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Charle avec pas de s

Le patineur québécois Charle Cournoyer a remporté le... (Photo Paul Chiasson, PC)

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Le patineur québécois Charle Cournoyer a remporté le bronze au 500 mètres en courte piste.

Photo Paul Chiasson, PC

Yves Boisvert
La Presse

(Sotchi) L'équipe misait sur Charles avec un s, c'est Charle avec pas de s qui a abouti sur le podium.

« J'ai un peu été une surprise... Quand Charles Hamelin est tombé, on ne s'attendait pas à ce que le p'tit nouveau gagne une médaille », disait Charle Cournoyer hier, 24 heures après sa médaille de bronze au 500 m courte piste.

À cinq ans, il en a eu marre de voir son frère Vincent, de deux ans son aîné, patiner sans lui sur la patinoire de Longueuil avec ses super patins.

« J'ai eu le goût d'aller le battre.

- Quand l'as-tu battu ?

- Ben là, je pense que je viens juste de le battre... »

Vincent Cournoyer s'entraîne avec son frère à Maurice-Richard et il a raté la qualification olympique de peu.

Charle se souvient de Nagano, en 1998, avec Marc Gagnon, Jonathan Guillemette et tous « ces patineurs magnifiques ». Il irait aux Jeux olympiques lui aussi.

Il verrait bien Charles avec un s porter le drapeau canadien, d'ailleurs. Hé, le gars a remporté l'or au 1500 m avant de tâter les matelas ! Or Charles avec un s, argent relais féminin, bronze Charle avec pas de s : ce n'est pas Vancouver ni Turin, mais ce n'est pas calamiteux.

Au fait, Charles avec un s t'a-t-il dit quelque chose avant le départ du 500 m ?

« Il m'a dit : "Charle ! Je t'aime. T'es capable." »

C'est fou ce qu'un mot d'amour peut faire patiner vite.

Aimer la courte, gagner la longue

Deux dernières médailles d'or pour les Pays-Bas en patinage longue piste. Le pays part de Sotchi avec 24 médailles, dont huit d'or. C'est trois fois plus qu'à Vancouver.

« Ça va retomber à six à Pyeongchang, ne vous en faites pas, c'est pas normal », me dit la collègue Ireen.

Quelle sublime ironie encore hier : Jorien Ter Mors, qui n'a rien fait sur courte piste, son sport préféré, a remporté une deuxième médaille d'or en longue piste, au relais féminin, record olympique en prime.

***

Les Canadiens (or à Vancouver) couraient pour le bronze au relais contre les Polonais. Le trio de Denny Morrison, Mathieu Giroux et Lucas Makowsky a immédiatement pris les devants et au milieu de la course avait deux bonnes secondes d'avance... Mais Morrison, seul médaillé de l'équipe à Sotchi, a cassé. Plus de jambes. Les Polonais les ont repris dans le dernier tiers.

Pour Mathieu Giroux, c'est la fin de la carrière d'athlète. La semaine prochaine, il entreprend un stage comme pharmacien.

« C'est sûr que c'est un changement de vie. C'est assez relax, au fond, la vie d'athlète : tu voyages, tu travailles quatre heures par jour, mais il y a de belles choses qui s'en viennent pour moi, alors je pense que ça va aller... »

Apprenez que le Montréalais de 28 ans, membre de l'équipe médaillée d'or à Vancouver, se marie au mois de mai.

Nos meilleurs voeux et merci pour le spectacle.

Les Ukrainiennes qui sont restées

Rester ou partir ?

Trois athlètes ukrainiennes ont décidé de quitter les Jeux par solidarité avec les manifestants de Kiev et d'ailleurs, après la sanglante répression du milieu de la semaine. Ce n'étaient pas des athlètes qui étaient attendues sur un podium. C'est tout de même un sacrifice important, à quelques heures de son moment olympique.

Les quatre biathlètes ukrainiennes sont restées.

Elles ont remporté l'or au relais sprint vendredi, dans un des grands moments d'émotion de ces Jeux.

Première médaille d'or aux JO d'hiver pour le pays en 20 ans. Dans un sport très populaire là-bas.

« Si ça ne vous dérange pas, nous voudrions dédier cette médaille à l'Ukraine, d'abord et avant tout parce que c'est notre première médaille d'or en biathlon », a dit Olena Pidhrushna.

Il n'y a eu aucun brassard, aucune déclaration fracassante.

N'allez pas croire qu'elles sont en dehors de la réalité politique pour autant : le mari de Pidhrushna, Alexie Kayda, est membre de l'opposition au gouvernement actuel - enfin celui qui était là hier matin.

« Il me protège de tout ce qui arrive à la maison, je l'en remercie, il nous en dit le moins possible. Avant chaque course, il me dit qu'il m'aime et qu'il croit en moi. »

Elle aurait pu partir elle aussi et on aurait compris. Comprenons aussi qu'en allant rejoindre son mari aux barricades, elle aurait privé son pays d'une rare joie nationale.

Ça sert aussi à ça, des fois, le sport.




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