Une vision pour Montréal

Le plan « Stratégie centre-ville » présenté hier par l'administration... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le plan « Stratégie centre-ville » présenté hier par l'administration Coderre prévoit de faire passer de 100 000 à 150 000 le nombre de résidants du centre-ville de Montréal d'ici 14 ans.

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Yves Boisvert
La Presse

C'est vrai qu'elle a embelli, cette ville, pendant qu'on avait le dos tourné. Presque de partout. Par petites touches et grands emmerdements. C'est vrai qu'elle fuit, c'est vrai qu'elle bouchonne. Mais elle va mieux. Ça vous saute aux yeux au détour de plein de rues.

Chaque jour je passe sur la place d'Armes, redessinée finement, et je ne manque presque jamais de la trouver magnifique. « Une des dix plus belles places au monde ! », dit Richard Bergeron, à qui on pardonne cet enthousiasme.

En fait, on ne le lui pardonne pas, on l'en remercie. Cette ville a besoin d'amoureux urbains comme lui. C'est un coup fumant du maire Coderre d'avoir aspiré le chef de l'opposition pour en faire le responsable de la « Stratégie centre-ville ».

Une stratégie qu'il a exposée hier dans un document cartonné plein de jolis graphiques et de bonnes intentions. Dieu sait qu'on en a vu, des projets grandioses sur papier glacé, depuis 20 ans. En déménageant la salle de rédaction, l'an dernier, j'ai vidé un tiroir de classeur de toutes sortes de rapports et de plans stratégiques oubliés de tous, superbe collection de coups d'épée dans l'eau du fleuve.

Cette fois-ci, on a le goût d'y croire.

***

On a le goût d'y croire parce qu'on est déjà témoin d'une sorte de réveil de Montréal, pour reprendre l'expression du dossier du week-end dernier dans La Presse+. Un réveil qui se chiffre par la qualité et la quantité des chantiers. Et qui se voit.

Le plan de Richard Bergeron est ambitieux : faire passer de 100 000 à 150 000 le nombre de résidants du centre-ville... d'ici 14 ans. C'est énorme. Depuis 25 ans, le centre-ville a attiré seulement 20 000 nouveaux Montréalais - après un déclin constant dans les années 70-80.

Sauf que plusieurs facteurs se conjuguent en ce moment pour donner un nouveau potentiel au centre de la ville. Les institutions abandonnées qui devront être converties. Les terrains de Radio-Canada. Le recouvrement (de plus en plus hypothétique) de l'autoroute Ville-Marie. L'attrait du CHUM.

Le défi sera d'attirer au centre d'autres gens que des baby-boomers retraités et des célibataires. Les familles sont encore à peu près absentes.

À peine plus de 11,5 % des logements ont trois chambres et plus. Les écoles primaires sont à peu près absentes - le plan suggère d'en créer en convertissant certains édifices. On est censé verdir le centre-ville. Créer des espaces verts - notamment au-dessus de l'autoroute qui déchire le bas de la ville, même si clairement, l'argent n'y est pas. Bref, le défi est immense d'attirer des familles, qui ont plutôt eu tendance à fuir non seulement le centre, mais l'île au grand complet.

Le plan souligne la baisse de fréquentation des salles de spectacle en ville et les problèmes de la rue Sainte-Catherine, qui cherche à se réinventer. Il faudrait peut-être qu'en plus d'améliorer les transports en commun, sursaturés au centre, on offre quelques options au visiteur en automobile venu dépenser de l'argent à Montréal, au lieu de lui manifester le plus d'hostilité possible...

***

Il y a quelques années, je m'étais promené avec Richard Bergeron le long du canal de Lachine. Il dessinait dans l'espace les nouveaux immeubles qui seraient construits le long de cette vieille zone désindustrialisée et délabrée. J'y repense souvent en allant m'y promener : ils sont sortis de terre depuis. Tout n'est pas parfait, ce ne sont pas tous des chefs-d'oeuvre d'architecture. Mais on a repeuplé tout un secteur de la ville. Ça vit. Et ce n'est qu'un début.

Il y a beaucoup de flou et pas de budgets dans ce document de consultation. C'est une déclaration de principes plus qu'un plan précis. Une invitation à l'action.

Mais l'avenir de la ville passe par sa densification et la constante amélioration de ses milieux de vie. Cette fois, la vision s'appuie sur un élan bien tangible, qui voit se redresser Montréal. Et elle est portée par un homme qui rêve cette ville depuis bien avant de faire de la politique. Il parle moins de son fameux (fumeux ?) tramway, il doit vivre avec les contraintes du réel, maintenant qu'il est au pouvoir. Mais pour mener cette discussion, pour voir loin et pour faire arriver le plus de choses possibles et impossibles, il a toute la crédibilité requise.

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