de ma mère les médecins l'ont littéralement harcelée ainsi que la famille pour faire réduire le niveau d'intensité des soins. Ils sont même allés jusqu'à offrir des services médicaux qu'ils ne pouvaient donner pour ne pas qu'elle demande à être transférée vers un autre centre hospitalier capable de les offrir.
      Désolé, mais ceux qui croient qu'il faut déléguer tout au personnel infirmier en présumant qu'ils feront pour le mieux se trompent lourdement. Pas que dans le réseau il n'existe pas de ces gens-là, mais présumer qu'ils feront tous pour le mieux est extrêmement naïf. Et il n'existe aucune forme de contrôle et de vérification possible.

    • @L.Moga,
      j'ai aussi quelqu'un de mon entourage qui était aux soins intensifs il y a quelques semaines à peine et où encore une fois les médecins ont consulté la famille en choisissant bien les termes pour avoir un impact psychologique sur eux.
      Il est d'abord complètement illégal de demander l'avis de la famille, surtout qu'ici nous parlons de ses frères et soeurs, au lieu de celle du patient. Et si le patient est inapte, il doit être déclaré comme tel. Rien de tout ça, le personnel médical ignore allégrement et impunément la loi de la Santé.
      Ensuite, le discours tenu prend bien soin de dépeindre les gens qui ne voudraient pas laisser mourir leur proche comme des sans coeurs qui sont insensibles à la souffrance des autres ou bien des intégristes religieux. Il y a un vent présentement de manipulation psychologique de la population qui souffle pour enfoncer ce projet-là dans la gorge de la population. L'Etat n'est pas impartial là-dedans, les enjeux financiers sont importants.
      Donc, dans cette ligne-là, le personnel médical parle rapidement d'acharnement thérapeutique. Bien, aujourd'hui, cette personne de mon entourage est bien vivante, en rémission et a toujours toute sa tête.
      Alors, quand la commission tient le discours des règles strictes à observer, c'est du maquillage. Aujourd'hui même en toute illégalité le personnel médical et soignant ne s'encombrent pas outre mesure des règles, pourquoi le feraient-ils après cette loi? C'est une illusion qu'on nous vend.

    • @ dcsavard Je connais un cas semblable. Combien de fois, tel scénario s'est reproduit dans les annales médicales alors que de donner la mort s'appelait encore un meurtre? Une loi pour rendre la chose plus facile nous rendrait-elle collectivement de plus "dignes" humains respectueux de l'être fragile qui est à notre merci?

    • Pas un mot. Pas une seule fois je ne l'ai lu. Personne ne le signale. Pourtant c'est le vrai intervenant dans ce débat.
      Le courage. Difficile de le mesurer, mais c'est au tour de lui que tout se joue. Je n'ai pas le courage de voir souffir mon père et je voudrais qu'il parte.
      Ou le contraire. Je n'ai pas le courage de voir partir mon père et je voudrais qu'il reste et souffre.
      De l'autre côté, celui qui est le plus important, il y a le courage du malade. Certains en ont à revendre. Par contre, pour d'autres, la vie leur a tout siphonné. Rien, il n'en reste plus et des tourments irréversibles s'acharnent sur eux, oui, irréversibles et croissants. Le courage leur a fait faux bond. L'espoir, bien sûr, est disparu lui aussi. C'est ici qu'intervient la recherche d'une solution où se heurtent abondance et carence de courage.

      Maintenant mêlez-y vos lois, vos morales, vos cultures et surtout ne pas oublier vos ''oui mais moi''....et vous êtes prêts à essayer de trouver un compromis pour ce problème.

    • Ma mère avait écrit un mandat d'inaptitude, j'étais le mandataire et dans son mandat, elle écrit spécifiquement qu'elle ne veut pas qu'aucun moyen ne soit employé pour abréger ses jours.
      Ma mère était dans un CHSLD, elle devient malade et est sous traitement. Les médecins nous réunissent pour que nous prenions une décision concernant notre mère. Première chose, ma mère est complètement sourde. Deuxième chose, elle a toute se tête. Troisième chose, selon la loi de la Santé, c'est à elle de décider, pas à ses enfants. Le médecins font pression sur nous pour que nous décidions de la faire mourir. Le médecin avait même déjà ordonné le protocole médical avant même de nous rencontrer. C'est dans le dossier médical. Je lui dit que ce n'est pas à nous de décider.
      Le lendemain, le médecin prétend avoir rencontré seul ma mère. A 16h00 ils commencent le protocole sans nous le dire. A 18h00 ma mère est morte. Le médecin prétend que c'est la volonté de ma mère. Il n'y a aucun témoin de sa rencontre. Et ce médecin n'a jamais été cordial avec ma mère, elle le détestait d'ailleurs. Le dossier médical est bourréé d'erreurs, des injections ont été inversées, elles ont été données selon le dossier via des cathétères qui n'existaient même pas. Nous sommes plusieurs témoins. J'ai tenu la main de ma mère de 16h00 à 18h15. Nous n'avons réalisé qu'après coup ce qu'ils avaient fait.
      J'ai fait une plainte à la SQ et la SQ a refusé de faire enquête sous prétexte que c'est médical. Maintenant, je vous passe les détails sur la procédure de plainte médicale prévue par la loi de la Santé. Pire que les enquêtes de la police sur la police.
      Le droit de mourir ne doit pas primer sur le droit de vivre. Or, même sans loi aujourd'hui des vieux meurent prématurément dans nos CHSLD.

    • C'est abonimable d'être là près du mourant, de le voir souffrir, de vouloir tout lui donner...lui il fait le deuil de sa vie, de sa famille, de tout, il part, mais où? Il a près de lui de la famille qui sont défaits. Dans son esprit cet agonisant réalise que tous à part lui sont maître de ce qu'il lui arrive et au fond ceux-là souffre le martyr de le voir fermer les yeux,

    • Je trouve l'opinion de bercos (13h47) très juste. Il y aura certainement des gens pour décider que finalement je serai mieux mort que malade. Un mort ne souffre plus, c'est bien connu. Qui pourra contester la dose mortelle qu'on m'a injectée ? Je passerai dans les profits et pertes, comme une marchandise. Je n'ai pas confiance en cette autorisation que l'on dit bien encadrée.

    • Article proposé à La Presse
      Pour une fin de vie élégante
      Devrait-on débattre de suicide assisté ou d'une stratégie élégante de fin de vie? À cet effet, examinons le concept de la préservation de la vie, que d'aucuns appellent la sanctité de la vie.
      Pourquoi préserver la vie? Parce que l'espèce qui ne protège pas ses petits tombera vite dans la colonne des espèces disparues. La survie des nouveaux-nés entraîne une dépense énergétique par des individus qui laissés à eux mêmes dans la nature ont besoin de toute leur énergie pour trouver nourriture/abri et déjouer leurs prédateurs, poussés en ce sens par leur instinct de survie. Cette dépense exige d'aller à l'encontre de l'instinct de survie individuelle sous une impulsion qu'on appelle l'instinct parental.
      Après l'apparition du concept de sanctité de la vie en appui à la perpétuation de l'espèce, les chefs religieux et politiques l'ont graduellement étendu à toutes les étapes de la vie d'où l'obligation psycho-religio-sociale de repousser l'arrêt cardiaque final, peu importe l'usure du corps. Ce faisant, des mois durant, voire des années, des légions de patients en fin de course sont soumis ou se soumettent à d'atroces douleurs et à des procédures médicales ingénieuses, sans possibilité de retour à une lueur de normalité. Ce n'est pas là mourir dans la dignité.
      Or, une fois la reproduction assurée et la capacité de se reproduire éteinte, la préservation de la vie prend en pratique un autre sens, celui d'une vie qui vaut toujours la peine d'être vécue. Quand, au travers de la perte massive d'autonomie, ainsi que de douleurs que seules des drogues savent amoindrir, il ne reste que des visites occasionnelles, parfois obligées et souvent à sens unique, le concept de sanctité de la vie perd tout son sens, quoique souvent des proches s'accrochent à une illusion aux dépens du patient.
      Contribution ultime à la préservation de la vie
      Si en fin de course inéluctable l'individu se transforme en grand consommateur de soins d

    • Par deux fois dans ma vie, j'ai demandé une petite pilule pour dormir, une petite pilule pour mourir ...
      Par deux fois, par deux paralysies de la tête aux pieds. Les médecins disaient que je travaillerais plus, que je devrai déménager, etc. Une autre vie, en somme.
      Je suis là, aujourd'hui, debout ; je travaille et reste toujours au même endroit !
      Je n'ai plus revu ces médecins depuis 15 ans.
      paul béliard
      PS. : Ce discour sur le droit de mourir dans la dignité m'ennuie au plus haut point. La mort est toujours indigne.

    • De Georges LeSueur -
      À l'attention de Nestor Turcotte et Louis Bernard. Et pour ceux qui sautent vite aux conclusions !
      Que pensez-vous de ces jumeaux anversois, hommes dans la cinquantaine, en bonne santé et sans souffrance aucune, mais nés sourds. Et qui viennent d'apprendre que leur maladie congénitale va les rendre aveugles dans peu de temps ?
      Sourds et aveugles ! Y pensez-vous ?
      Ils ont décidé dignement de demander l'assistance à mourir. Pourquoi ?
      Parce que le suicide est une geste solitaire, qui ne tient pas toujours compte des conséquences sur la famille, nos proches les plus chers. : Ceux qui devront porter toute leur vie le lourd souvenir du geste d'un suicidé.
      En demandant une aide médicale à mourir, en officialisant leur demande, ces jumeaux assument leur geste et auront le douloureux appui de leur famille et de la société.
      Ils partiront fiers, dignes et en paix. Et leur famille s'en trouvera confortée et unie.
      Et tout le monde leur sera reconnaisssant d'avoir agi en toute responsabilité.
      N'est-ce pas le meilleur des choix quand la vie en a déjà décidé de notre sort ?
      Ces jumeaux m'inspirent un grand respect. G.L.

    • Je crois aussi que le gouvernement a des intérêts économiques derrière cette soit disant avancée humaniste. Quand on renonce à soigner les gens, c'est logique de leur offrir de mourir plus vite.

    • Durant plus de 47 ans j'ai aider les gens a mourir que voulez vous c'était mon métier, il est vraie qu'autrefois la médecine n'avait pas vraiment la capacité de prolonger la vie et que les gens vivaient pas mal moins longtemps qu'aujourd'hui, mais invoquer les souffrances d'un malade pour justifier l'euthanasie est une façon très malhonnête de présenter le propos car aujourd'hui nous avons un arsenal très efficace pour soulager les gens et je dois avouer que mon expérience dans les soins palliatifs me conforte a savoir que les gens peuvent avoir une fin douce. certes les médicaments utiliser pour soulager et rendre le patient confortable peuvent aussi abréger son espérance de vie mais le but n'est pas de tuer le patient mais bien de le soulager et rendre sa fin douce et facile et cela fait toute la différence du monde pour le personnel soignant. Autant que je suis contre les méthodes extraordinaires de maintenir une personne en vie autant je suis contre l'euthanasie car présentement la médecine fait un travail extraordinaire pour rendre la fin de vie plus humaine et je soupçonne qu'il y ait des intérêts économiques cacher derrière tout ce beau discourt car il est faux de croire qu'il y a des douleurs impossibles a traiter, non mais quelle façon avons nous de respecter la vie

    • Il est déjà reconnu que les restrictions pour protéger les patients en Belgique et en Hollande ne sont pas respectés et quee des centaines de patients sont éliminés chaque année, sans leur consentement. Alors qu'il existe déjà, dans notre système où c'est criminel, des médecins sans conscience qui expressément augmente une sédation palliative visant à soulager la douleur pour accompagner le patient, pour la transformer en injection létale, c'est de l'angélisme de penser qu'il n'y aura pas d'abus. Les soins palliatifs soulagent la douleur. La seule raison du gouvernement de choisir plutôt l'ouverture à l'euthanasie, ce sont des préjugés économiques : un patient mort coûte moins cher qu'un patient dont on attend la mort...

    • Une mort digne est celle dans laquelle le patient est traité dans la dignité
      L'euthanasie n'est pas une solution, c'est un problème médical, car elle ne poursuit pas la guérison. Depuis sa légalisation dans certains pays, les critères médicaux semblent rassemblés sur une seule voie : Mettre fin à la vie. Une mort digne est celle dans laquelle le patient est traité dans la dignité, avec des soins palliatifs pertinents. Je ne suis pas d'accord.
      En tant que droit la vie est aussi une valeur essentielle qui mérite d'être protégée par tous les moyens possibles. Sans nier l'aspect humain de la question et les souffrances des malades incurables, je ne pense pas que la seule alternative soit l'euthanasie. Il est impossible de concevoir que notre société est une pratique acceptée qui menace la vie des gens, même s'il y a derrière des raisons d'ordre humanitaire.

      La pratique de l'euthanasie viole nos valeurs et la base de notre système juridique qui est au service de la personne humaine, qui ne peut et ne doit pas permettre l'application de cette atteinte à la vie, qui doit être protégé.

    • Mourir dans la souffrance a, de tous les temps, été l'apanage des religions ; Finir en martyre est un honneur encore aujourd'hui. Il faut racheter ses péchés avant de se présenter devant le créateur. Cette idée farfelue s'ajoute aux nombreux paradoxes religieux, tous clairement expliqués par les croyants avec leur fameux : « Il est grand le mystère de la foi ». Il est en effet très mystérieux que des gens défendent la parole d'un Dieu qui nous dit de ne pas toucher à la vie, mais nous a lui-même créé mortels. Ces mêmes gens qui parlent d'un jugement dernier, mais refusent de laisser libre de leurs choix les individus. Ces défendeurs de l'absolue qu'est la parole de Dieu, mais qui doit s'ajuster aux problèmes des générations. En effet, on se retrouve aujourd'hui avec la même résistance, de la part de l'église, face au problème de la mort dans la dignité, que celui de la révolution de la Terre au 15ième siècle, en ce qu'ils sont des concepts qui vont à l'encontre de la compréhension actuelle des écritures saintes. Or dans plusieurs années, l'église, impuissante contre l'évolution des courants philosophiques sociaux, trouvera un angle sous lequel aborder la question, qui sera en harmonie avec la parole du tout puissant. On parlera alors non pas de suicide assisté, mais de vie dans la dignité jusqu'à la toute fin. Et hop ! dans 100 ans, ce débat sera aussi obsolète que celui du 15ième siècle, avec, heureusement cette fois, aucune « victime ». Et ainsi, au fil des siècles et des siècles, la religion s'humanisera, cessera peu à peu d'être le refuge des égoïstes et finira, dans un monde meilleurs, par être en harmonie avec les concepts de liberté, d'altruisme et d'empathie.

    • La philosophie sous-jacente aux soins palliatifs et celle sous-jacente à l'aide médicale à mourir(une forme d'euthanasie) me semblent difficilement conciliables. Il faut faire un choix et je crois que celui de l'euthanasie médicale n'est pas à suivre pour une société qui opte pour la compassion et le respect de la vie(le meurtre est interdit). D'autant plus que de nos jours les souffrances physiques peuvent être médicalement bien soulagées. Alors n'introduisons pas un système à deux voies(soins palliatifs et euthanasie) pour la fin de vie.

      Michel Lebel

      Michel Lebel

    • La vie est une préparation à la mort . Ce qui nous a fait vivre nous aidera à affronter la fin. Je suis contre le mensonge de la dite commission qui qui a décrété unilatéralement que dans un hôpital accrédité, et approuvé par tois médecins. Aujourd'hui, après des centaines de milliers d'avortements, une jeune fille peut se faire avorter sans le consentement de ses parents. Nous avons tendance à nous gaver de belles paroles pour faire avaler des réalités terribles qui ne seraient pas acceptées si on les présentaient telles qu'elles sont.
      Comme pour la légalisation de l'avortement qui accorde un droit de disposer de la vie comme bon nous semble, (toutes les raisons sont bonnes,) la même chose se produira pour abréger la vie des personnes viellissantes . Sous prétexte de souffrance psychologique, on pourra aider(! ) une personne âgée à demander l'aide au suicide.
      L'expérience m'a enseigné à me méfier de ces commissions politiques.
      On a récemment aidé des jumaux de 45 ans à se suicider en Belgique. Le suicide assisté est légalisé depuis 10 ans. Les jumaux étaient muets de naissance et la maladie les conduisait rapidement vers la cécité. Ils ont demandé et obtenu qu'on les tue!.
      Essayez d'imaginer toutes sortes de cas possibles, dans les années à venir qui pourraient justifier un tel geste.
      Il y a des milliers d'années, l'être humain a choisi de déterminer lui-même ce qui était bien ou mal. Voilà où nous en sommes aujourd'hui.

    • Parlant de légalité, je trouve cela illégale de laisser quelqu'un mouroir dans l'agonie. On devrait faire un procès à ces gens là. Comment peuvent-ils décider de notre façon de finir les jours si ils ne connaissent rien au domaine de la souffrance? J'aimerais bien les voir dans l'agonie car ça leur prendraient pas plus de 24 heures pour les faire changer d'avis. Mon épouse a eu le cancer du sein et durant ses traitements, elle a vu celles qui étaient en phase finale. Elle m'a regardé et m'a dit :"Laisse moi jamais me rendre jusque là! Je refuse de mourir dans une telle souffrance". Je suis de son avis. Ça ne serait pas plutôt à la société de décider de cela et non a un peut groupe qui n'y connaissent rien?

    • Quand on a malencontreusement connu quelques dérives de la dignité avant que l'euthanasie devienne populaire et légale, je suis inquiète. L'être humain étant ce qu'il est, je crains que tout ce que l'on a réussi à enfouir sous le couvert "d'atténuer la souffrance de fin de vie" ne devienne pratique courante et ne connaisse qu'un déplacement plus libéral de l'interdit. Et ce sera trop tard, car tout comme pour l'avortement, toute interrogation, toute discussion, toute remise en question sur le sujet sera disqualifié par les gardiens de la saine "évolution" dite humaine.

    • @ Chantale Bergeron.
      A la douleur d'une mère et de son fils, on crée une loi. Bravo à tous mais vous êtes dans le champ.
      On refuse d'écouter pour contrôler, on fausse le débat pour taire sa pseudo morale. Une loi écrite par un gouvernement qui collecte des taxes sur des poisons comme l'alcool et le tabac n'a aucune éligibilité morale a vouloir gérer l'ultime étape de notre vie.
      De toute façon un être de souffrance qui décide de mourir se fout bien de vos lois et de votre morale.
      Pier Hubert

    • Quand votre fils de 29 ans souffrant de fibrose kystique et de diabète est au bout de ses souffrances physique et psychologique, et vous demande d'aller lui acheter une arme pour se tirer une balle dans le front, a force qu'il n'en peu plus, et que moi sa mère en pleurant avec lui et lui disant tu ne mérite pas de mourir de cette façon, et lui de me répondre je ne mérite pas non plus de souffrir comme sa, j'ai pas rien fait de mal dans la vie. Pour moi il mérite de mourir en toute dignité et non en voulant s'enlever la vie. On ne peu se permettre d'être égoïste, c'est mon fils unique et croyez moi je ne veut pas plus que lui qu'il meurt, mourir en toute dignité pour moi c'est d'être soulager des souffrances atroces. Je l'aime tellement que je prie tous les jours pour qu'il viennent le chercher et arrêter ses souffrances.

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