la liste:8316:liste;la boite:1457254:box

Un sujet d'actualité chaque jour. L'opinion des experts. Votre point de vue.

| Commenter Commentaires (19)

Une justice équitable?

Guy Turcotte a poignardé ses deux enfants à... (Photo: La Presse)

Agrandir

Guy Turcotte a poignardé ses deux enfants à 46 reprises, mais a été jugé non criminellement responsable de ses actes.

Photo: La Presse

Cyberpresse

Trois ans après avoir tué ses deux enfants, et un an après avoir été reconnu criminellement non responsable de leur mort, Guy Turcotte pourra recouvrer partiellement et graduellement sa liberté au cours des six prochains mois. Les Québécois sont-ils en droit de douter de leur système de justice à la suite de la décision de la Commission d'examen des troubles mentaux? LES COMMENTAIRES DOIVENT ÊTRE SIGNÉS.

Donald Riendeau.... (Photo fournie par Donald Riendeau) - image 2.0

Agrandir

Donald Riendeau.

Photo fournie par Donald Riendeau

Donald Riendeau

Avocat et conseiller en éthique et gouvernance.

MODERNISER NOTRE SYSTÈME

Loin de vouloir m'immiscer personnellement dans un débat aussi émotif, ma réponse est suscitée d'abord par mon rôle d'avocat puis ensuite par celui d'éthicien. Je répète souvent qu'il y a trois marches à l'escalier de l'intégrité: le respect des lois, des règles et des valeurs. Nos législateurs passés se sont efforcés avec diligence de mettre en place un système de justice qui répondait essentiellement aux besoins et réalité de la société québécoise. Cependant, les conséquences et impacts de certaines décisions qui respectent la loi telle que l'affaire Turcotte peuvent pour plusieurs ne pas apparaître conforment aux valeurs d'aujourd'hui. Cela ne signifie pas que l'on doive douter du système de justice, de ses avocats et des juges qui l'appliquent, bien au contraire. Cela implique une réflexion et potentiellement une modernisation de notre système de justice pour que celui-ci suive l'évolution de notre société. Bien que la perception envers les avocats et les juges ne soient pas à son meilleur depuis quelques années, en raison des commissions d'enquêtes, criminels à cravate et téléséries à sensation, il est impératif de regarder la situation avec le regard approprié et continuer de faire confiance en notre système de justice qui, bien qu'imparfait, demeure l'un des meilleurs.

Jean Bottari

Préposé aux bénéficiaires.

À N'Y RIEN COMPRENDRE

Guy Turcotte se retrouvera donc bientôt en liberté surveillée à raison de huit heures par jour et si tout se déroule bien, d'ici quelques mois, il bénéficiera de sorties non accompagnées de 16 heures et pourra coucher chez un membre de sa famille. Entres autres conditions, il  lui est interdit d'approcher à moins de 500 mètres d'Isabelle Gaston, son conjoint ainsi que les autres membres de la famille Gaston. J'imagine à peine la souffrance que doit vivre Mme Gaston et encore moins, depuis cette décision de libérer Guy Turcotte, le sentiment de peur et de terreur qui l'habite. Les cinq commissaires qui ont statué que Turcotte pourra à tout moment rechuter et représente un danger pour autrui lui ont tout de même accordé ces privilèges. C'est à n y rien comprendre. Cet homme a poignardé ses propres enfants, Anne-Sophie et Olivier à 46 reprises et il s'en sort aussi facilement? Bien que l'ancien cardiologue ait été reconnu non criminellement responsable par un jury, cette décision fait l'objet d'un appel qui en principe devrait être entendu début 2013. Si de l'avis même des commissaires, Turcotte demeure dangereux, pourquoi n'ont-ils pas plutôt ordonné sa détention préventive jusqu'à son prochain procès? Le message envoyé par ce tribunal administratif en est un qui encourage de tels actes de barbarie et transmet le message aux potentiels tueurs que la clémence du système de justice et la sempiternelle soif du Québec pour la réhabilitation minimisent la gravité du crime commis. Que fera Magnotta, par exemple? Plaidera t-il lui aussi la folie passagère? Justice a été rendue pour Turcotte, diront certains. Mais qu'en est-il pour la maman d'Anne-Sophie et Olivier qui vit emprisonnée dans ce monde surréaliste qui s'occupe mieux du criminel que de la victime?

Raymond Gravel... - image 4.0

Agrandir

Raymond Gravel

Raymond Gravel

Prêtre dans le diocèse de Joliette.

JE CROIS À LA RÉHABILITATION

Au Québec, nous avons le meilleur système de justice. Une justice qui mise sur la réhabilitation et la prévention au lieu de la punition et de la condamnation est, à mon humble avis, la voie à emprunter pour une responsabilisation collective. Dans le cas du docteur Turcotte, nous avons là un bel exemple de l'application de la justice qui responsabilise au lieu de punir. Comme je l'ai déjà écrit au moment du verdict de non responsabilité criminelle de Guy Turcotte prononcé par un jury, le meurtre de ses deux enfants est odieux et injuste, mais en quoi une condamnation à vie serait-elle meilleure qu'une réhabilitation? Il n'y a pas pire punition pour ce médecin qui a tout perdu : son humanité et sa dignité. Et comme on ne peut revenir en arrière et changer le cours des événements où deux petits êtres innocents ont payé de leur vie, que nous reste-t-il? Se venger et emprisonner Guy Turcotte pour le reste de ses jours? Ou bien tenter de le soigner et de le reconstruire? Personnellement, je crois que Guy Turcotte n'est pas un criminel; il est malade! C'est évident qu'une bonne thérapie s'impose, mais je suis persuadé que sa réhabilitation est possible. Ça ne redonnera pas la vie à ses deux enfants, mais ça peut permettre à cet homme de retrouver sa dignité et son humanité. Comme le disait bien saint Alphonse de Liguori : « Si on devait se tromper sur Dieu, il vaudrait mieux exagérer sa bonté, plutôt que durcir sa justice ».

Jean Gouin... - image 5.0

Agrandir

Jean Gouin

Jean Gouin

Directeur général de la Fédération des médecins résidents du Québec.

UNE ERREUR

Les Québécois n'ont pas à douter de leur système de justice. Cependant, il nous est permis de nous questionner sérieusement sur la décision de la Commission d'examen des troubles mentaux qui permet à Guy Turcotte de recouvrer, petit à petit, sa liberté. Il est définitivement trop tôt pour permettre à Guy Turcotte de jouir d'une certaine liberté. M. Turcotte souffre de troubles mentaux et, même si ceux-ci ont été qualifiés de passagers au moment du drame et en cour, je ne peux croire que ces mêmes troubles ne referont pas surface lorsque ce dernier sera confronté à des situations hautement émotives. Au plan légal, lorsque le doute s'installe, l'accusé réussit à s'en sortir. C'est d'ailleurs la conclusion à laquelle est arrivé le jury dans l'affaire Turcotte. Sur le plan médical, c'est autre chose. Le doute n'est pas permis et personne, absolument personne, ne me fera croire que tous les psychiatres qui ont vu et soigné Guy Turcotte sont unanimes sur sa guérison. Comment peut-on prétendre qu'une personne qui a commis un crime d'une violence inouïe est soudainement apte à reprendre graduellement sa liberté ? Qui sait comment Guy Turcotte se comportera face à certains événements ? Je serais des plus surpris que l'on ait soumis Guy Turcotte à des situations émotives semblables à celles qui l'ont mené à ce crime durant son séjour à l'Institut Pinel. Guy Turcotte est médecin de profession. Il sait trouver les mots et messages qui le conduiront à sa réhabilitation. Mais, est-il vraiment réhabilité ? Le sera-t-il un jour ? À ce moment-ci, cela n'a pas encore été démontré.

Jana Havrankova... - image 6.0

Agrandir

Jana Havrankova

Jana Havrankova

Médecin endocrinologue.

SOUS SURVEILLANCE SEULEMENT

Aussi contestable que le verdict de non-responsabilité criminelle pour le meurtre de ses enfants puisse paraître, le rôle de la Commission sur l'examen des troubles mentaux n'était pas de refaire le procès de Guy Turcotte. Elle devait se prononcer sur la dangerosité de l'homme une fois remis en liberté. La commission a rendu une décision mitoyenne : le danger de récidive persiste et Guy Turcotte ne peut recouvrer sa liberté, mais peut sortir de l'hôpital, d'abord  sous surveillance, puis sans surveillance, pour quelques heures. Il aurait été préférable de lui permettre les sorties sous surveillance seulement jusqu'à la prochaine évaluation de la Commission en décembre 2012. S'il fallait que l'homme commette un crime lors d'une exposition à une situation stressante! Il a souffert d'un trouble d'adaptation, a-t-on conclu, lorsqu'il a assassiné ses enfants. Si tel était le cas, quelle autre situation pourrait déclencher une réaction aussi violente? Les situations stressantes et irritantes, nous en vivons tous les jours : pris dans un embouteillage, bousculés dans le transport collectif, dépassés dans une file d'attente dans un magasin...  Comme la personnalité de l'ex-cardiologue demeure fragile, le Commission aurait dû s'assurer  - et rassurer la population - que Guy Turcotte affronte le stress de façon non violente avant d'élargir sa liberté de mouvement.

Denis Boucher... - image 7.0

Agrandir

Denis Boucher

Denis Boucher

Associé au sein d'un cabinet de relations publiques.

LA PRIMAUTÉ DU DROIT

La cause de Guy Turcotte ne peut faire autrement que de susciter les passions. L'annonce du verdict rendu par les 12 jurés a été le sujet de mille et une conversations, commentaires et tribunes téléphoniques. La plupart du temps, ces commentaires dénotaient une profonde incompréhension de notre système judiciaire faits par des gens n'ayant aucune formation juridique et n'ayant pas assisté au procès. Fort heureusement, l'indépendance judiciaire protège les tribunaux de l'influence populaire ou politique et ils peuvent donc rendre leurs décisions en fonction du droit et non des humeurs de la population. Des erreurs de droit ont-elles mené à un mauvais verdict? L'impopularité d'un verdict n'équivaut pas nécessairement à un mauvais jugement. Ce n'est toutefois pas à moi d'en juger. La Cour d'appel et, peut-être éventuellement, la Cour suprême le feront. Il est particulièrement rassurant de savoir que les tribunaux ne font pas des sondages d'opinion publique avant de rendre leurs décisions et que la primauté du droit est leur seul guide.

Pierre Simard... - image 8.0

Agrandir

Pierre Simard

Pierre Simard

Professeur à l'ENAP, à Québec.

COUPABLE D'IRRESPONSABILITÉ

Guy Turcotte a reconnu avoir tué ses deux enfants. Le tribunal a cependant jugé qu'il n'était pas responsable du meurtre en question. Même si le tueur est connu de tous, il ne sera pas puni parce qu'on a jugé qu'au moment de l'événement, il n'était pas responsable de ses actes. À partir de ce moment, le sort de l'irresponsable a été confié à la Commission d'examen des troubles mentaux, une commission dont le rôle est essentiellement d'évaluer le danger que représente Turcotte pour la société. Or, la Commission vient de décréter qu'il pouvait recouvrer, en partie, sa liberté. Comme beaucoup de Québécois, tout ça me laisse songeur. Deux enfants sont morts, mais personne n'est responsable. Le crime a bien eu lieu, mais ce n'est la faute de personne. Aujourd'hui, beaucoup de Québécois ont le sentiment que notre système de justice, basée sur la responsabilité, s'est départi de sa responsabilité de rendre justice pour la confier à l'appréciation de psychiatres. Des experts qui se contredisent sur la dangerosité d'un tueur irresponsable redevenu suffisamment responsable pour réintégrer la société. Pour les citoyens responsables, Guy Turcotte sera toujours coupable... à tout le moins coupable d'irresponsabilité.

Mélanie Dugré... (PHOTO FOURNIE PAR MÉLANIE DUGRÉ) - image 9.0

Agrandir

Mélanie Dugré

PHOTO FOURNIE PAR MÉLANIE DUGRÉ

Mélanie Dugré

Avocate.

PAS UN TRIBUNAL

La Commission d'examen des troubles mentaux a bien fait son travail, à l'intérieur du mandat qui lui était confié. Le rôle de cette commission n'est pas de se substituer à un tribunal en rendant une sentence judiciaire qu'aurait autrement prononcé un juge advenant un verdict de culpabilité. En attendant que la Cour d'appel détermine si le juge a commis une erreur justifiant qu'un nouveau procès soit ordonné, nous devons vivre, légalement et collectivement, avec le verdict de non-responsabilité criminelle qu'ont rendu les jurés qui ont examiné la totalité de la preuve et écouté l'intégralité des témoignages. Il est par ailleurs injuste de blâmer ces citoyens qui ont accompli un bien pénible devoir et qui doivent désormais vivre avec les images mentales des horreurs qu'ils ont vues et entendues. En dépit du malaise ambiant, je ne crois pas que nous devions pour autant douter de notre système de justice. Nous avons nous-mêmes choisi ce système où les droits fondamentaux, dont celui à une défense pleine et entière, occupent une place prépondérante. C'est très bien ainsi mais cela donne parfois des résultats incongrus auxquels nous sommes mal préparés puisqu'il est difficile d'admettre que la liberté des uns commence là où celle des autres s'arrête...

Partager

publicité

Commentaires (19)
    • Je constate beaucoup de frustration, voire de haine dans certains commentaires. Pourtant, si je puis me permettre de récapituler certains faits, premièrement, vous n'avez pas eu accès à l'entièreté de la preuve. Secondement, vous avez été fortement biaisé par les médias qui vous ont incité à trouver le "monstre" en Guy Turcotte. Troisièmement, le verdict de non responsabilité criminelle a été décidé par des citoyens, comme vous et moi, qui ont du endurer le récit entier des meurtres qui ont été commis et malgré ces horreurs, en sont venus à ce verdict.
      Je vous demanderais donc tout d'abord de ne pas insulter les jurés, qui ont fait un travail courageux et qui ont rendu la décision qui leur semblait la meilleure. Ensuite, bien des gens critiquent la décision de la Commission d'examen des troubles mentaux. Certes, il aurait pu être préférable de ne pas le libérer conditionnellement, par mesure préventive, mais la décision a été rendue par des experts en santé mentale qui connaissent le cadre de recouvrement psychologique d'une personne. Maintenant, laissez-moi vous donner mon avis.
      Tout d'abord, la vengeance n'est pas une solution efficace, autant en justice qu'en terme de moralité humaine. Bien des études ont démontré l'inefficacité d'un système carcéral axé sur la sévérité de la punition, en témoignera le Texas. Les effets bénéfiques de la réhabilitation sur le taux de criminalité ont quant à eux, été largement démontrés. Remémorez-vous que le Ministre de la Justice tenait exactement les mêmes propos, lorsque le gouvernement fédéral imposait sa nouvelle vision de la justice, je n'invente donc rien.
      Ensuite, je peux comprendre que les connaissances de la population générale sur les troubles mentaux restent très peu développées et que ces maladies demeurent très stigmatisées. Par contre, en tant qu'étudiant en psychologie, je ne peux que vous dire qu'il vaut mieux de s'informer avant de juger. Un jugement sans fondement n'a aucune valeur et si vous ne comprenez pas pourquoi ce verdict a été rendu, il est inutile de vous en plaindre. Certaines maladies mentales, comme les évènements psychotiques qui ont pu survenir suite à des troubles d'adaptation de la part du cardiologue Turcotte expliquent aisément le verdict rendu.
      Certains d'entre vous dites qu'il est inacceptable de s'en "sortir à cause d'un prétexte de maladie mentale". Si nous prenons le cas d'un schizophrène, où la maladie mentale est vraiment plus évidente, beaucoup d'entre vous reconnaîtraient qu'il est juste pour cette personne de ne pas être jugée pour des actes sur lesquels elle n'avait aucun contrôle. Bien qu'il peut sembler difficile de le croire, ce genre de situations peut aussi survenir dans d'autres pathologies psychologiques et peuvent avoir pour symptôme une folie passagère découlant d'une déconnexion de la réalité.
      Si nous regardons par exemple le cas de Luka Rocco Magnota, nous pouvons clairement dénoter, selon moi, une personnalité anti-sociale. Ceci signifie qu'il avait clairement connaissance de ses actions lors de son meurtre, ce qui ne semble pas totalement être le cas chez Guy Turcotte.
      Finalement, beaucoup d'entre vous parlez de la rapidité de la réhabilitation du docteur Turcotte et blâmez la Commission de le réinsérer trop rapidement. La prévention c'est bien beau dans la vie, mais si on ne réaffronte jamais la réalité, on ne pourra jamais aller mieux, en dépit de toutes les thérapies. Aucune situation en laboratoire n'équivaudra à une situation de la vie courante. Pour cette raison, je crois qu'il est inévitable de réintégrer Guy Turcotte un jour ou l'autre et je suis en total accord avec la décision rendue. Je sais que ça peut sembler tôt, mais l'accompagnement dans la réalité l'aidera sans doute à devenir une meilleure personne.
      Oui, il y a des risques de rechute, oui il y a des risques potentiels, mais brimerons-nous la liberté d'un homme "au cas où"? À mon sens, cela serait injuste et immoral. Bien qu'il soit vrai que tous les cas ne sont pas réhabilitables, il ne faut pas négliger que malgré le meurtre de ses enfants, le Dr Turcotte a sauvé la vie de plusieurs dizaines, voire sûrement, plusieurs centaines de patients. Ne croyez-vous pas que, ne serait-ce que les vies préservées dans l'exercice de ses fonctions, pourraient valoir la peine de tenter sa réhabilitation?
      Frédéric Larivière.

    • Une personne déclarée criminellement non-responsable devrait faire l'objet d'une surveillance plus accrue qu'une personne déclarée criminelle. En effet, je me méfie beaucoup plus du "fou", de celui qui a perdu ses repères psychologiques (ou les a perdu spontanément) que de celui ayant une pleine connaissance du bien et du mal, au moment du crime.
      Le second est réhabilitable, le premier, non. En ce sens, le gouvernement du Québec serait autorisé, constitutionellement, à établir des hopitaux-pénitenciaires pour les malades mentaux ayant commis des crimes contre la personne. Et il serait autorisé à "traiter" ces malades pour une période équivalente, sinon plus longue que dans un pénitencier fédéral.
      Je propose même un endroit pour un tel hopital pénitenciaire:
      Matagami ou Brisay... Beaucoup de mouches, loin de civilisation, loin des proches, période diurne plus courte l'hiver, climat dégueulasse...
      Cela inciterait les criminels, les vrais, à ne pas plaider la folie. Le choix de la folie ne serait plus tactique ou stratégique pour un regain de liberté. J'ignore si Guy Turcotte aimerait mieux passer 20 ans au centre hospitalier à sécurité maximale de Matagami ou 20 ans à Donnacona... J'ignore si ses avocats auraient plaidés la même chose...
      F.Picard

    • Petite réflexion. Les psychiâtres, psychologues, travailleurs sociaux agissent de plus en plus comme témoins experts dans les proçès. Nécessairement ils imprègnent les processus de leurs valeurs. Ces professionnels reconnaissent que les gens sont responsables de leurs actes. Mais cette responsabilité ne se situe que dans le contexte moral d'une auto-reconnaissance en vue d'une réinsertion et d'une démarche de croissance personnelle.Cette façon de faire est en train de neutraliser la justice elle-même dans le sens qu'on ne punit plus l'acte. Est-ce barbare de punir une personne qui fait du tort à son prochain? C.Boily

    • Avoir été membre du jury, il m\'aurait sacré dehors moi aussi comme ils ont fait au seul membre du jury qui avait de l\'allure.

    • Nous sommes dans une société de droit et non de justice... Cela est lourd de conséquences. Je suis incapable d'accepter ce verdict, je suis incapable dans mon coeur de trouver la force de pardonner. Je suis attristé de vivre dans une société qui accepte en droit et en justice cette situation. L'homme perd de son humanité en laissant les juristes plaider les droits des meurtriers et en oubliant ceux des victimes et leur famille.

    • Quand le relationniste Denis Boucher parle de la primauté du droit, de quel droit parle-t-il?
      Du droit de l'accusé?
      Et le droit de la(des) victime(s)? Qu'en fait-il? Et celui de la société?
      Seraient-ils moins primordiaux?
      Dois-je comprendre que l'on doit accorder priorité au droit d'une personne qui a posé un geste crapuleux (hyper crapuleux), sous le prétexte que ce geste n'a pas été fait consciemment?
      Il est souvent plus difficile de cerner ce que sera l'attitude d'individus comme M. Couture que celle d'un véritable bandit. Étant donné ces incertitudes, lui accorder un semblant de liberté est donc encore plus dangereux. Surtout quand l'on connait l'inefficacité de nos systèmes de contrôle et de surveillance....
      Décision vraiment bizarre.

    • Si un psychiatre avait examiné Guy Turcotte une semaine avant qu'il ne tue ses enfants il aurait conclu que celui-ci est sain d'esprit et ne représente aucun danger pour la société.
      Si un psychiatre avait examiné Guy Turcotte une journée avant qu'il ne tue ses enfants il aurait conclu que celui-ci est sain d'esprit et ne représente aucun danger pour la société.
      Si un psychiatre avait examiné Guy Turcotte quelques heures avant qu'il ne tue ses enfants il aurait conclu que celui-ci est sain d'esprit et ne représente aucun danger pour la société.
      Aucun Psychiatre ne peut garantir que Guy Turcotte. Un bon pourcentage des patients suivis par des Psychiatres se suicident dans les jours suivant une visite avec leur Psychiatre.
      C'est tout simplement la vie et cela démontre qu'il est bien difficile de prévoir le comportement des gens. Dans le cas de Guy Turcotte, les évènements prouvent qu'il est à risque de récidive.

    • merci à la justice de nous permettre une folie passagère et ainsi retrouver la liberté et une autre vie.......après notre vengeance bien ciblé. Si l'université forme ces gens, qui jugent les malades comme cela, remplaçons les par des gens normaux pour obtenir un jugement normal et équitable

    • Qqs comentaires rapides et non expert! Pour M. l'abbé Gravel je le trouvais absolument à tort dans le cas de la '' grêve étudiante et leur désobéissance civile''. Je penche de son côté dans la cause du Dr. Turcotte. Entre la folie et le génie, on dit que la distance est mince! Le Dr. Turcotte à droit à sa dignité (c'est ce qui rend sa culpabilité encore plus grande). Et on exigera beaucoup de ceux qui on beaucoup reçu! Je ne voudrais pas être son voisin par contre, sans savoir que que celui-ci soit surveillé de près et efficacement tout au long de sa vie. Il est père biologique de ses enfants....il semble avoir joué ce rôle plustôt bien....???...un cetain temps....jusque à cette chicanne de couple...et cette brutale folie!. La justice humaine est ce qu'elle est: justice humaine.
      J. R. Georges

    • @Alexandrine55 En quoi la justice a faillit exactement? Il a eu un procès ou toutes les preuves ont été présentés. La décision finale a même été donné à un groupe de citoyens, comme toi et moi. Ce groupe a décidé qu'il n"était pas criminellement responsable. En quoi le système est a blâmer? Un groupe d'idiots fini a cru la thèse de la folie passagère, un point final.
      Maintenant, les psychiatres ne peuvent le garder à perpétuité. Ils sont obligé de laissé un malade sortir lorsque médicalement il ne représente pas de risque pour la société. Ils ont les mains liés. La seul responsabilité tombe sur les 12 imbéciles qui ont servit de jury.

    • À Jeannot vachon...ayoye!! Tu devais être un des jurés pour penser de la sorte. Tu crois vraiment à la thèse de la folie passagère?? As-tu des enfants?

    • Est ce cela le reflet de notre société.
      Vous pouvez impunément tuer, que dis-je, MASSACRER VOS deux enfants et les faire souffrir, crier, essayer de se défendre,
      et quelques temps après vous retrouver libre comme l'air. Car c'est bien ce qu'il en est.
      Comment un peuple peut-il tolérer cela . Je sais, je sais, un jury l'a trouvé "non responsable" mais les gens du comité pour
      sa libération "conditionnelle ou non" font partie du problème, puisqu'ils sont supposés être des gens renseignés, instruits et
      capable d'émettre un jugement éclairé.
      Je vous avoue que si j'étais son ex-épouse je saurais faire justice. Je suis révoltée de voir cela.
      En même temps je suis par le fait même contente d'avoir un âge qui me soustraira à ces choses dans quelques années.
      Je ne voudrais pas avoir à vivre dans ce genre de MONDE toute une vie et surtout je suis désolée pour mes petits-enfants qui
      auront à le faire.
      Mon coeur se serre et je suis triste de penser à ces deux enfants morts par vengeance et à leur mère qui doit vivre avec ce lourd
      fardeau et qui voie ce MONSTRE libre .
      Réjeanne Beauaire

    • La position de monsieur Raymond Gravel est dégoûtante, mais typique de l'Église Catholique: Il faut tout pardonner aux assassins et aux violeurs d'enfants.
      Mais il faut condamner sévèrement les femmes qui se font avorter, la pornographie et les moyens de contraception.
      À voir la manière dont monsieur Gravel considère le meurtre de deux enfants, je peux comprendre comment son Église a laissé des milliers d'enfants se faire violer.
      Et si monsieur Gravel est capable de pardonner à un assassin, j'espère qu'il pardonnera mon commentaire.
      Stéphane Marsan.

    • La justice? Quelle justice. Il n'y a que des lois. Des lois pour protéger les dangereux criminels.
      Après la conclusion de l'affaire Pardi et de celle de Turcotte cette semaine, non, je ne crois plus en la justice!
      Je crois en la réhabilitation, mais il faut d'abord avoir eu une punition, autrement on réhabilite quoi?
      Espérons que les demandes d'appel dans les deux causes seront entendu.
      J. Dubé

    • La question qui me trotte dans la tête à chaque fois que l'on entend parler de Guy Turcotte est : mais qu'avaient donc dans la tête les jurés responsables du procès? Comment est-il possible de se laisser pareillement endormir par des propos de psychiatres sur-analytiques et d'oublier l'enjeu même du procès? Il a tué ses deux enfants, il est coupable, il ne regrette rien... Mais il n'était pas responsable de ses actes (!), alors on oublie tout mon vieux ! Le jugement est rendu, Turcotte et son avocat se félicitent mutuellement pendant que Mme Gascon s'effondre en sachant que son ex-copain psychopathe sera de nouveau en liberté prochainement. Tout ça pourquoi? Parce qu'onze citoyens québécois se sont laissés berner par des contorsions juridiques.
      Donnez un bon avocat et quelques psychiatres déconnectés au nouveau psychopathe de l'heure magnotta, et vous pouvez être certain que vous le reverrez déambuler dans les rues de Montréal d'ici 6 mois, puisque si Turcotte est complètement cinglé, l'autre l'est doublement !

    • Guy Turcotte me fait penser à Hulk, le personnage de bandes dessinées, qui, sous l'effet de la colère, se transforme en un monstre vert écumant de colère. En voyant sa vie idéale, grandement fabulée pour la galerie, s'écrouler et en voyant ses enfants s'attacher au nouveau conjoint de son ex-femme, Guy Turcotte a vu rouge et s'est changé en Hulk. Il a tué ses enfants de manière cruelle, afin que son ex-conjointe entende chaque jour, jusqu'à la fin de ses jours, les cris de ses enfants conscients des coups de couteaux de leur père et qui devaient sûrement implorer leur mère de venir les sauver. Il aurait pu les étouffer sous leur oreiller durant leur sommeil, mais ça n'aurait pas été une vengeance suffisante. Il n'a pas non plus vraiment voulu mourir puisqu'il aurait pu prendre sa voiture et foncer sur un mur à haute vitesse. On pense qu'il n'est plus dangereux, mais qu'arrivera-t-il quand il va réaliser qu'il n'est plus le beau docteur admiré, que beaucoup de gens le détestent, que reprendre sa profession ne sera pas si facile et que, même, trouver un travail quelconque ne sera pas évident? Entrera-t-il alors dans une colère noire et qui alors subira ses foudres? Osons espérer que cette fois-ci, sa transformation en un monstre colérique ne fera pas de nouvelles victimes innocentes.
      Curieux, tout de même, cette nouvelle façon de juger les criminels, en fonction du danger qu'il représente pour la société et, non pas, en fonction des torts qu'ils ont causés. Si un homme assassine sa femme handicapée pour pouvoir vivre une vie meilleure avec une nouvelle compagne, pourquoi perdre son temps à le juger, puisqu'il serait surprenant qu'il soit dangereux pour quelqu'un d'autre d'ici la fin de sa vie.
      F Desjarlais

    • Une justice équitable? Oui pour Guy Turcotte. La Commission d'examen des troubles mentaux a rendu une décision dans le cadre de son mandat sur son état médical et non pas, comme certains auraient souhaités, sur le fait de lui imposer des sanctions proportionnelles avec le crime qu'il a perpétré. J'ai moi-même du vivre avec le fait de voir mon agresseur (tentative de meurtre dans un contexte similaire) avoir droit à des sorties supervisées 6 mois après l'agression et un an plus tard, un retour à la vie civile inconditionnelle sans aucun suivi subséquent par la Commission. Cela peut sembler incongru mais il n'y a pas d'erreur ou de manipulation du système comme certains l'ont évoquée. On ne garde pas hospitalisé quelqu'un qui n'est plus malade pour le simple fait "de l'enfermer".
      Cela dit, si je puis me permettre en terminant, je crois que la justice est équitable pour ceux qui font partie du système. Cependant, les victimes (ou victimes par ricochet) complètement en marge de ce système judiciaire sont malheureusement mal informées du processus judiciaire, mal conseillées et surtout mal desservies par des organismes comme la CAVAC ou l'IVAC. À titre d'exemple, pendant que l'accusé (responsable ou non) reçoit d'innombrables services d'aide médicale et psychologique, certaines victimes n'ont même pas accès à un psychologue sans frais. C'est déjà bien que ces organismes existent (contrairement à d'autres provinces) mais il a encore beaucoup à faire...
      A-S Fontaine

    • Guy Turcotte : pourquoi pas un bon lynchage?
      Après avoir voulu se substituer au jury, le peuple voudrait maintenant dicter la décision du comité des libérations conditionnelles. Nous avons un bon système de justice. Pourquoi vouloir revenir au lynchage? Pourquoi vouloir faire primer la vengeance sur les autres aspects d une justice moderne? Le peuple placote sur un cas, se fait une idée générale puis procède à la sentence, qui ne peut être qu une mesure extrême, sans quoi les plus enragés se battront toujours pour celle-ci.
      Guy Turcotte a été innocenté pour une folie passagère qui l a emmené à vouloir emporter ses enfants dans son propre suicide. Cela ne convient pas au procès parallèle fait sur la place publique. La suite de ce verdict, consistant à ne surveiller que la folie comme facteur de dangerosité, ne pourra évidemment pas apaiser un public assoiffé de vengeance.
      Comment compose-t-on avec la folie? On n enferme pas un malade mental à vie pour un geste de folie passagère. On doit estimer le risque, mais le risque zéro n existe jamais, même pour une personne qui n a jamais eu affaire avec la justice.
      La déception publique de l affaire Turcotte ne doit pas nous amener à revenir à la barbarie. Avec la justice moderne, le droit à la réhabilitation et la présomption d innocence, il est normal d en échapper de temps à autres. Cela est le prix à payer pour une justice moderne, n en déplaise aux vengeurs et aux lyncheurs.
      Jeannot Vachon

    • Le sujet a été présenté sous toutes les formes possibles... et toujours la population s'insurge et est révoltée par les meurtres de Turcotte, manipulateur narcissique qui a berné même les plus brillants du système... on ne leur décernera aucune médaille pour s'être ainsi abaissé à tricher comme ils l'ont fait...
      La justice a failli et ce n'est pas parce que les journalistes, un prêtre qui semble assez mêlé lui-même, ou des avocats véreux et des lologues vont nous répéter à qui mieux mieux que cela a été fait dans les règles de l'art, la population n'accepte pas la mise en scène des criminalistes et des prétendus experts en maladies mentales pour emmêler les jurys... de la fumisterie...une parodie du système de justice.... Alors, arrêtez de tourner le fer dans la plaie s.v.p., ne serait-ce que par respect de la population...
      F Vézina

Commenter cet article

Les commentaires sont maintenant fermés sur cet article.

Nous vous invitons à commenter les articles suivants:

Veuilez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Cyberpresse. Pour plus d'information, consultez notre nétiquette. Si vous constatez de l'abus, signalez-le.

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer