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Comment apprendre l'anglais?

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Quelle est la meilleure façon d'apprendre l'anglais?

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La Presse

D'après vous, quelle est la meilleure façon pour un Québécois d'apprendre l'anglais?

Pierre-Yves McSween

Comptable professionnel agréé, professeur au cégep régional de Lanaudière et chargé de cours à HEC Montréal.

UNE QUESTION D'OUVERTURE

Apprendre l'anglais ou n'importe quelle langue seconde n'est pas une recette unique. Évidemment, lorsque les parents parlent une autre langue, c'est la façon la plus facile de s'imprégner de celle-ci. D'ailleurs, les enfants sont comme des éponges, c'est à un jeune âge que l'apprentissage est le plus facile. Pour le reste, il faut faire preuve d'ouverture, pas seulement en tant que société, mais en tant qu'individu. La première étape est de ne pas être réfractaire, de ne pas nier la nécessité d'apprendre l'anglais pour un francophone : voir l'apprentissage de l'anglais comme enrichissant. Je ne parle pas d'assimilation, mais d'affirmation du rejet de la pensée xénophobe qu'apprendre l'anglais est un déni de notre identité. Donc, il faut un mélange d'immersion, de cours au primaire, d'écoute de musique en anglais, de visionnement de films, de lecture, etc. Mais le plus grand défi du Québec est probablement de trouver les ressources pour enseigner cet anglais. L'apprentissage d'une langue, ce n'est pas une recette ponctuelle, c'est un processus qui nous suit toute notre vie. Personnellement, j'enseigne à des cégépiens et des universitaires qui n'ont pas encore le réflexe de conjuguer le « s » au pluriel. Il ne faut pas s'attendre à ce qu'ils apprennent la langue de Shakespeare en composant 254-6011. Je rêve du jour où les communautés se mélangeront et que le mur de Berlin linguistique du boulevard Saint-Laurent tombera. Lorsque les deux solitudes formeront un amalgame, nous pourrons être une société bilingue capable d'accomplir de grandes choses.

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Joelle Dupont

Joëlle Dupont

Étudiante en sciences humaines au cégep de Lanaudière.

DES PRÉMISSES DISCUTABLES

Quand j'entends les politiciens parler d'apprentissage de l'anglais, et les réponses qu'ils reçoivent des journalistes, parents et autres citoyens lambda, voilà ce qui saute inévitablement aux yeux : ça paraît que tous ces gens n'ont pas mis les pieds à l'école depuis longtemps, et encore moins pour apprendre l'anglais! Il serait important de rétablir les prémisses dans ce débat. Primo, le «saupoudrage», même à partir de la maternelle, ne pourra ni améliorer la maîtrise d'une langue seconde, ni nuire à celle de la langue maternelle (et encore moins «assimiler» quelque enfant que ce soit)! Deuxio, la maîtrise de l'anglais est un atout incommensurable partout sur Terre qui devrait être envisagée comme un cadeau à offrir aux générations futures. Tertio, la connaissance de l'anglais n'est pas une menace au français : le cerveau n'est pas un tiroir à espace restreint ne pouvant contenir qu'une seule langue ou les fragments de plusieurs! Au sortir de l'anglais intensif en 6e année, j'étais presque parfaitement bilingue... avant de tout perdre au secondaire, même en suivant des cours d'anglais enrichi! Conclusion? Il faudrait consacrer à l'apprentissage de l'anglais plusieurs périodes intensives tout au long de la scolarité. Par exemple, une semaine intensive tous les deux ou trois mois, dès la 3e année du primaire, entrecoupée de périodes sans cours d'anglais, mais où l'élève serait tenu de réaliser des «devoirs pratiques» (livres à lire, films/émissions anglophones à écouter, rédaction d'un journal, etc...)

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Denis Boucher

Denis Boucher

Associé au sein d'un cabinet de relations publiques.

LE PLUS TÔT POSSIBLE

Je ne partage pas cette façon de penser qui oppose constamment la vitalité de notre culture à l'apprentissage d'une autre langue. Apprendre l'anglais n'est pas une abdication de notre langue maternelle. La connaissance de l'anglais est un outil pour s'ouvrir sur le monde et avoir un esprit plus réceptif à d'autres cultures. C'est aussi ce qui donne la possibilité d'exporter nos connaissances et notre savoir-faire. J'aimerais bien que la Terre entière parle français, mais ce n'est le cas. L'anglais est devenu la langue des affaires un peu partout sur la planète. Le Québec ne peut ignorer cette réalité. Ce serait nous condamner à l'appauvrissement et à l'isolement. Les experts vous diront que l'apprentissage d'une langue étrangère se fait plus facilement en bas âge. On doit donc encourager l'enseignement de l'anglais le plus tôt possible. Le pire danger qui guette notre langue n'est pas que nous puissions nous exprimer en anglais au besoin. Il m'apparaît plutôt que nous devons être sérieusement préoccupés de la piètre qualité du français au Québec qui est massacré tant à l'écrit qu'à l'oral depuis que syntaxe, grammaire et vocabulaire ont pris le bord.

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Martin Lépine

PHOTO FOURNIE PAR MARTIN LÉPINE

Martin Lépine

Professeur de didactique du français à l'Université de Sherbrooke et enseignant au primaire et au secondaire pendant 10 ans.

POUR UN ENSEIGNEMENT INTENSIF... DU FRANÇAIS !

En matière d'enseignement des langues, au Québec particulièrement, l'urgence n'est pas à une exigence accrue pour l'apprentissage de l'anglais, mais bien à un enseignement et à un apprentissage de grande qualité du français comme langue nationale de tous les Québécois. Dans une société de plus en plus hétérogène, il convient non pas d'envoyer le message qu'au Québec, l'important c'est d'apprendre l'anglais, mais que la priorité est de bien maîtriser le français pour ensuite être mieux à même d'apprendre et l'anglais et l'espagnol et le mandarin... D'ailleurs, dans l'enseignement des langues secondes ou étrangères, la question n'est pas tant de savoir quelle est la meilleure façon d'apprendre l'anglais, par exemple, mais bien quelle est la meilleure façon d'apprendre l'anglais pour Pierre, pour Jean, pour Jacques, bref pour un individu unique au parcours singulier dans un contexte précis et à un moment déterminant de sa vie. On apprend une langue lorsqu'on exprime un réel besoin et un véritable désir de l'apprendre. Ce n'est pas en saupoudrant quelques heures d'enseignement de l'anglais en première année ni en congestionnant l'enseignement du français en quelques mois à la fin du primaire qu'on développera de réelles appétences et compétences langagières chez tous les Québécois.

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Jana Havrankova

Photo fournie par Jana Havrankova

Jana Havrankova

Médecin endocrinologue.

POLITIQUE, SORS DE CE CORPS

Dans les pays européens, où la tension entre la langue maternelle et l'anglais ne joue pas le même rôle qu'au Québec, l'enseignement de l'anglais débute généralement à l'école primaire entre l'âge de 6 et 10 ans. Plus tôt on commence, mieux l'acquisition d'une langue étrangère se passera, postule-t-on. Toutefois, quelles données observationnelles ou expérimentales possèdent les pédagogues pour recommander l'âge pour le début de cet apprentissage scolaire? Encore faudra-t-il sans doute distinguer les enfants qui seraient capables d'un apprentissage hâtif de ceux qui devraient consolider le français avant d'entreprendre l'anglais. Par contre, il est clair que pour maîtriser une langue étrangère, l'enseignement ne suffit pas, la pratique s'avère indispensable. Ainsi, des cours d'immersion, des études postsecondaires en anglais, des stages dans un milieu anglophone viennent tous renforcer cette formation scolaire. (Une anecdote à propos d'un camp d'immersion en anglais aux États-Unis où nous avons envoyé notre fils de dix ans : il en est revenu avec des bases en espagnol, puisque le camp était prisé par des Mexicains voulant apprendre l'anglais!) Avant de s'embourber dans la politique, il faudrait savoir ce que, de manière objective, convient le mieux pour apprendre l'anglais, langue essentielle, que cela plaise ou non, à notre époque mondialisée.

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Michel Kelly-Gagnon

Michel Kelly-Gagnon

PDG de l'Institut économique de Montréal. Il s'exprime à titre personnel.

MULTIPLIER LES OCCASIONS

All of the above! En effet, pour apprendre une langue mais, surtout, pour la maîtriser, il faut multiplier les occasions et les formes d'apprentissage. Qui plus est, il suffit de fréquenter des gens en provenance de l'Europe de l'Est ou de l'Europe centrale pour réaliser que l'on peut très bien devenir multilingues sans rien perdre de sa langue ou de la culture maternelle. Enfin, soulignons qu'une majorité de parents souhaite un enseignement pro-actif de l'anglais à l'école et que ce sont les gens de condition socio-économique plus modeste qui ont le plus à gagner d'une telle politique.

Francine Laplante

Femmes d'affaires.

UNE PRIORITÉ

Cadette d'une famille de 12 enfants, je suis native d'un petit village de la Rive-Sud où les seuls mots que nous entendions en anglais étaient yes, no, thank you et toaster. Vous comprendrez que l'apprentissage de l'anglais n'était pas une priorité pour mes parents, trop occupés qu'ils étaient à essayer de nous nourrir, nous vêtir et nous éduquer correctement. Résultat? J'ai migré dans la grande région de Montréal à l'âge de 19 ans pour poursuivre mes études à l'université en étant totalement incapable de parler l'anglais. Encore aujourd'hui, à l'âge de 45 ans, je ne maîtrise pas bien l'anglais et je me sens vraiment, mais vraiment hypothéquée. Il m'est impossible d'avoir une ouverture sur le monde, impossible de m'informer sur la politique internationale, impossible de négocier moi-même mes contrats dans la langue de Molière. Mon anglais est pire que celui de Mme Marois... vous pouvez vous imaginer! J'aurais pu apprendre à l'âge adulte, d'ailleurs j'ai essayé à maintes reprises, mais c'était ardu et j'avais l'impression d'être à la maternelle. Alors lorsque j'entends dire que l'anglais n'est pas une priorité, les cheveux me dressent sur la tête. Je ne veux pas que mes enfants se sentent exclus et non informés. Je ne veux pour rien au monde que mes enfants vivent cela, alors l'anglais est une priorité. Ce n'est pas une question de renier notre langue maternelle, mais plutôt d'être réaliste et de s'ouvrir sur le monde. Combien de fois ai-je renoncé à des projets faute de connaissance de la langue anglaise? Encore aujourd'hui, en l'écrivant, je ressens une certaine honte. J'ai le sentiment d'être passée à côté de plusieurs opportunités et j'ai la ferme conviction que les enfants doivent apprendre l'anglais le plus tôt possible, et ce, peu importe la formule.

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Nestor Turcotte

Nestor Turcotte

Retraité de l'enseignement collégial.

DANS UNE ÉCOLE SPÉCIALISÉE

Lorsqu'un immigrant arrive au Québec et qu'il ne parle pas la langue commune (le français), il s'inscrit rapidement dans une école linguistique et en six mois, il parle mieux le français que la plupart des francophones de souche. Pourquoi? Il étudie la langue (grammaire d'abord, vocabulaire, phraséologie, etc.). Si, par la suite, il veut apprendre une autre langue (seconde langue comme l'anglais, troisième langue comme l'espagnol), il suit le même processus. Il devient trilingue en moins de deux ans. Les Québécois francophones devraient suivre la même voie. Le primaire devrait être consacré à l'apprentissage de la langue maternelle (grammaire d'abord, vocabulaire, analyse grammaticale et logique, phraséologies, etc.). L'étude d'une deuxième ou troisième langue devrait se faire d'une façon intensive et dans une école linguistique spécialisée. Comment y arriver? Lorsque l'élève arriverait au secondaire ou encore au cégep, - s'il ne l'a pas fait et désire toujours le faire) - il pourrait momentanément quitter son école secondaire et s'inscrire dans une école spécialisée en langues : il pourrait, par exemple, s'il est en troisième secondaire, abandonner ses cours pour un an, et s'inscrire pendant un an ou six mois, pour apprendre une ou deux langues nouvelles. Le personnel qui oeuvre présentement dans les écoles et qui enseigne l'anglais ou l'espagnol ou une autre langue serait muté à ces écoles spécialisées. Le stage linguistique terminé, l'élève pourrait reprendre ses cours réguliers. Les professeurs de langue seraient entièrement satisfaits; les élèves sortiraient enrichis de cette expérience et stimulés culturellement parlant. Les jeunes Québécois francophones y trouveraient leur compte et ne se sentiraient pas inférieurs aux immigrants qui parlent souvent couramment deux ou trois langues.

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Jean Gouin

Jean Gouin

Directeur général de la Fédération des médecins résidents du Québec.

PAS UNE OPTION, MAIS UNE NÉCESSITÉ

L'apprentissage d'une seconde langue, voire d'une troisième, ne devrait souffrir aucun débat. En Europe, chaque pays conserve jalousement sa langue maternelle, mais demeure très ouvert à la culture langagière des autres pays. Plus souvent qu'autrement, l'on rencontre des gens qui peuvent s'exprimer en deux, trois et même quatre langues. Comme Québécois,  l'apprentissage de la langue shakespearienne devrait se faire dès la maternelle. Ce faisant, cela constitue un immense service que l'on rendra à nos enfants  puisque la langue internationale est l'anglais. Et pourquoi le cursus éducatif n'introduirait-il pas l'apprentissage obligatoire d'une troisième langue. Jeune, j'ai eu la chance de faire mon cours classique et je fus confronté à l'apprentissage du latin et du grec ancien, et l'anglais faisait partie intégrante du cursus scolaire. Bien sûr, j'ai pesté, mais jamais je ne l'ai regretté. La richesse d'une nation tient souvent à son ouverture sur le monde, à sa capacité à affronter les évènements et à s'adapter aux différentes cultures. Le Québec devient peu à peu une terre multiculturelle où la langue d'usage se doit d'être le français. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, des pays entiers ont dû apprendre le russe. Les citoyens de ces pays sont cependant demeurés unis par leur langue maternelle. Difficile de comprendre les craintes de certains. L'apprentissage de l'anglais comme langue seconde n'est pas une option, mais une nécessité.

Jean Bottari

Préposé aux bénéficiaires.

DÈS LA PREMIÈRE ANNÉE

L'enseignement de l'anglais dès la première année est selon moi la meilleure façon d'apprendre la langue de Shakespeare. En ce qui me concerne, j'ai eu la chance d'étudier en anglais. Il était normal à cette époque pour les immigrants italiens d'inscrire leurs enfants à l'école anglaise. Cela ne m'a pas empêché pour autant d'apprendre le français, grâce à mes parents qui ont cru bon de me parler en français et en italien. À 6 ans, j'étais déjà en mesure de m'exprimer dans ma langue maternelle, en français et en anglais. Je crois que l'anglais devrait être enseigné tout au long du primaire et du secondaire tout en mettant l'emphase que la langue usuelle et officielle du Québec est le français. L'apprentissage de l'anglais n'est pas selon moi un désaveu du fait français, mais plutôt un outil de plus pour un enfant qui sera un jour un adulte qui aura plus de possibilités d'emplois s'il maîtrise bien la langue anglaise. Honnêtement, je ne vois pas en quoi le fait de connaitre plusieurs langues puisse nuire au Québec.  Pourquoi notre société ne pourrait-elle pas s'épanouir sur les marchés internationaux et créer des liens avec d'autres pays en communiquant avec eux dans leur langue respective?

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Commentaires (12)
    • Je crois comme plusieurs ici, qu'il faut commencer par l'apprentissage de l'anglais le plus tôt possible, J'ai grandi en banlieue dans un milieu francophone. J'ai entendu de l'anglais pour la première fois qu'on secondaire. Je peut vous dire que les cours ne sont vraiment pas bien adapté. Ce n'est pas avec une immersion en anglais que je vais apprendre, alors que je n'ai aucune base. Je ne comprenais rien et ne disais presque rien, je me suis un peu améliorer au fil du temps mais j'ai toujours de la difficulté. Mon opinion, il sera impossible d'avoir de bon professeur d'anglais en région pour tout le monde, ou des garderie anglophone pour les francophone. Il faut être réaliste, la solution, faire écouter dès le primaire des dessins animés anglophone, tous les jours 30 minutes de vidéo et après le professeurs lit une traduction. Pas nécessaire de faire d'évalution ou d'examen. Sa permettrai aux jeunes qui vivent en milieu francophone d'avoir une base en anglais. Et cette enseignement pourrait se faire par les mêmes professeurs réguliers. Le québec est très diviser avec Montréal et certaine ville qui sont presque entièrement anglophone et d'autre ville qui sont uniquement francophone.

    • Ma chère Joëlle,
      J'ai choisi ton texte parmi les autres parce que tu est celle dont le texte m'inspire le plus, ce qui ne veut pas dire que je suis toujours d'accord avec ce que tu affirmes avec spontanéité, ce qui m'incite à croire que tu vas réfléchir à ce que je pense des théories que tu défends.
      «Primo, le «saupoudrage», même à partir de la maternelle, ne pourra ni améliorer la maîtrise d'une langue seconde, ...»
      Tout à fait d'accord pour le «saupoudrage»; c'est tellement vrai que, même un poupon aurait de vrais problèmes à acquérir la langue maternelle si sa mêre se limitait à lui saupoudrer les fesses à chaque changement de couche.
      «Deuxio, la maîtrise de l'anglais est un atout incommensurable partout sur Terre qui devrait être envisagée comme un cadeau à offrir aux générations futures ... » Ouf! Je me sens obligé de te suggérer ce qui suit :
      L'apprentissage des langues étrangères, de l'anglais en ce qui nous concerne, sera un atout culturel non négligeable et, plus ou moins important en fonction de notre orientation professionnelle, des lectures et des voyages que nous ferons.
      «Tertio, la connaissance de l'anglais n'est pas une menace au français ...»
      Ne mêlons pas les cartes. Certes, la connaissance de toute langue étrangère n'est pas une menace à la langue maternelle en soi. Toutefois, l'apprentissage de toute langue étrangère, (par opposition à langue maternelle) exige des conditions d'apprentissage appropriées à l'âge surtout. Le poupon mentionné plus haut, lorsqu'il aura l'âge de jouer dans son carré de sable avec ses petits amis parlant une langue autre que la sienne, apprendra cette langue ou les petits amis apprendront la sienne. Un russe unilingue immigrant au Québec n'aura guère le choix d'apprendre le français comme deuxième langue et il deviendra plus ou moins bilingue en fonction de l'effort qu'il y mettra.

    • Bravo Martin Lépine. Ton texte a du sens et n'est pas en contradiction avec la rechercche sur l'apprentissage de langues étrangères (anglais, allemand, espagnol, ...) lorsque tu condamnes le saupoudrage de l'anglais. La France saupoudre l'enseignement de l'anglais dès le début de l'élémentaire. (Serait-ce en France que le visionnaire Charest a emprunté son système?) Or, je viens de lire que la France se classe 14ième sur 15 pays quant à l'efficacité de l'enseignement de l'anglais langue étrangère. Dommage que, au Québec, nous soyons les champions pour copier les échecs des autres.

    • Pourquoi prenons-nous pour acquis que cela doit nécessairement se faire par le cheminement scolaire standard? Il existe des groupes communautaires et charitables ouvrant en anglais dans toutes les grandes villes du Québec et qui ont grandement besoin de volontaires. C'est une belle façon de se faire sa propre immersion anglophone une ou deux heures par semaine, à son propre rythme et avec des gens qui seront heureux d'avoir votre participation en échange. Pas besoin d'une solution de l'état pour ça.

    • Pour devenir bilingue je propose un nouveau projet de loi, qui obligerait les enfants de familles anglophones à fréquenter les garderies francophones et les enfants issus de familles francophones à fréquenter les garderies anglophones. Les études le prouvent, plus tôt une langue est enseignée plus facilement elle est apprise. De plus, non seulement l'apprentissage d'une seconde langue ne nuit pas à la langue maternelle mais peut même favoriser son apprentissage.

    • Pour "bien" apprendre l'anglais rien de mieux qu'une école spéciale. Actuellement ils jeunes sont plus bilingues qu'on le croit...ils adorent les chanteurs anglophones et leur musique. La preuve: la venue à Québec de chanteurs anglophones sur les Plaines. Ceux-ci ont une audience remarquable, les milliers de québécois. Je doute fort que Gilles Vigneault ait réussi le même record d'assistance.
      Pour ma part, j'ai appris l'anglais à l'école. Puis par moi-même j'ai regardé, écouté les émissions américaines, les nouvelles, les talk-show. L'anglais est une langue très facile à apprendre: pas de subtilités, de nuances, de règles qui n'en finissent plus. Et puis l'anglais a aussi son "joual" un niveau accessible à tout le monde.
      Dans les médias ce n'est pas l'anglais de Shakespeare.

    • La situation politique au Québec complique beaucoup l'enseignement de l'anglais. Il faudrait clairement définir les objectifs à atteindre. Pour la majorité des gens une bonne connaissance de l'anglais verbal et de la lecture et une connaissance plus restreinte de l'écriture est requise. Pour une minorité une connaissance élaborée de l'écriture est requise. Donc deux niveaux d'apprentissage serait requis. Le premier devrait être atteint au milieu du secondaire et l'autre serait optionnel et son apprentissage pourrait se poursuivre au niveau CEGEP. Pour avoir une bonne connaissance de l'anglais verbal, il n'y a pas 56 méthodes, on doit avoir des périodes d'immersion. A mon époque, cela n'existait pas. J'ai réussi avec difficulté tous mes cours d'anglais au niveau verbal jusqu'en secondaire 5. J'ai eu une amie d'origine suisse dont la langue maternelle était l'allemand et qui était venue travailler quelques mois au Canada pour pratiquer son anglais. Au début, je ne disais que quelques mots et à la fin de son voyage j'étais un bilingue fonctionnel. Ayant choisi de d'étudier et de travailler dans le traitement de l'eau, de pratiquer la photographie et aimant être au courant de l'actualité scientifique et technologique, j'ai beaucoup lu en anglais. En bref, il faut que l'école nous donne des bases suffisantes pour qu'on puisse poursuivre l'apprentissage de l'anglais dans notre vie. On pourrais profiter de ce débat pour allonger l'année scolaire au Québec dont la longueur historique a été définie lorsque la majeure partie de la population travaillaient aux champs, ce qui n'est plus de cas aujourd'hui.

    • Il existe quelques écoles, je ne crois pas qu'elles soient subventionnées, où on apprend les deux langues comme langues maternelles (programmes, livres etc). Les enfants dont la plupart sont allophones, mais il y a les francophones et lles anglophones, réussissent à réussir les deux programmes et ils entrent dans les meilleures écoles secondaires francophophones sans problèmes.

    • Beaucoup de commentaires, dont celui de Joëlle Dupont, manquent beaucoup de nuances.
      Premièrement, il faut cesser de croire que l'anglais est la seule langue qui mérite d'être apprise dans le monde.
      Deuxièmement, il faut cesser de surestimer le multilinguisme des Européens. Le cas auquel Monsieur Kelly-Gagnon s'explique par des faits socio-politico-historiques qui ne s'appliquent pas au Québec.
      Troisièmement, il faut aussi cesser d'utiliser le mot «bilingue» à toutes les sauces? Encore faudrait-il s'entendre sur la définition du mot «bilingue». Une chose est sûre : on ne devient pas bilingue après une 6e année du primaire en anglais intensif. Impossible.
      Quatrièmement, nous avons le malheur (ou le bonheur) au Québec d'avoir comme langue seconde l'anglais, langue internationale et universelle, parlée et baragouinée partout dans le monde. Comme ces deux langues ont évolué côte à côte pendant des siècles, elles partagent beaucoup de traits communs qui parfois des apparences trompeuses, d'où la multitude d'anglicismes syntaxiques, lexicaux et morphologiques qu'utilisent à tort les Québécois (mais aussi les Français) quotidiennement. C'est pourquoi il faut être prudent face à l'apprentissage intensif de l'anglais en bas âge en milieu scolaire, sans compter que l'anglais nous entoure déjà. Ce serait différent si le russe, le chinois, l'allemand ou même l'espagnol occuperait la place de l'anglais comme langue seconde au Québec.
      La meilleure façon d'apprendre une langue, anglais ou autre, c'est l'immersion à moyen ou à long terme, conjuguée à des années d'étude.
      Ce qu'il faut faire au Québec: revoir tout le programme d'anglais langue seconde *au secondaire* et rehausser les critères d'admission des futurs enseignants d'anglais (surtout des francophones qui s'obstinent à vouloir enseigner une langue qui n'est pas la leur) à l'université.
      Voilà.

    • @dede4391: "covenablement" n'est pas assez. Toute ma vie, je me suis instruite par moi-même parce que l'école ne suffisait pas. À 18 ans, je suis partie à Toronto travailler dans un Ponderosa pour 3 mois, à 21 ans, je suis partie travailler à Vancouver pour un été, par la suite, j'ai suivi une multitude de cours en groupe ou avec un professeur privé et aujourd'hui à 50 ans, je parle "convenablement" mais pas assez pour obtenir un poste dont je rêvais depuis plusieurs années. L'anglais, ça s'apprend très jeune. On peut apprendre plus tard, mais à quel prix! Ce n'est certainement pas le Ministère de l'Éducation qui a payé mes séjours à l'extérieur du Québec et tous mes cours d'appoint.

    • Je pense qu'on se trompe de cible, le problème n'est pas à partir de quand doit-on apprendre l'anglais? Mais bien comment... Le problème des écoles est qu'il n'y a pas de programme avec de vrai objectif à atteindre. Mon fils àa 15 ans et a commencé l'anglais en 3 année et il n'est pas capable de formuler une phrase complete... Portant il a passé tout ses cours d'anglais! Nous avons des questions je pense à nous poser lorsqu'un professeur d'art plastique est largué sur un cours d'anglais faute de professeur ou dû au syndicat et son ancienté. Voilà à mon avis les vrais questions.

    • Avec une communauté anglophone qui impose sa langue ici au Québec et dans le marché du travail nous ne pouvont pas nous comparer à l'europe, qui eux ont leurs institution dans une seule langue. Plusieurs enfants en europe n'apprenent l'anglais qu'a l'école alors qu'ici l'anglais est partout autour d'eux. Il ne faut pas sous-estimé l'attrait de l'anglais chez les jeunes. Ceux-ci peuvent presque tous parler convenablement l'anglais. Le Québec a un taux de bilinguisme plus élévé que le Nouveau-Brunswick, pourtant officiellement bilingue. Les changements proposés par le PQ ne changeront pas grand chose à la situation.

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